‹ Les martyres de la ChariteChapitre 5 sur 38 · MADAME BOUVIER · texte numérisé non relu

MADAME BOUVIER

M mo Bouvier était née Daloyair, elle était âgée de cinquante-deux ans.

Cette pieuse femme était, depuis de longues années, tertiaire de Tordre de Saint-Dominique; elle s'occupait presque exclusivement de l'Œuvre des Noviciats dominicains...

A ce titre, elle était en relations constantes avec M mo la duchesse d'Alençon.

Elle s'était associée aux œuvres que patronnait la sainte princesse, elle travaillait avec elle à l'ouvroir des Pères.

La fille unique de M mc Bouvier qui n'avait pas voulu se marier, suivait en tout point l'exemple de sa mère.

Toutes deux, le 4 mai, vendaient au comptoir de la princesse.

M 110 Bouvier fut retirée de la fournaise.

Est-elle sauvée?

On ne peut le dire encore :

Ses brûlures sont profondes et étendues sur toute la partie supérieure du corps.

Le chagrin que lui cause la mort de sa mère n'est pas pour aider à sa guérison.

Quant à M me Bouvier, elle a été si complètement brûlée, qu'on n'a rien pu retrouver d'elle.

La douleur de son mari est bien concevable, quelque terrible qu'elle soit.

11 faudra un jugement pour établir l'acte de décès de la victime.

Il y a des faits si éloquents dans leur extrême cruauté qu'on se sent impuissant à rien y ajouter.

grement, elle ne reculait devant aucune fatigue lorsqu'il s'agissait de rendre un service.

De ces deux fils elle avait fait des hommes utiles à leur pays.

L'atné, capitaine breveté, est actuellement à Madagascar.

C'est là qu'est venue le chercher la nouvelle de la terrible mort de sa mère.

Le second suit une carrière civile.

La noble vie de M me Brasier de Thuy lui avait mérité la couronne du martyre.

Affreusement brûlée, elle put être transportée chez elle.

C'est là qu'elle a rendu à Dieu sa belle âme.

Ses pauvres, ses compagnes d'œuvres se souviendront longtemps de sachante et de ses aimables qualités.

La séparation qui, i rbeure du mariage, éloigne les filles du foyer paternel, avait été pour M** Carrnfil de Saint-Martin nue rnde épreuve.

don veuvage avait jeté snr.se vie une ombre plus sombre encore.

La fortune de M- Garruël de Saint-Martin lui permettait d'être généreuse.

Elle en usait largement

Elle s'occupait de nombreuses œuvres, elle collaborait à presque toutes.

Le lundi) elle était venue apporter son offrande à M** la duchesse d'Àlençon.

Le mardi, elle retournait au Bazar dans les mêmes intentions charitables.

Elle y devait rester ensevelie sous les ruines fumantes, où agonisaient tant d'innocentes victimes.

MADAME CARTERON M"« Jeanne CARTERON

Alors même que Ton ne connaîtrait à M me Carteron que le seul mérite d'avoir mis au monde et élevé une créature aussi parfaite que M 11 * Jeanne, on pourrait encore — jugeant l'arbre par ses fruits — la tenir pour une femme supérieure.

Mais M mo Carteron a plus d'une œuvre utile à son actif.

Mère de cinq enfants, elle sut les diriger et faire de ses trois fils des hommes honorables. L'éloge n'est point banal. Quand nos pères disaient de quelqu'un : c'est un honnête homme, cela voulait dire qu'il y avait en lui l'honneur, le courage, la dignité.

. En ces trois mots, se résumaient toutes les vertus.

M me Carteron avait marié ses fils et sa fille aînée.

Mais sa sollicitude pour tous ceux qui avaient besoin de son aide, ne se confinait pas aux bornes de la famille.

Elle était la protectrice des œuvres de Saint-Roch, sans exception; elle visitait les pauvres, elle les assistait largement.

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