‹ Les maris de leurs filles: comédie en trois actesChapitre 52 sur 64 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

AUGUSTE

Madame ?

ADÈLE

Eh bien! qu'est-ce que vous avez? qu'est-ce que vous voulez ? vous entrez et vous repartez sans rien dire !

AUGUSTE, & mi-voix.

C'est M. Henri qui est-là depuis un instant et qui m'a demandé de regarder si monsieur était encore avec madame dans le salon... alors...

ADÈLE; grincheuse.

Qu'il entre.

AUGUSTE

Bien, madame. (ll pousse la porte do fond et fait un cigne arec la

tête.) Le voici.

HENRI, entre virement et passe devant Auguste qui sort*

Merci, Auguste. Bonjour, maman, (un temps.) Tu ne m'embrasses pas ?

ADÈLE, en l'embrassant du bout des lèvres.

Je t'avoue que j'en ai guère envie.

Parce que ?

ADÈLE

Comme tu ne peux pas Coucher en ce moment le peu d argent qui te reste, tu feis des billets I

HENRI

Allons, bon ! on l'a présenté ici I j'en étais sûr ! juif de malheur, vaî

ADÈLE

Qu'as-tu besoin d'emprunter aussi ?

HENRI, paseant.

Oh ! écoute, maman, j'ai suffisamment de tracas comme ça, je t'en prie, (ud temps, changeant de ton.) Papa n'est pas à côté, au moins?

ADÈLE

Non. Tu veux le voir ?

HENRI

Au contraire, je n'y tiens pas du tout, (cn temps.) Est-ce qu'il a beaucoup crié ?

ADÈLE, lerée.

Non, il a ri aux larmes,... il s'est mis à danser I (un temps.) Tu n'es donc pas honteuse !

HENRI

Encore I

ADÈLE, rennnt à lui.

Non content de perdre, voilà que tu fais des dettes !

HENRI

Premièrement: je ne joue plus... voilà au moins huit jours que je n'ai pas touché à une carte.

ADÈLE

Alors, huit jours, ça te semble extraordinaire ?

HENRI

Quoi, extraordinaire ? je ne dis pas que ce soit extraordinaire !... mais il faut bien qu'il y ait huit jours avant qu'il y en ait dix... et ainsi de suite... (un temps.) D'ailleurs, je vais donner ma démission au cercle, c'est bien simple.

ADÈLE

Voilà six mois que je t'entends répéter ça I

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