SCÈNE DEUXIÈME
(Brusquement, l'i nuit s'est faite. — On est au dessert. — Ferdinand apporte des flambeaux. — Pierre et Horace fument un cigare sur la terrasse ; seules les deux femmes sont à table.)
LA DOUAIRIÈRE
Blanche, vous ne pouvez épouser cet homme!...
PLANCHE
Mère, je l'aimel...
LA DOUAIRIÈRE
Je vous défends de penser àlui... Vous m'entendez!... Je vous le défends!...
BLANCHE
Je l'aime... Il est trop tard!...
LA DOUAIRIÈRE
Que tlltes-vous?...
LES MARTYRS DE LA VIE 60d
BLANCHE, s" agenouillant .
Il est trop tard... Pardonne...
{La douairière se lève et prenant entre ses mains le visage de sa fille, elle y lit le masque de la maternité prochaine.)
LA DOUAIRIÈRE
Enceinte !... Ah! misérable enfant!...
BLANCHE
Mère!... Mère!...
{Entrent Horace et Pierre; Blanche reste agenouillée aux pieds de *(/ mère.)
LA DOUAiiuÈRE, désignant Pierre Houssellier. Mon fils, cet homme est l'amant de ta sœur!...
HORACE
Oh!...
LA DOUAIRIÈRE, froidemcnt.
J'attends ta justice... Je fais appel à ton courage. Que Dieu t'inspire et te protège!...
{Les deux jeunes gens sortent dans le piarc. On les voit, à la lueur des torches portées par Ferdinand. On entend un cliquetis d'épées.)
BLANCHE, se rclcvunt.
C'est horrible!... Madame, vous n'êtes pas une mère!. .
Le docteur Dilson prend les mains de sœur Angélique : — Ne pleurez pas ou tout est perdu... Le dénouement est proche... C'est la scène finale... Voyez... Votre mère se lève... Elle écoute le bruit des armes...