Guérard, t. III, p
3. « Item districte et sub pena excommunicationis firmiter inhibemus ne uxores vel pedissece matriculariorum vel eciam confugiencium ad ecclesiam Béate Marie ad refugium, aliquo modo in ecclesia seu in turribus pernoctare aliquatenus permittantur » (2 novembre 1245) (Guérard, t. II, p. 406). — L'interdiction de laisser pénétrer des femmes dans le cloître fut renouvelée encore en i334 (Guérard, t. III, p. 445, et L464, n° 72).
[149] I>E NOTRE-DAME. By
fut un des griefs les plus fréquemment allégués contre eux.
A minuit, pour les matines^, les marguilliers ouvraient les deux petites portes du côté du cloître; l'office terminé, ces portes étaient closes par les soins du sergent de Chapitre.
Au matin, les deux sergents ouvraient les grandes portes et restituaient les clefs aux marguilliers.
Le service de garde était ainsi organisé en temps ordinaire; on conçoit qu'il fut insuffisant en temps de guerre ou lorsque des troubles populaires rendirent si incertaine la sécurité dans la ville. Le Chapitre en ces circonstances dut prendre des mesures spéciales. Quatre chanoines, en i366, se partagèrent deux par deux le soin de veiller eux-mêmes toute la nuit; ils gardèrent alors par-devers eux les clefs du cloître, de l'église et de la tour^. En 1416, le chapitre arma ses gens, constitua une véritable troupe et confia à quelques chanoines la mission de prendre toutes les mesures opportunes^.
Soins de propreté. — Deux fois l'an, à Pâques et à la mi-août, les marguilliers procédaient au grand nettoyage de l'église. Avec pelles, balais, perche, fregon, couloir et panniers, on enlevait la poussière jusqu'à hauteur de perche dans la nef, les bas-côtés, le transept, le déambulatoire du chœur, les tribunes et le revestiaire, le long des murs, des piliers, des portes et des treillis. A Noël, on rappropriait seulement la nef, les bascôtés, le transept et le déambulatoire, sans épousseter et sans toucher aux tribunes ni au revestiaire. Les chapelles, dont la construction était achevée dans les dernières années du xiii^ siècle, n'étaient pas entretenues à l'intérieur par les marguilliers; la garde seule leur en fut attribuée en i328. En outre, chaque semaine ils devaient nettoyer le chœur, les stalles des chanoines et le revestiaire. L'entretien quotidien de l'église incombait au sergent laïc de jour.
Luminaire . — Les marguilliers allumaient et éteignaient tout le luminaire fourni par l'évêque. Par suite d'un accord passé
1. La célébration de l'office des matines était encore en usage à Notre- Dame au xviii° siècle {Voyages liturgiques du s' de Mauléon [Lebrun des MarettesJ, p. 248).
2. Délibération capitulaire du 24 juillet i366. Pièce justif.
3. Délibération capitulaire et règlement du 25 août 1416, publiés par E. Coyecque {l'Hôtel-Dieu de Paris, t. I, p. 149, note) et réimprimés par F.-L. Chartier {l'Ancien chapitre de Notre-Dame de Paris, p. 25).
38 LES MARGUILLIERS LAÏCS [l5o]
en 1283 avec les clercs de matines, ils prenaient soin aussi du luminaire de vêpres, complies et matines'.
La nuit, l'église était éclairée par des lampes entretenues soit par l'évêque, soit par le Chapitre. Il y en avait une, notamment, près de la petite porte du côté du cloître, devant le vitrail représentant l'Assomption^. D'autres lampes, qui brûlaient peut-être aussi de jour, étaient entretenues, au nombre de six, aux frais du Chapitre, au chevet de l'église, à l'autel des Ardents, où les malades venaient attendre une guérison miraculeuse 3. Aux termes des statuts, l'entretien des lampes incombait aux sergents ou gaites de nuit de l'évêque et du Chapitre; toutefois, les marguilliers n'en étaient pas complètement déchargés, car le chapitre, en i328, constata leur négligence à cet égard"*.
Tentures et courtines. — A l'occasion de quelques fêtes, on avait coutume de suspendre des tentures dans l'église, au-dessous des tribunes, c'est ce qu'on appelait les paratures ou encourtinures. Le soin de procéder à l'établissement de cette parure exceptionnelle, dont on revêtait l'église, incombait aux marguilliers. Cinq fois l'an, à Pâques, à la Pentecôte, à l'Assomption, à la Nativité de la Vierge, à la Saint-Denis, c'était grande encourtinure : de grands draps, aux images des apôtres, étaient tendus dans le choeur et dans la nef, et de petits draps en haut et en bas du transept. Trois fois l'an, à la Conception Notre-Dame, à la Noël, à la Chandeleur ou Purification Notre-Dame, c'était moyenne encourtinure : de petits draps étaient tendus dans le chœur et dans la nef. Quatre fois l'an, enfin, à la fête de la Croix en août, à la Translation et à la fête de saint Marcel et à la fête des Reliques, en hiver, c'était petite encourtinure : de petits draps étaient tendus seulement dans le chœur.
Indépendamment de ces tentures de l'église, les marguilliers garnissaient la chaire pour l'assemblée synodale ainsi que le