‹ Les marquilliers laïcs de Notre-Dame de ParisChapitre 20 sur 226 · Rapport du 10 mai 1791. Pièce justif · texte numérisé non relu

Rapport du 10 mai 1791. Pièce justif

3. L'enquête faite à cet égard dans les dossiers de liquidation d'offices et les états de pensions aux Archives nationales n'a pas abouti.

manquait de fondement juridique. Ce dernier point était exact, l'acte de fondation de 1204 ne porte pas création d'un fief qui mit un siècle à se constituer, et Eudes de Sully n'avait pas prévu que la marguillerie ne serait plus après six cents ans qu'une honnête spéculation dans laquelle de bons bourgeois placeraient un modeste capital.

Service et émoluments des marguilliers.

Les obligations qui incombaient aux marguilliers dans l'église peuvent se répartir en trois groupes. Dans le premier, nous rangerons la garde de l'église, les soins de propreté, l'allumage et l'extinction du luminaire, la mise en place des tentures et courtines, la préparation des objets nécessaires à l'exercice du culte, l'assistance aux heures et offices canoniaux, qui constituaient leur service ordinaire. Dans le second, nous comprendrons l'assistance aux processions, aux fêtes de fondation, aux anniversaires, aux enterrements, aux sacres, messes de prestation de serment, qui constituaient un service extraordinaire. En troisième lieu enfin, nous étudierons la sonnerie des cloches qui avait, suivant les circonstances, tantôt le caractère d'un service ordinaire, tantôt celui d'un service extraordinaire.

Les marguilliers, de service à tour de rôle deux par deux, étaient assistés dans leurs fonctions de deux serviteurs, l'un clerc et l'autre laïc. Ces deux serviteurs avaient à la fois chacun leurs tâches particulières et des besognes à accomplir en commun. L'accord le plus parfait devait exister entre eux, ils devaient « être une même chose ».

Service ordinaire*.

Garde de l'église. — Les marguilliers avaient la « garde souveraine de l'église », à l'exception du chœur, placé sous la surveillance du chevecier, de la chapelle de la Vierge, du revestiaire, du trésor, des voûtes et des tribunes, qui dépendaient

I. A défaut de référence particulière, l'exposé que nous faisons du service des marguilliers est fondé sur les Statuts dont le texte est en tête des Pièces justificatives.

des officiers à qui étaient confiées les clefs de ces divers locaux. D'après les statuts, les marguilliers n'avaient pas non plus la garde des chapelles, mais un accord de i328 la leur attribuai La police des tours leur incombait exclusivement en raison de leur qualité de maîtres de la sonnerie. Ils introduisaient dans cette partie de la cathédrale des pauvres et des gagne-deniers pour sonner les cloches. Des gens sans aveu, des criminels même se mêlaient à ces aides, causaient du désordre et commettaient des déprédations de tout genre.

Dans le jour, les marguilliers, avec l'aide d'un sergent laïc, assuraient la police intérieure de l'église ; ils faisaient asseoir les pauvres, expulsaient les marchands qui venaient vendre des denrées, chassaient les filles de joie, les joueurs, les individus qui mangeaient dans l'église ou y faisaient du bruit. Pour réprimer le désordre dans la cathédrale, les chanoines, par un statut capitulaire, renouvelèrent formellement en i3o5 la défense d'y jouer, d'y rire et de s'y livrer à des conversations bruyantes^. Thomas Platter le jeune, dans sa description de Paris en iSgg, a tracé un tableau suggestif du public qu'on rencontrait à Notre-Dame : « Elle a été de tout temps, dit-il, un lieu de rendez-vous favorable à la débauche; maquereaux et maquerelles se promènent sans cesse près du chœur et offrent leurs services aux étrangers. J'ai vu également, adossés pendant quelque temps contre les piliers, des lits dans lesquels étaient couchés de jeunes enfants trouvés^. »

La vigilance des marguilliers devait particulièrement s'exercer aux heures où l'église était généralement déserte, lorsqu'il n'y avait pas d'offices, au moment des repas. Leur négligence pouvait avoir de graves conséquences pour l'évêque, car il était responsable des vols commis dans les parties de la cathédrale gardées par ses représentants. En 1268, deux des six lampes d'argent fondées par le Chapitre furent volées et les chanoines prétendirent les faire remplacer par l'évêque*.

Fallait-il sévir contre quelque délinquant, le rôle des marguilliers devenait difficile, car évêque et Chapitre se partageaient et se contestaient l'un l'autre le droit de juridiction

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