ACTE TROISIÈME
pleure de plus en plus.) Yous VOUS souvenez lorsquo VOUS étiez fiancée, j'étais assis ici justement, et vous, vous mettant sur mes genoux, vous me dites ces mots : « Allons, ne soyez plus triste, souriez! » A mon tour cette fois : a Allons, souriez SuzonI »... (un temps.) Oh! mais je vais me fâcher! Vous continuez !..♦ Voyez, votre petit mouchoir de dentelles n'a plus de place pour vos larmes!... d'ailleurs, c'est un mouchoir de poupée, ça!... regardez le mien, voilà un vrai mouchoir et un mouchoir de commerçant encore!... large, carré, épais!... C'est que je ne sais pas comment m'y prendre pour vous faire rire, moi! Vous n'avez là, près de vous, qu'un vieux maladroit, qui est bon pour traiter des afifaii'es de charbons, mais qui n'est pas capable du tout d'égayer des en£sints qui pleurent!...
SUZANNE, laissant tomber sa tète 5ur l'épaule de Gaston.
Oh! père! père!
GASTON, en soupirant.
Ah! oui, vous méritiez un autre mari que celui qu'on vous a donné, c'est certain!... (un temps.) Que vous a-t-il donc fait encore?
SUZANNE
Rien, rien.
GASTON
Que si, vous ne sangloteriez pas ainsi sans cela !
SUZANNE, en s'essnyant les yeux*
Je VOUS assure, je vous jure... ne. m'interrogez pas, je vous en supplie !
GASTON
Ne suis-je pas votre vieil ami à qui vous confiez tout ?
SUZANNE
Si.
Eh bien! alors?
SUZANNE
n m'a dit ce qu'un autre m'aurait peut-être dit aussi, du reste : que je pouvais être heureuse de porter son nom..»
GASTON
L'imbécile I
SUZANNE
Car... lorsqu'on était la ûlle...
GASTON, furieux.
N'achevez pas, taisez-vous ! (En cassant un Tase qui se trouTe sur
la table.) Canaille! (un temps.) Et c'est pour lui que vous venez demander de l'argent I et c'est pour lui que vous pleurez!...
(Adèle entre par le fond.) Ah ! te VOilà, toi 1