Pièce justif
[205] DE NOTRE-DAME. l53
Encore est-il à croire que ce ne fut pas de bon gré que les religieux consentirent à verser aux marguilliers cette indemnité de mainmorte. Quelques mois auparavant, en effet, ils avaient obtenu du roi, à titre gracieux, l'amortissement rendu nécessaire par la venue en leur main de cet hôtel de la rue Saint- Jacques ^ Aux termes des lettres du roi, l'immeuble était en sa propre censive; aux termes de celles des marguilliers, il était en leur fonds de terre ^. La somme versée par les religieux aux marguilliers était destinée à augmenter la rente de la marguillerie, c'est sans doute pour le remploi de cette somme que les marguilliers sollicitèrent et obtinrent, par lettres royales de juin i355, l'amortissement à titre gracieux de lo livres de rente à acquérir^.
L'aveu de ibyS indique encore brièvement 3 deniers parisis de cens sur six maisons assises devant les Mathurins. Mais le silence absolu de tous les textes du xv« au xvin^ siècle à l'égard de ces maisons autorise à ne voir là qu'une mention consignée pour mémoire, analogue à celle qui, dans le même aveu, concerne les terres outre la porte du Temple. Le site même attribué ici aux immeubles, s'il ne laisse aucun doute quant à leur identification avec ceux portés au censier, n'est qu'approximativement exact. Le document du début du xiv« siècle est assez précis pour qu'on puisse localiser les immeubles là où nous les avons situés ci-dessus, beaucoup plus près du Petit-Pont que ne le donnerait à penser l'indication fournie par l'aveu de iSyS « devant les Mathurins ». Les fonds de terre des six maisons
1. Décembre i353. Jean le Bon étant tenu, à cause de son père, d'amortir aux religieux de Saint-Jean-des-Vignes de Soissons 20 1. t. de rente, leur amortit à la place le legs de Jean Du Mont, visant : « QuamJam domum in magno vico Sancti Jacobi, Parisius, in censiva et jurisdicione nostris situatam, hospicio ad Leonem Aureum ex una parte et domui defuncti Pétri Molandini, pannorum scissoris, ex altéra parte contiguam... supra quam domum quatuor denarii parisienses pro fundo terre nobis anno quolibet debentur »; le roi renonce en outre aux 4 d. p. de cens, mais se réserve fief et justice (Arch. nat., JJ 82, fol. 14 v", n° 24). Les lettres des marguilliers visent de même une maison tenant d'une part au Lion d'or et d'autre à la maison qui fut Pierre Moulin.
2. Par une singulière inadvertance, les auteurs de la Topographie historique du Vieux-Paris, Région centrale de V Université, qui citent la maison d'après les lettres du roi de décembre i353, la placent dans la justice et censive de Sainte-Geneviève.