‹ Les marquilliers laïcs de Notre-Dame de ParisChapitre 21 sur 226 · Guérard, t. I, p · texte numérisé non relu

Guérard, t. I, p

sur les diverses parties de l'édifice. Le Chapitre prétendait au droit de justice dans l'église, moins le chœur; aussi est-ce dans la prison des chanoines que- l'on conduisit en 1261 deux individus qui étaient en armes dans la cathédrale ^ Une affaire analogue survenue en 1270 donna lieu à des difficultés. Deux clercs, notaires de la Gourde Paris, s'étaient battus dans l'église; le sergent de jour adjoint aux marguilliers voulut les mener à la prison du Chapitre, mais le chevecier, représentant de l'évéque, intervint, s'empara des prisonniers et les conduisit devant l'official. Le Chapitre protesta et le chevecier finalement dut payer une amende 2. On voit par ces exemples combien peu était aisée la tâche de ceux qui devaient dans le jour assurer l'ordre et le silence dans la cathédrale.

Le soir, les marguilliers fermaient les portes et, accompagnés de deux sergents ou « gaittes )^ de nuit, l'un agent de l'évéque et l'autre agent du Chapitre, ils faisaient la ronde ou « cherche »; les clefs étaient ensuite remises aux sergents qui les gardaient jusqu'au lendemain. Ces sergents couchaient près de la grande porte, l'un d'un côté du guichet et l'autre de l'autre, tandis que les marguilliers ou leurs serviteurs couchaient dans deux chambres placées aux deux extrémités de l'église, l'une en haut et l'autre en bas, et meublées d'un lit et d'un coffre ou huche. Cette pernoctation solitaire était importune aux marguilliers. Pour y remédier, ils introduisaient dans l'église leurs épouses ou leurs servantes. C'était là une pratique immorale qui fut condamnée, en même temps que beaucoup d'autres, par Eudes, évêque de Tusculum, légat du Saint-Siège, dans une ordonnance de 1245 portant réformation de l'église et du cloître^. L'interdiction aux marguilliers d'amener leurs femmes eut pour résultat qu'ils découchèrent sans cesse. Nous verrons plus loin, lorsque nous exposerons les doléances du Chapitre au sujet de leur conduite, que la désertion de l'église la nuit

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