LE MARI BONNE D'ENFANTS
Vous êtes marié et vous avez des enfants; c'est trèsbien. L'Écriture dit : Croissez et multipliez.
A la vérité, quand vous êles marié, vous ne ci'oissez plus, mais vous multipliez.
Il y a cependant quelques ménages où l'on ne nuil ■ liplie pas.
Alors, si Monsieur désire des enfaiils, il fait mi crime à son épouse de ne pas lui en donner, il lui di( à ce sujet des mots piquants, méchants quelquefois, malhonnêtes même.
Pauvre femme ! Comme si elle n'était pas déjà assez chagrine de ne point devenir mère !
Et puis, qui est-ce qui vous prouve que ce soit votre lemme qui ne peut pas avoir d'enfant? Pourquoi ne serait-ce pas aussi bien de votre fait?
Vous avez consulté des médecins !...
Mais les médecins ne sont pas des dieux ; ils se trompent comme les autres hommes :
Errare kuinaittim est.
Enfin, croyez-moi, si votre femme ne devient pas mère, ne lui faites pas aussi souvent des reproches à ce sujet ; cela pourrait lui donner l'idée de s'assurer si c'est de votre faute ou de la sienne.
Mais nous en étions à l'homme marié qui a des enfants, et qui adore les enfants ; qui se dévoue à eux corps et âme ; qui reste en extase près de leur berceau; qui leur donne la bouillie, qui la goûte avant eux; qui se relève la nuit pour leur donnera boire; et qui, dans la journée, les promène sur les boulevards ou ailleurs.
Promenons-nous aussi sur les; boulevards; nous ne tarderons pas à rencontrer un homme marié bonne d'enfants.
Il est impossible de ne point reconnaître an premier coup (l'œil ce type de l'amour paternel qui a fait abdication de tous les autres droits de l'homme pour se consacrer entièrement à ses petits.
Voyez ce Monsieur dont la mise décente et bourgeoise n'annonce pas la moindre coquetterie ; il serait fort propre, si ses enfants n'avaient pas l'habitude d'essuyer leurs mains à son habit, à son pantalon, enfin, à la première chose venue de sa personne.
Mais comme il a presque toujours sur ses vêtements quelques échantillons déconfitures, de beurre, de miel, de raisiné et de mélasse, vous concevez qu'avec tout cela il lui est difficile de conserver un air de propreté et une tenue soignée.
Souvent aussi ce Monsieur a quelque partie de son habit déchirée; il est rare qu'il ne lui manque pas plusieurs boutons, et que son chapeau n'ait pas reçu des renfoncemeuts. Tout cela est la suite des espiègleries de ses bambins, et cela ne l'empêche pas de chanter toute la journée :
Ah I qu'on est heureux d'être père !
Ce Monsieur a deux fils, et son épouse est enceinte d'un troisième rejeton. L'aîné de ses fils a six ans, le second est dans sa quatrième année.
Ce Monsieur est, depuis son réveil jusqu'au mo-
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ment où il se couelie, aux ordres de ses deux petits garçons; Madame ne veut pas que l'on contrarie en rien Dodolplie et Polyte ; elle prétend que, pour former le caractère des enfants, il faut constamment faire leur volonté.
Monsieur est trop bon père pour contrarier Madame, et au lieu de faire obéir ses marmots, c'est lui qui est sans cesse aux ordres de ses deux bambins.
Quand Dodolplie et Polyte veulent aller promener, notre homme s'empresse de passer sa redingote, de prendre son chapeau, et le voilà parti avec ses fils..
Madame lui crie du haut de l'escalier :
« — Prenez bien garde aux voitures, ne les faites pas aller Irop vite... ne les laissez pas marcher dans la crotte!... S'ils déchirent leurs vêtements, ce sera à vous que je m'en prendrai... »
Toutes les recommanda lions (juc l'on ferait à une bonne ; et à tout cela Monsieur a répondu d'un air soumis :
« — Sois tranquille, chère amie... je ne les quitterai pas une minute... je feraibien attention... ne sois j)as inquiète... »
Monsieur se dirige du côté des boulevards, tenant Polyte d'une main et Dodolphe de l'autre.
D'abord la ]iromenado commence assez paisiblement ; les enfants, satisfaits d'être sortis, se contentent de regarder autour d'eux et de forcer leur père
à s'arrêter devant chaque boutique, ce que celui-ci fait avec une complaisance admirable.
Mais, arrivés sur le boulevard duTemple, Dodolplie veut aller à droite pour voir les figures de cire, Polyle veut qu'on tourne à gauche pour voir le Château d'Eau,
Se sentant tiraillé des deux cotés, notre homme marié bonne d'enfants est fort embarrassé ; pour la première fois il ne peut contenter en même temps ses deux fils, mais il fait ce qu'il peut pour les mettre d'accord, en leur disant •
« — Mes amis... nous ne pouvons pas aller en même temps des deux côtés... si cela se pouvait, certainement je ne demanderais pas mieux : vous savez bien que je n'ai pas l'habitude de vous contrarier.
« — Je veux voir les figures de cire, moi !... » dit le plus grand.
« — Je veux aller au Château... dodo, dodo... na ! » crie le plus petit, qui est rageur et commence à taper des pieds comme une grande personne ; ce qui fait l'admiration de son père.
— Non. . . nous irons par là. . .n'est-ce pas, papa ?. . .
« — Non... par ici... petit pepère... »
Les deiix mioches recommencent à tirailler l'auteur de leurs jours en s'attachant chacun à un pan de sa redingote.
Notre homme a envie depleilrer; mais enfin, s'aper-
cevant que, s'il n'y met ordre, il va se trouver bientôt réduit à une vcsle, il prend une belle résolution, et, faisant une grosse voix, se met à crier:
« — Ah ! corbleu, messieurs, si vous ne finissez pas, je vais m'en aller et vous laisser là tous les deux... fichtre!.., et la garde viendra vous prendre... fichtre... et on vous arrêtera comme des mauvais sujets... ah! ah ! et ce sera bien fait. »
Cette menace fait son effet. Les enfants se taisent pour un momenl.
Enchanté d'être parvenu à se faire obéir, notre homme les emmène avec un certain air de fierté, regardant autour de lui pour jouir de l'effet qu'il a du produire sur les passants.
On va se placer devant les figures de cire, mais cela ne satisfait pas les deux petits garçons, qui veulent entrer voir le spectacle. Le papa s'exécute. On entre dans l'inlérieurde la baraque.
C'est la quinzième fois que cet homme respectable voit le spectacle des figures de cire et entend l'explication des tableaux. On accorde des prix de vertu à des gens qui n'auraient pas la force de subir celte épreuve.
Après avoir vu les figures de Curtius, les enfants ont soif.
Le papa les mène dans un café et demande de la bière. On en apporte : les deux petits garçons y goûtent, font la grimace, et crachent en disant :
« — Oh! qiift c'est mauvais!... C'est pas sucré !... »
Le papa demande une limonade ou de l'eau sucrée qu'il donne à ses fils, et quoiqu'il n'ait pas soif, il avale tout le contenu de la bouteille de bière, afin de ne l'avoir pas fait venir inutilement; l'amour paternel rend capable de tout.
En sortant du café, les enfants veulent voir Polichinelle. On s'arrête devant une maison de toile.
Cette fois les deux bambins ne demandent pas à entrer dans l'intérieur, ils ont déjà deviné que le plus amusant se passe à la porte.
Mais, comme ils se trouvent derrière des tourlourous, des bonnes, des flâneurs de toute espèce en vestes, en blouses, et même en babils, qui viennent aussi regarder Polichinelle, ils se mettent à crier :
« Papa... porte-moi... papa... bras, bras!.... »
Notre homme marié se baisse, entoure chacun de ses fils avec ses bras, les élève ainsi à la hauteur de ses épaules, et, dans cette position, se trouve avoir ' le nez contre le fond de culotte de ses mioches, lesquels n'ont pas encore appris à se contenir en société. Tout n'est pas rose dans les conditions de la paternité.
Et ce cher monsieur, qui ne voit plus rien que les deux fonds de culotte de ses fils, est encore obligé de leur expliquer le spectacle et de répondre aux questions que ceux-ci ne cessent de lui adresser :
— Papa, qu'est-ce que c'est donc que ce vilainlà... qui secoue la tôte et qui veut battre Polichinelle?
— Mon fils, c'est le commissaire.
— Tiens!... il a deux' grandes cornes sur la tête et une queue rouge...
— S'il a une queue rouge, ce n'est pas le commissaire... c'est le diable, mes enfants.
— Papa, à cause de quoi donc que le diable veut battre Polichinelle?
— Mon ami, c'est que probablement Polichinelle n'aura pas été sage, qu'il aura refusé de manger sa soupe, et qu'il n'aura pas voulu apprendre par cœur la fable du Renard et du Corbeau.
— Papa... c'est donc le diable qui apprend des fables à Polichinelle... c'est donc son maître d'école? »
Le papa, confondu par la profondeur de cette réflexion, faite par monsieur Dodolphe, qui vient d'avoir six ans, promène ses regards sur les personnes qui sont autour de lui, comme pour trouver dans les figures une expression d'admiration qui réponde à celle qu'il éprouve en ce moment pour son fils. S'apercevant que personne ne prend garde à lui, notre homme se décide à répondre, mais très-haut, et en cherchant à fixer l'attention du public :
« Mon cher Dodophe, le diable n'est pas maître d'école; certainement ce serait à tort que vous lui
attribueriez ces fondions... ces fonctions... d'autant plus... ces fonctions... »
Ici, le papa, qui a de la peine à trouver ce qu'il veut dire, se met à tousser comme s'il avait avalé une arête, après quoi il reprend :
« Mais de tout temps le diable est intervenu..... Intervenit, pour punir les petits polissons, les drôles qui ne sont pas sages... A^oilà ce que j'ai voulu vous faire entendre tout à l'heure en employant une figure métaphorique... hum!... hum!..,
— Papa, qu'est-ce que c'est donc que cet homme en grande robe noire, avec de la farine dans les cheveux, qui vient quand le diable s'en va et qui se dispute avec Polichinelle?
— Oh ! pour cette fois, mon fils, c'est le commissaire...
— Qu'est-ce que c'est qu'un commissaire, mon papa?
— Mon fils, c'est un homme qui est chargé de rétablir l'ordre et la paix...
-- Pourquoi donc alors qu'il se dispute et qu'il se bat à coups de bâton avec Polichinelle?
Nouvelle marque d'admiration du papa, qui commence à soupçonner qu'il porte sur ses épaules un petit Voltaire^ et qui répond enfin :
« Mon fils, c'est que probablement Polichinelle se sera refusé à payer ses contributions oli qu'il aura
mis des pots de fleurs sur ses fenêtres malgré les ordonnances de police. »
— Ah! ah!... voilà Polichinelle qui esl tué par le commissaire...
— Ceci, mon fils, est une preuve de la justice divine, qui veut que tôt ou tard les mauvais sujets reçoivent le châtiment dû à leur inconduite...
— Ah! non... Polichinelle se relève... il tue le commissaire...
— C'est que probablement ce commissaire-là avait deux poids et deux mesures, et que la Providence aura voulu le punir par la voie de Polichinelle.
— Papa! papa! le commissaire n'eU pas mort... il reprend le bâton... il tue Polichinelle!...
— Alors, mon fils, c'est que décidément Polichinelle est un misérable, et que c'est lui qui se sera mal conduit avec quelque sergent de ville...
— Papa!... papa!... Polichinelle n'est pas mort... le voilà qui reprend le bâton... et qui tue le commissaire!... Oh! comme il tape dessus!...
Le papa commence à trouver assez difficile d'expliquer à ses enfants la morale de la pièce jouée par les marionnettes ; mais en ce moment il est pris par un élernument qui le tire d'un embarras pour le jeter dans un autre : car, lorsqu envient d'éternuer, vous savez que l'on éprouve assez ordinairement le besoin de se moucher, cela est surtout indispensable aux personnes qui prennent du tabac.
Notre homme, après avoir élernué, donnerait tout au monde pour pouvoir prendre son mouchoir dans sa poche. Mais trouvez donc le moyen de fouiller à votre poche quand vous tenez un petit garçon sur chaque bras!
Le papa d'Adolphe et d'IIippolyte se décide à ne point se moucher; c'était le seul parti qu'il eût à prendre dans la position où il se trouvait.
Bientôt une dispute s'élève sur les épaules de l'homme marié : messieurs Dodolphe et Polytc s'arrachent mutuellement des mains un bàlon de sucre d'orge; les cris, les tapes accompagnent la querelle.
Vainement le papa fait entendre ces mots :
— Eh bien, messieurs, avez-vous fini là-haut?... Est-ce que je vous tiens en l'aii- pour que vous vous battiez?...
— C'est lui qui m'a pris mon siisuc !...
— C'est lui qui est un gourmand...
— C'est lui qui mange tout...
— Ne l'écoutez pas, papa ; j'ai cassé le morceau en deux, je lui en ai donné la moitié...
— Papa, il a gardé le plus long...
— C'est pas vrai... il dit ça parce qu'il a déjà croqué la moitié du sien ...»
Pour mettre fin à la querelle, notre homme prend le sage parti de déposer ses deux fils à terre.
Alors ceux-ci crient plus fort et veulent de nouveau voir Polichinelle, qui maintenant se bat avec un chat, lequel a remplacé le diable et le commissaire.
Mais le papa, que la séance a fatigué, ne se sent pas de force à tenir de nouveau ses deux fils sur ses bras. II les emmène, et, pour les calmer, leur achète du pain d'épice, puis des brioches, puis des pommes, puis des tablettes de chocolat... et leur fait boire du coco.
Monsieur Dodophe,qui est le plus âgé, ne se tient pas toujours tranquille près de son père. A chaque instant il lâche la main de l'auteur de ses jours pour aller regarder une image, ou voir jouer au bouchon et aux billes.
Parfois le petit Polvle veut aussi courii" et aller tout seul comme son frère.
Alors, le malheureux père est bien embarrassé ; obligé de courir en même temps après ses deux fds qui n'ont pas pris le même chemin, il se heurte, se cogne dans les passants ; il reçoit des sottises de l'un, des coups de coude de l'autre : mais il ne fait pas attention à tout cela; bien heureux si, après s'être mis en nage, il parvient à rattraper ses deux fugitifs et à les ramener avec lui!
Bientôt il s'aperçoit que son fils aine a le nez écorché et l'œil presque noir, quoique habituellement il l'ait bleu ; que monsieur Polyte, le plus jeune, a
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perdu tout un morceau de sa \este, et que son pantalon est fendu au genou.
« Qu'est-ce que cela veut dire? s'écrie le papa; je ne vous ai perdu de vue qu'un instant, et vous vous présentez devant moi avec des déficit, des horions !...
— Papa,c"est un grand qui jouait au bouchon qui m'a donné un soultlet sur l'œil, en me disant que je marchais dans son jeu, et que je l'empêchais de gagner...
— Papa..., c'est une vieille femme qui avait un chien ; j'ai voulu le caresser, il a sauté après moi et m"a emporté un morceau de ma vesle, et en me sauvant je suis tombé sur mes genoux.
— Eh bien! c'est gentil; nous aurons de l'agrément en rentrant. Qu'est-ce que votre mère va me dire?... Diables d'enfants, que je ne puis jamais ramener à la maison en bon état !
— Papa, porte-nous.
— Papa porte-moi...
— Ah ! tichtre non, par exemple ; vous allez marcher, mes gaillards ; je vous ai portés assez longtemps devant Polichinelle. D'ailleurs, ce n'est pas la peine de demander à vous promener, si vous Nouiez continuellement que je vous porte.
— Papa..., c'est encore bien loin, chez nous...
— ^'on..., trois cents mètres, environ...
— Qu'est-ce que ça veut dire, papa?...
50 LKS MARIS.
— Ma toi !... cela veut dire... C'est un mot crée, voyez-vous, mes enfants ; et quand vous saurez le grec, vous comprendrez tout cela comme père et mère.
— Je suis las... Hi, lii, lii...
— J'ai mal aux pieds...
— Allons, Polyte, allons, Dodol plie, montrez (pie vous êtes de petits hommes..., ne vous faites pas traîner comme des enfants...
— Alors, chante-nous une ciianson.
— Ah ! oui, papa. Malbrouck... ; tu as promis de nous l'apprendre.
— Eh bien ! j'y consens... Je vais vous chanter la romancede Malbrouck; mais vous répéterez avec moi. Faites bien attention...; vous la chanterez ensuite devant votre maman, et ça la flattera.
— Oui, papa.
— Oui, petit père.»
Le papa entonne d'une voix grave, tout en essayant de marcher en mesure, et en adoptant la prononciation usitée dans celte complainte :
« Malbrouck nenva-t-en (jncire... miroton, tonton^ mlrolaïne !
— Paiiez, messieurs. .
Monsieur Dodolphe crie à tui>téte ce qu'il vient d'entendre.
Le petit Polyte se borne à marmotter entre ses dents :
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— Toton..., toton..., tontaiue... toton ! » Le papa contimic en faux boiudon :
« Ne sais quand reviendra l... ne sais (juainl re-viendrai... — Allons donc, messieurs...
— Ali! j'ai bobo au ventre...
— J'ai encore soif, moi...
— Non, vous n'avez plus soif..., vous avez assez pris de choses... Allons, ferme : Ne sais ({uand reviendra...
— Ne sais quand... Oh ! papa, de la frangipane...
— Taisez-vous, gourmand... Allons, monsieur Polyte. »
Le petit Polyte fait la grimace, se tient le ventre, et se borne à marmotter :
« Miroton., mirotaine... toton... J'ai bobo au ventre... Mirotaine, toton ...»
Bientôt les deux enfants refusent de marcher.
Notre homme marié éprouve un moment de désespoir ; enfin il .saisit ses deux fils avec une contraction nerveuse, et se remet en route en s'écriant : • « Ah ! sapredié ! quelle promenade ! Ah ! les petits drôles !...
— Papa, murmure Dodolphe, lu ne chantes plus. Chante-nous donc Malbrouck.
— Laissez-moi tranquille, polissons...
— Ah! papa..., tu n'as pas dit : Miroton mirotaine. Vilain mér'hant papa!... Je vas pleurer si tu ne chantes pas...
— Ah ! quel vaurien ! . . . Allons, taisez-vous. . . ne pleurez pas... Vous mï'reintez... ; c'est égal...:// reviendra-z-à Pâques... miroton, tonton, mirotaine ; il reviendra z-à Pâques, on ù la Trinité. »
Enfin, ce monsieur rentre chez lui, et là il est grondé par sa femme, pour avoir laissé ses enfants attraper des écorchures au visnge et déchirer leurs vêtements.
C'est bien naturel d'aimer ses enfants, il n'y a aucun mal à les promener; mais lorsqu'un homme marié prend exactement l'emploi dune bonne d'enfant, il devient ridicule même aux yeilx de sa femme, et c'est fort dangereux.
Car la plupart des femmes ne conservent de l'amour pour leur mari qu'autant qu'elles lui reconnaissent sur elles une supériorité, et le ridicule lue toutes les supériorités.