Charte du 14 décembre i283. Pièce justif
2. Voy. une charte de 1243 relative à la fondation de cette lampe (Guérard, t. II, p. 464).
3. Fondation de mars 1249 (Guérard, t. I, p. 466). — Cf. Gilbert, Description historique de la basilique métropolitaine de Paris (182 1), p. 373.
4. Ordonnance capitulaire de i328. Pièce justif. Cf. aussi Guérard, t. I, p. 466; t. IV, p. i35.
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trône de l'évêque; pendant le carême, ils enveloppaient le crucifix et tiraient chaque jour et suivant les heures, conformément à des prescriptions très compliquées inscrites dans les statuts, les courtines du chœur et du grand autel.
Objets du culte. — Deux lavabos étaient à la disposition des officiants, l'un dans le revestiaire et l'autre dans le chœur, près de l'autel. Les marguilliers les approvisionnaient d'eau.
Le dimanche, on faisait l'eau bénite, sel et eau étaient préparés par eux, et les bassins de pierre de la cathédrale étaient remplis par leurs soins de l'eau consacrée.
Saint-Jean-le-Rond était une petite église circulaire située sur le parvis, vers le nord, auprès du mur de la tour, du côté du cloître, à l'endroit où en 1748 l'architecte Boffrand construisit la grande porte du cloître. Cet édifice servait anciennement de baptistère à la cathédrale. Deux fois l'an, à Pâques et à la Pentecôte, les marguilliers y faisaient porter l'eau dans les fonts et dans un petit cuvier placé auprès. De la périodicité de cet approvisionnement d'eau, de l'existence d'un cuvier auprès des fonts, on ne saurait aller jusqu'à admettre la permanence, encore au début du xiv^ siècle, de l'usage du baptême par immersion. Le cuvier n'était évidemment plus une piscine et ne servait que de réservoir pour l'eau baptismale. Mais ces deux particularités, jointes à l'utilisation constante d'un baptistère distinct de la basilique, constituaient assurément des survivances des anciennes pratiques de l'église à l'égard du sacrement du baptême.
Dans la cathédrale, les marguilliers devaient encore mettre en place ou enlever, suivant les besoins des offices, le pied de cuivre, la grande croix, le lutrin de bois et l'aigle du chœur.
Ils préparaient pour les offices les nappes de l'autel et le feu des encensoirs. Pendant la messe et les vêpres, ils gardaient les portes du chœur; l'un d'eux se tenant à celle d'en bas, auprès du doyen et de l'image de la Vierge \ et l'autre à celle d'en haut auprès de l'autel.
Processions. — Plusieurs fois l'an, le clergé faisait des processions hors de l'église Notre-Dame, il se rendait en pompe
I. Sur cette statue, placée à l'entrée du chœur, voy. Guérard, t. III, p. 283, 285.
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avec la châsse de la Vierge dans diverses églises de Paris. A chacune des cinq semaines de carême, il y avait trois processions : la première, à Saint-Denis-de-la-Chartre, à Saint-Éloi et à Saint-Barthélemi; la seconde, à Saint-Benoît, à Saint- Etienne-des-Grez et à Notre-Dame-des-Champs; la troisième, à Sainte-Geneviève, à Saint-Victor et à Saint-Marcel; la quatrième, à Saint-Germain-l'Auxerrois, à Sainte-Opportune et à Saint-Merry; la cinquième, à Saint-Magloire, à Saint-Martindes-Ghamps et à Sainte-Marie-l'Égyptienne ou à Montmartre. Dans le cours de l'année, d'autres processions avaient lieu : le lundi avant l'Ascension à Montmartre et à Saint-Lazare, la veille de l'Ascension et le 3 janvier, jour de la fête de sainte Geneviève, à Sainte-Geneviève, le jour de la saint Éloi [i^^ décembre) et le jour de la fête des apôtres Pierre et Paul (29 juin), à Saint-Éloi, le jour de la saint Merry (3i août), à Saint-Merry.
A ces cérémonies, les marguilliers prenaient place dans le cortège, ils assuraient aux porteurs des distributions de vin et veillaient au transport des chappes en coffre ou hors coffre, à celui des bannières, à celui aussi du mannequin en forme de dragon qu'on promena par la ville jusqu'au début du xviii^ s., en souvenir de la délivrance légendaire de la cité d'un dragon monstrueux par saint Marcel'.
Raisins de la Saint-Sixte. — Suivant une très ancienne coutume pratiquée également en Orient et en Occident, on procédait le 6 août, jour de la saint Sixte, à la bénédiction des raisins. A la messe, le diacre plaçait à droite de l'autel un vase contenant des grains de raisin; l'office du jour comportait une formule de bénédiction. En prononçant celle-ci, l'officiant aspergeait d'eau bénite les fruits nouveaux et ceux-ci étaient ensuite distribués aux clercs présents dans le chœur et aux laïcs qui assistaient à l'office. En quelques endroits même, les grains de raisin étaient pressés dans le calice et le jus qui en sortait servait à la communion du célébrant^. Dans l'église de Paris, les raisins nouveaux pour l'office du 6 août étaient fournis par les marguilliers laïcs.
1. Sur cette coutume, voy. Gilbert, Description historique de la basilique métropolitaine de Paris (1821), p. 377.
2. Martène, De antiquis ecclesiae ritibus, éd. 2" (Antverpiae, 1737, in-fol.), t. III, p. 586.
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Émoluments. — En rémunération du service ordinaire qu'ils faisaient dans l'église, les marguilliers recevaient des émoluments variés, revenus fonciers, dont l'étude fait l'objet du chapitre où nous traitons spécialement du temporel de la marguillerie, et allocations en argent ou en nature : parts dans les stations, repas, blé et vin de l'évêque, cire et chandelles, distributions de deniers pour des besognes déterminées, fournitures de matériaux, remboursements de dépenses, pain et vin des processions. Tout cela était payé ou fourni, selon les cas, par le Chapitre, par l'évêque, par le chevecier ou par les maisons religieuses visitées dans les processions.
Les stations étaient primitivement des pitances en chair de porc, en pain et en vin offertes par l'évêque, par le Chapitre, par le chancelier et par quelques églises de Paris, au clergé de la cathédrale. Le partage des denrées, particulièrement celui de la viande, ayant soulevé des contestations, l'allocation de chair fut remplacée, en 1229-1230, par une somme d'argenté
Le montant d'une station était réparti en 64, 120 ou i3o parts, suivant les cas. Les marguilliers laïcs avaient droit à deux parts de l'argent, du pain et du vin.
Il y avait dix-neuf stations par an :
Six de l'évêque, à Noël, à la Purification Notre-Dame, à Pâques, à l'Assomption, à la Pentecôte et à la Nativité^.
Cinq du Chapitre, à la saint Magloire, à la saint Gandoulfe, à l'Epiphanie, à la saint Augustin (transférée à la Septuagésime), à la saint Merry (aux frais des prébendiers de L'Hay et de Ghevilly)^.
Une du chancelier, et plus tard du Chapitre, à la Toussaint.
Une de l'abbaye de Saint- Victor, à la saint Denis (22 avril) ^'.
1. Règlement des stations en juin i23o (Guérard, t. III, p. 447 et suiv.).
2. Les quatre premières étaient dites « pastus » et les deux autres « stations »; la station de la Pentecôte avait été fondée par l'évêque Eudes en i2o5; l'acte d'institution ne vise pas les marguilliers (Guérard, t. II, p. 406). La conversion en argent fut réalisée par acte de mai 122g (Guérard, t. I, p. 349).
3. Guérard met à tort, croyons-nous, la station de la Toussaint au compte du Chapitre et celle de la saint Merry au compte du chancelier
(t. I, p. CLXIIl).
4. La conversion en argent fut réalisée en juillet i23o (Guérard, t. II, p. 5ii).
Deux du prieuré de Saint-Eloi, à la saint Eloi (i" décembre) et à la Commémoration de saint Paul (3o juin)^
Une de l'église Saint-Benoît, à la saint Benoît.
Une de l'Hôtel-Dieu, à la saint Christophe.
Une des églises Saint-Gervais et Saint-Jean-en-Grève, à la saint Gervais.
Une du prieur de Saint-Lazare, à la saint Laurent.
Outre les stations, les antiennes des neuf jours d'avant la Noël donnaient lieu à des distributions spéciales faites aux frais de l'évêque, du doyen, de l'Hôtel-Dieu, des prébendiers d'Épône, de L'Hay et de Chevilly, ou au compte de plusieurs prévôtés du Chapitre, soit en tout dix-neuf distributions. Les marguilliers bénéficiaient seulement de neuf, qui furent marquées d'une croix dans le tableau annexé au règlement des stations de i23o.
Si l'on compare les actes de i23o, relatifs aux stations et aux Oos de Noël, avec le bilan des revenus de la marguillerie établi dans le recueil des statuts vers i3ii-i3i6, on constate qu'à cette époque les marguilliers étaient loin de tirer de ces distributions tout le profit qu'on pourrait croire. Les statuts ne font plus état que d'une somme de dix sous payée par le chevecier pour les Oos de Noël et de deux parts de chanoines dans les stations et les Oos du Chapitre. Le paiement de ces deux parts ne revêt plus alors le caractère de distributions accordées à l'occasion de fêtes solennelles, mais bien plutôt celui de rentes annuelles payées à termes fixes.
Le sergent du Chapitre, dit grand queu, versait aux marguilliers, pour les stations du Chapitre, 40 sous à la saint Rémy, 45 sous 8 deniers à la Noël, 40 sous à Pâques et 45 sous 8 deniers à la saint Jean-Baptiste, soit au total 8 livres 1 1 sous 4 deniers par an. Le sergent geôlier du Chapitre versait, pour les stations et les Oos, 22 sous à la saint Rémy, 39 sous à la Noël, 22 sous à Pâques et 22 sous à la saint Jean-Baptiste, soit au total 5 livres 5 sous parisis, dont 4 livres 8 sous pour les stations et 17 sous pour les Oos, Le même sergent payait encore aux marguilliers, au titre de stations, 12 deniers à l'installation de chaque maire et sergent nouveau, c'était ce qu'on appelait
I. La conversion en argent fut réalisée en décembre i23o (Guérard, t. II, p. 446).
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le « petit vin », et, le dernier jour des Oos^ soit l'avant-veille de la Noël, quatre sistranges de vin fournies par l'Hôtel-Dieu. Cette dernière allocation représentait, sans doute par suite d'une conversion en nature, les deniers qu'aux termes du règlement de i23o devait l'Hôtel-Dieu le neuvième jour des Oos de Noël. Les anciennes distributions de pain pour les stations du Chapitre subsistaient; elles étaient faites par le sergent pannetier du Chapitre et comportaient 176 pains pour les stations et 36 pour les Oos; chacun de ces 36 pains des Oos comportait, outre le pain proprement dit, deux gâteaux et quatre oublies, ce qui faisait en tout 212 pains, 72 gâteaux et 144 oublies, auxquels s'ajoutaient 4 gâteaux à la saint Gandoulfe.
Des stations dues par l'Hôtel-Dieu et diverses églises, il n'est plus question dans les statuts, non plus que des distributions de vin par le Chapitre, ni des distributions de pain et de vin par l'évéque.
Les quelques redevances en nature payées par ce dernier au début du xive siècle ne procèdent pas, en effet, des stations réglementées en i23o, elles ont une origine plus ancienne et sont antérieures à l'institution même de la marguillerie en 1204. A cette époque, l'unique marguillier jusqu'alors en charge en bénéficiait déjà. Voici en quoi consistaient ces allocations : quand l'évéque chantait, faisait le saint chrême ou tenait synode, les marguiiliers dînaient chez l'évéque. En fait, avec le temps, l'usage s'établit que deux des marguiiliers mangeaient chez l'évéque ou chez le pénitencier à jour fixe dix-huit fois par an^
Les greniers de l'évéque fournissaient aux marguiiliers, par la main du receveur, dix-huit setiers de blé et le cellier onze muids et demi de vin. L'allocation en vin avait été transformée en une rente de 40 sous 3 deniers. Les marguiiliers prétendaient bien qu'il ne s'agissait pas là d'une rente de remplacement et que vin et argent leur étaient également dus, mais
I. La liste des jours a été ajoutée après coup à la fin des statuts, car elle ne se trouve pas dans le ms. A. Ces jours étaient : le premier de l'an, l'Epiphanie, la Chandeleur, la Notre-Dame en mars, Pâques, la Pentecôte, l'Ascension, la Fête-Dieu, la Saint-Marcel, la mi-août, la septembresche, la Saint-Denis, la Toussaint, la Saint-Marcel, la Notre-Dame en septembre, la Noël, la Saint-Étienne et le Jeudi saint.
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le receveur de l'évêque ne voulut jamais accepter cette manière de voir, il payait la rente et refusait le vin.
Enfin, les habitants de Gonesse offraient, tous les ans à la Pentecôte, du froment à Pévêque; de cette redevance, appelée gâteau de Gonesse, les marguilliers recevaient le quart.
L'évêque fournissait le luminaire de la « penne » entre le choeur et l'autel aux neuf fêtes solennelles de l'année ' ; les marguilliers bénéficiaient, à l'origine, du reste des cierges. Mais en 121 3, le Chapitre, afin d'accroître le luminaire, intervint entre l'évêque et les marguilliers et fit substituer à la cire des marguilliers une allocation de 20 sous, qui fut désormais payée par le chevecier au nom de l'évêque^. Cet accord de 121 3 vise le luminaire de la susception de la Sainte-Croix en août au même titre que celui des huit autres fêtes ; néanmoins, au début du xiv^ siècle, les marguilliers enregistrent à leur actif, outre les 20 sous du chevecier, les restes des neuf pointes et du grand cierge de cette solennité.
Le chevecier leur fournissait encore deux livres et demi de cire pour chacune des grandes encourtinures, et un assez grand nombre de chandelles pour allumer les cierges et les lampes et pour leur service de nuit. Il leur payait 2 deniers à Pâques et 2 deniers à la Pentecôte pour approvisionner Saint- Jean-le-Rond d'eau baptismale; on devait leur rembourser le prix des raisins de la Saint -Sixte et leur fournir tous les engins nécessaires pour les soins de propreté ou de décoration de l'église : pelles, balais, perches, fregons, couloirs, panniers, seaux, cordes, pelles à feu.
Le pain de carême avait été fondé en 11 24 par l'évêque Etienne. A cette date, il avait donné au chapitre les fruits de six églises : Orly, Chevilly, Châtenoy, Sucy, Bagneux et Créteil, pour fournir, la première, deux muids et les autres un muid de froment chaque année, afin qu'en temps de carême, depuis le début du jeûne jusqu'à épuisement de la farine, chaque chanoine ayant maison au cloître reçoive un pain par jour; moyennant quoi, du reste, les quêtes faites par les cha-
1. A la Noël, à la Purification Notre-Dame, à Pâques, à la Pentecôte, à l'Assomption, à la Nativité, à la saint Denis, à la saint Marcel et à la Susception de la Sainte-Croix.