CÉCILE, OSCAR, COURCHAMP
( ni RCHAMP , qui a les bras embarrassés de sacs, de jouets, de paquets de
toutes sortes.
C'est moi !
CÉCILE
Superbe!
COURCHAMP
Je n'ai plus de bras, je n'ai plus de jambes, je n'ai plus
d'argent, je n'ai plus rien!
Comment, mon ami, tu as fait toutes ces courses-là à pied?
COURCHAMP
Que veux-tu, j'étais lancé., mais je n'en peux plus! (Donnant
à Cécile tous les objets qu'il porte. — Cécile les met sur la console au deuxième
plan.) Ballon, polichinelle, fusil, papillottes; — bonbon poétique et économique; — cofïret, papeterie, Robinson Crusoé... en voilà pour deux cent quatre-vingt-dix-sept francs quatre-vingtquinze! Quel jour, quel affreux jour! quel horrible jour! heureusement qu'il n'arrive qu'une fois par an ! (s'apercevant qu'il tient le fil d'un ballon captif.) Ah! et le ballon captif que j'oubliais.
(il le donne à Cécile qui le met dans la chambre à droite.)
CÉCILE
Vois donc que d'heureux nous allons faire!
COURCHAMP
Des heureux?.. Bah! sur dix il n'y en a pas un bon et le reste c'est tous ingrats!
OSCAR, riant.
Ah! ah! joli!., très-joli!
CÉCILE
Ne dis donc pas ça, mon ami; tu ferais croire à monsieur Oscar que je ne suis pas reconnaissante du charmant sac qu'il vient de m'apporter !..
COURCHAMP, serrant la main d'Oscar.
Ah! vous avez apporté... ah! c'est gentil, ça... très-gentil!.. C'est égal... convenez-en, hein? ce matin vous vous êtes dit en vous grattant le front : « 11 faut pourtant que je donne quelque « chose à madame Courchamp... Sapristi! que c'est agaçant!»
OSCAR
Oh ! pouvez-vous croire ! . .
COURCHAMP
Allons, allons, avouez... vous vous l'êtes dit, et il n'y en a que plus de mérite.
CÉCILE
I T spère, monsieur Oscar, que vous nous ferez le plaisir de dîner avec nous aujourd'hui?..
* O. Cour, Cé.