‹ Les marquilliers laïcs de Notre-Dame de ParisChapitre 73 sur 226 · Idem des 1" et 22 septembre i56i. Ibid · texte numérisé non relu

Idem des 1" et 22 septembre i56i. Ibid

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répons de matines, commandait par 12 ou i5 coups de la Pugnèse la mise en branle des grosses cloches. Le chapitre, d'autre part, avait directement à sa solde un grand et un petit sonneur. Le premier recrutait lui-même ses garçons sonneurs, veillait à ce qu'on ne montât pas dans les tours avec de la lumière, si ce n'est enfermée dans une lanterne, visitait les cloches, faisait exécuter par le serrurier les menues réparations nécessaires, entretenait ou faisait entretenir en état de propreté les tours et la tribune de l'orgue. Le second, outre l'approvisionnement des bénitiers, s'occupait du petit clocher, des grands livres du chœur et de divers services*. Ce sont, en somme, une partie des attributions que se partageaient, au xiip siècle et au début du xiv^, le serviteur clerc et le valet lai des marguilliers.

Par un singulier retour des choses, le grand sonneur en fonctions au moment ou commença la Révolution et celui qui lui succéda dans les tours lors de la restauration du culte, Gilbert le père et Gilbert le fils, ont offert un touchant exemple de ce dévouement exclusif à la cathédrale qui devait être la première vertu des marguilliers du temps jadis.

Demeuré gardien de l'édifice après 1794, lorsqu'il n'y avait plus de cloche à sonner, Gilbert père eut la joie, en 1802, de faire remettre en branle Jacqueline dite Emmanuel^ le gros bourdon, et de confier à son fils la garde des tours. Celui-ci fut pendant plus de trente ans le véritable conservateur de l'église, il en fut aussi l'historien bien informé. La chambre d'en haut, où devait coucher le valet sonneur des marguilliers, était devenue un petit pavillon élevé contre un des piliers qui reçoivent au nord les arcs-boutants de la cathédrale, dans ce logis où l'on arrive par soixante-seize degrés de la vis de pierre, Gilbert rassembla livres, gravures et dessins^, où les Lassus et les VioUetle-Duc trouvèrent des enseignements pour leur œuvre de res-

1. Recueil des règlemens du chapitre^ ms. fr. 7062, p. g3 et suiv.

2. Catalogue des livres, dessins et estampes composant le cabinet de feu M. A.-P.-M. Gilbert, homme de lettres, membre de la Société des Antiquaires de France, etc., précédé d'une notice biographique par M. Dusevel, suivi d'appréciations sur la collection iconographique par M. Bonnardot (Paris, i858, in-8°). Cf. la Notice sur Gilbert, par Anatole de Montaiglon, dans le Bulletin de la Société des Antiquaires de France, i863, p. 33, et l'article de M. Tourneux, Memoriae majorum, dans le premier fascicule du Bulletin de la Société d^ iconographie parisienne.

tauration architecturale; dans ce logis, Bonnardot vint s'initier aux mystères de l'iconographie parisienne; dans ce logis trouvait asile un plan de Gomboust acheté huit sous et un plan d'Androuet Du Cerceau acheté cinquante centimes. Gilbert, le premier iconophile parisien, ainsi qu'a pu à juste titre l'appeler M. Tourneux, fit plus que de témoigner son attachement à la cathédrale en collectionnant des documents d'histoire et d'art. Par trois fois ce concierge des tours de Notre-Dame, successeur des anciens marguilliers laïcs, sauva la basilique au péril de ses jours. Les 29 et 3o juillet i83o, le i5 février i83i et le 4 janvier i832, son courage et son sang-froid empêchèrent les émeutiers de transformer en un immense brasier l'œuvre de Maurice de Sully, de Jean de Chelles et de Pierre de Montereau. Vingt-huit ans plus tard, le chapitre, pour marquer sa reconnaissance envers Antoine-Pierre-Marie Gilbert, restaura en son honneur un antique privilège dont jouissaient les marguilliers. Au jour de sa mort survenue, le 4 janvier i858, sa dépouille funèbre fut ravie au Clergé de Saint-Sulpice, sa paroisse, et les chanoines célébrèrent ses obsèques dans l'église métropolitaine.

Horloges. — L'exercice normal des sonneries était subordonné au fonctionnement régulier des deux horlogQS placées l'une dans le cloître et l'autre dans l'église. Aux termes des statuts, c'était au chambrier laïc qu'incombait le soin de faire « atremper les horloges, et cheoir et sonner à toutes heures du jour et de la nuit « pour indiquer aux marguilliers l'instant venu de mettre les cloches en branle. A cet effet, le chambrier avait le libre choix d'un homme du métier, clerc ou laïc, qu'il payait des deniers de la fabrique^

Alléguer le mauvais fonctionnement des horloges était pour les marguilliers laïcs un moyen facile de se disculper des négligences qui tant de fois leur furent reprochées. Il est à croire qu'ils y eurent recours, car le Chapitre fut souvent amené

I. Sur les horlogers parisiens du moyen âge, voy. notre note sur les Gouverneurs de l'horloge du Palais, dans le Bulletin de la Société de l'histoire de Paris, 191 1, p. 95-io3, en ajoutant aux références que nous avons données celle d'un très intéressant article concernant une horloge à carillon du début du xiv* siècle qui existe encore {VHorloge de la cathédrale de Beauvais, par P. Miclet, dans les Mémoires de la Société académique de l'Oise, t. XXII (1912), p. 237 à 256, avec 3 planches et musique).

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à s'occuper des horloges, non sans mettre directement en cause les marguilliers eux-mêmes ^ Les registres de délibérations nous montrent les chanoines rappelant, à plusieurs reprises, que la dépense d'entretien ou de réfection des horloges devait être supportée par la fabrique^, dût-on pour cela vendre des objets précieux^, ou bien fixant le montant d'allocations à payer, tantôt i franc*, tantôt 4 francs^ et jusqu'à 10 livres^, ou bien désignant des horlogers, Martin Mouton'^, Guillaume Alleaume^, Jean Du Chastenet et Jean de la Voirie^, ou bien encore, en désespoir de cause, décidant, pour assurer le tintement régulier des horloges, de payer 40 sous au sonneur de petites cloches, serviteur des marguilliers laïcs •^.

Au xviii^ siècle, le mécanisme de l'horloge, fait en 1766 par Lachaussée, était placé dans un cabinet vitré, placé en porte à faux à la hauteur de la galerie de la rose ; il actionnait la sonnerie de trois timbres fondus la même année par Michel Desprez, pesant l'un 3,998 livres, le second 1,1 58 livres et le troisième 843 livres, et placés dans une tourelle du portail nord.

L'horloge a été refaite en 1812 et les trois cloches placées dans la tour sud^^

Privilèges des marguilliers.

Privilèges juridiques. — La première trace que nous trouvions d'un privilège de juridiction attaché à l'office de marguillier de Notre-Dame remonte au milieu du xiii^ siècle.

Vers 1244, le marguillier Adam fut cité devant les prévôts de Paris^^ par un particulier qui lui réclamait le rembourse-

1. Délibération capitulaire du 27 octobre iSôy. Pièce justif.

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