‹ Les marquilliers laïcs de Notre-Dame de ParisChapitre 220 sur 226 · I. Supi'a, n · texte numérisé non relu

I. Supi'a, n

de Paris, seigneur domanial, le 12 janvier 1465 ^, et d'autres actes, pour en être fait mention au papier terrier du Roi. Les marguilliers ont ils satisfait à ces conditions? C'est ce qu'on ignore.

On a déjà remarqué que le défaut de titres ne permettoit pas de fixer le temps et la manière dont ils sont devenus propriétaires du fief des Tumbes ; se livrer à des conjectures sur un objet aussi important ce seroit s'exposer à commettre une injustice. Néantmoins, on peut assurer que le titre de ce fief dans la main des marguilliers est postérieur à l'année 1164. Celui qui vient à l'appui de cette assertion existe en original dans les archives du ci devant Chapitre et mérite de fixer l'attention par la rareté de ceux de cette espèce.

Le jeudi saint l'an 1164, le Chapitre étant assemblé pour la cérémonie de la Cène, Constance, veuve de Rodolphe Bordon, serf du chapitre et marguillier de l'église de Paris {servi nostri et ecclesie nostre matricularii) se présenta devant les chanoines et les supplia de vouloir bien affranchir [manumittei'e) une de ses filles. Les chanoines, tant par respect pour la solennité de la fête que par égards pour Philippe, fils du roi Louis (VIII), dont elle avoit été nourrice, affranchirent de tout joug de servitude Gile, sa fille aînée, sous la condition expresse qu'aucune autre de ses filles ne pourroit devenir libre 2.

Les principes de l'ancienne féodalité sont trop clairs pour qu'on puisse reconnoître un possesseur de fief dans la personne de Rodolphe Bordon; il ne peut pas non plus se trouver la moindre équivoque dans l'application, car il n'y avoit alors qu'un marguillier laïc, et ce ne fut, ainsi qu'en conviennent les exposans, qu'en l'année 1204 qu'Eudes, évêque de Paris, en porta le nombre à quatre.

Cependant, avant cette époque, le marguillier laïc étoit déjà au nombre des feudataires de l'évêque; c'est ce qu'on apprend d'un cartulaire original du temps du même Eudes conservé parmi les manuscrits de la bibliothèque du Roi sous le no 5520, fol. 32, de l'expédition en forme qu'on a sous les yeux.

On peut donc fixer le commencement de cette possession entre ces deux époques 1164 et 1204, quoique les lettres de création des trois autres marguilliers n'en fassent aucune mention.

Il ne reste plus qu'à observer qu'il est constant que ces officiers sont toujours restés à la nomination des évéques et archevêques de Paris jusqu'au 12 novembre lySS, que feu M. de Beaumont céda la nomination et la collation de ces offices à son Chapitre. D'où il pourroit résulter que le fief des Tumbes leur eût été donné par un

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