‹ Les martyres de la vieChapitre 68 sur 83 · PUTOIS ET SA MALLE · texte numérisé non relu

PUTOIS ET SA MALLE

Le baron de Wildemer se réveilla, le lendemain, tout guilleret. 11 procéda, avec le plus grand soin, àsa toilette; et après s'être fait servir une tasse de chocolat, il se mit à la fenêtre, pour humer le bon air.

A huit heures, le Bachelier entra dans la chambre.

— Ah! te voilà, mon gaillard, lui dit l'Excellence.

— Oui, patron... J'ai fait votre commission... M. Van Goclest descendue l'hôtel de la Couronne et la personne qu'il attend de Berlin ne doit arriver que ce soir...

— Comment sais-tu cela?

— Dame, j'ai causé un peu avec le gérant de l'hôtol, un ami...

— Tu connais le gérant de l'hôtel de la Couronne?... C'est un de tes amis?...

— Brûlot et moi avons dépensé dans sa gargote une partie des vingt mille i francs... Vous savez bien, les vingtmille francsde Gismarck... Apropos, patron,

vous avez toujours les traites?

— Parbleu !...

— Si vous profitiez de votre voyage en Allemagne pour aller les touchera [ Berlin?...

— Non... je suis en mesure de faire ce léger sacrifice... Dis-moi ce que tuas appris sur M. Van Goël, à l'hôtel de ki Couronne; c'est beaucoup plus inté-

t ressant...

F — Voici: le gérant, M. Naumann, a été prévenu par M. Van Goël que celuici attendait un grand personnage de Berlin... M. Van Goël a dit à M. Naumann

\ que si le personnage en question arrivait à l'improviste, il ait à l'envoyer chercher immédiatement, chez une actrice. M"' Mercklein, place de l'IIeumarkt, n°89...

— C'est tout?.,.

— Oui, patron, c'est tout. .

— Très bien... Tu sais ce dont nous sommes convenus?

— Parfaitement... J'entre à votre service conmie secrétaire : Brûlot devient i)tre valet de chambre... Et vous nous donnez?

— Et je vous redonne à Paris les vingt mille francs que vous avez si bêtement dépeirsés en Allemagne...

— De plus, vous payerez nos dettes, ici, à l'hôtel?

— C'est entendu... Tu as averti l'hôtelier de votre départ !

— M.Fibascher tient sa note toute prête... Vous la réglez ou nous la réglons...

— Vous la réglez devant moi...

— Puis nous faisons semblant de nous rendre à la gare, et nous remontons par l'escalier de service, pendant que le personnel déjeune...

— Tu es intelligent, Bachelier...

— On a fait ses études à Louis-le-Grand... M. Villemain disait...

— Pas de citation, je t'en supplie.

Le baron de Wildemer se dirigea vers l'immense chapelière qu'il avait apportée.

Il ouvrit la caisse géante.

Le Bachelier était émerveillé.

Il y avait là un amoncellement de costumes : fracs de grande cérémonie couverts de plaques et de croix; — vêtements d'ouvriers; — livrées de domestiques ; — costumes de jockeys; — soutanes de prêtres; — uniformes de militaires; — tuniques de gendarmes, etc. On y voyait aussi nombre de perruques et de fausses barbes de toutes couleurs; puis, des pots de cosmétiques et de teintures.

— Nom d'un chien, quelle garde-robe! s'écria le Bachelier... Vous avez de quoi, mon maître, camoufler tout un régiment!..

— Il n'y a plus de temps à perdre, mou garçon... Descends pour régler ta note... Voici l'argent; je te suis... j'aurai lair d'être là par hasard... Brûlot et toi, vous simulez un voyage à la gare... je vous attends ici, tous les deux...

Une demi-heure plus tard, le Bachelier et Brûlot remontaient chez l'Excellence, sans avoir été aperçus par l'hôtelier.

— Allons! allons!... dit Joseph Putois, choisissez dans la malle les costumes de vos nouveaux emplois...

Tandis que le Bachelier se revêtait d'un pantalon noir et d'un habit à la française entièrement approprié à sa dignité de secrétaire intime de l'Excellence et que Brùloi endossait une houppelande, Joseph Putois s'était assis, rêveur, regardant la caisse vide. Brusquement son visage s'illumina et lui, l'homme grave, il s'abîma en an gigantesque éclat de rire.

Le rire est contagieux ; les deux hommes imitèrent Putois, sans comprendre.

Mais l'Excellence avait repris son attitude hautaine.

— Débarrassez cette malle de tout ce qu'elle contient, ordonna-t-il à ses serviteurs; et placez les vêtements dans cette armoire.

D'un geste, il indiqua les portes d'un placard faisant face au lit de la chambre.

Dès que la malle fut débarrassée, Joseph Putois se leva, et frappant sur l'épaule de Brûlot :

— Entre là-dedans ! . . .

Le valet de chambre s'éloigna d'un pas.

— Je te dis d'entrer dans la malle !... Brûlot s'exécuta, en murmurant :

— Le patron ! . . . Il est rien farce ! . . .

Dès que Brûlot se fut allongé dans la caisse, l'Excellence referma le couvercle et donna un tour de clef, à la grande satisfaction du Bachelier qui se tordait les côtes, à force de rire.

Brûlot criait :

— Ouvrez!... Je vais étouffer !...

Il donnait de formidables coups de poing.

Joseph Putois restait grave: le Bachelier riait à en perdre Thaleine. Au bout de cinq minutes, la malle était ouverte par l'Excellence, et Brûlot en sortait, les yeux fous, aussi rouge qu'un homard cuit.

— Comment est-on là-dedans? interrogea l'ancien inspecteur de la sûreté.

— Très mal... Eh! dites donc, vous, si c'est pour cela que vous m'avez pris à votre service, vous pouvez vous fouiller; je me la brise en zigzags; je m'en vas ! . . .

— Alors, on ne pourrait pas y vivre vingt-quatre heures?

— Pas dix minutes !... Brr!...

— C'est ce que je voulais savoir... Mais, en pratiquant quelques trous, ça pourra marcher... Ne te fâche pas, Brûlot; ce n'était qu'une expérience... Bachelier !...

— Monsieur!...

-- Tu dois avoir une petite scie... Un honnête homme comme toi ne voyage pas sans ses outils de travail...

Le Bachelier regarda Brûlot et répondit :

— Oui, dans la valise, nous avons nos joujoux...

— J'en étais sûr... Va chercher la valise.. .

Brûlot et le Bachelier s'étant munis de leurs instruments pratiquèrent dans les extrémités latérales de la caisse une série de trous de diverses grandeurs.

On recommença l'expérience; et, cette fois sur le [Bachelier qui ressortit de la malle, en affirmant qu'on n'y était pas très bien, très bien, mais qa on s'y trou vait toujours mieux qu'à Mazas.

— A merveille! dit l'Excellence... A présent, écoutez-moi... Les deux hommes s'assirent, attentifs.

— Toi, Brûlot, tu vas te rendre immédiatement à Dhôtel de la Couronne et tu remettras à M. Van Goël une lettre de la part de ton maître...

— Mon maître, c'est vous...

— Justement... Tu diras à M. Van Goël qu'en descendant rescalier de l'hôtel pour me rendre chez lui, je me suis foulé un pied, et qu'à mon grand regret, il m'est impossible de lui faire la visite annoncée... Tu ajouteras que je l'attendrai ici, dans la journée, à l'heure qui lui conviendra le mieux...

L'Excellence écrivit une lettre, et, après l'avoir cachetée, scellée de ses armes, il la remit à son valel de chambre qui partit aussitôt.

Déjà Brûlot était de retour... /

— Eh bien? demanda Putois.

— M. Van Goël s'habille... Il va venir...

— Diable !.., Nous avons le temps; mais, marchons !... Je vais vous métamorphoser encore...

— Comment encore? firent le Bachelier et Brûlot.

— Plaignez-vous donc !... Vous allez devenir des grands seigneurs...

Les employés de l'Excellence quittèrent leurs vêtements, pendant que le baron de Wilde mer cherchait de nouveaux habits dans l'armoire.

Putois en tira deux uniformes d'officiers allemands chamarrés de décorations :

— Endossez-moi ça, rapidement!...

Le secrétaire et le valet de chambre obéirent.

Quand le petit Putois eut ajouté aux costumes un casque pointu que Brûlot plaça sur sa tète, et un chapeau à plumes, dont le Bachelier s'enorgueillissait, les habitués du bal Maupertuis devinrent deux officiers allemands, ma foi, de fort bon air, de grande allure.

Alors l'Excellence les complimenta sur leur tenue :

— M. Van Goël vous sera présenté par moi dans quelques minutes... Vous assisterez au commencement de notre entretien, mais vous ne prononcerez pas une parole; vous vous bornerez à saluer, quand on vous adressera la parole... Je vous permets cependant un ou deux « ya » par-ci par-là, pour animer la conversation... mais pas davantage, vous m'entendez?

— Yu I crièrent ensemble les deux amis.

— Parfait!... A un moment donné, je vous prierai de me laisser en tète à tète avec M. Van Goël; vous passerez dans la pièce voisine et vous vous arrangerez de manière à ne pas perdre une syllabe de la conversation...

— Ya! dit le Bachelier...

Et, touchant le coude à son camarade :

— A toi. Brûlot!

— Ya ! y a ! répéta le compagnon.

— De mieux en mieux... Quand je prononcerai cette phrase : « Oui, monsieur l'abbé Fricard », vous entrerez brusquement et vous saisirez mon visiteur, de manière'à l'empêcher de crier... Est-ce bien entendu!

i,i:s mai;tvi{s dk i,a vu- 75.,

Le Bachelier soupira :

— Je ne comprends pas!...

— Ni moi non plus, ajouta Brûlot.

— Si vous compreniez, oîi serait la surprise? Brûlot et le Bachelier s'inclinèrent en répétant :

— Où serait la surprise !

Le bruit d'une voiture monta de la place du Dôme. Brûlot courut à la fenêtre :

— C'est lui !,.. C'est lui! Quel chic... M. Van Goël arrive en calèche et son hôtel n'est qu'à quelques pas d'ici... Rien que ça de galbe !

— Silence! ordonna Putois.

— Ya!...

On frappait à la porte.

Aprèsavoir annoncé M. Van Goël, l'hôtelier s'effaça pour laisser passer le visiteur.

L'abbé Fricard, — le nouveau Van Goël, — était méconnaissable avec sa blanche chevelure qui lui tombait sur les épaules. Il était vêtu d'une pelisse vert pommo à brandebourgs d'or et coiffé d'un chapeau à trois cornes.

Le visiteur s'avança vers l'Excellence qui, à l'annonce de l'envoyé de Berlin, s'était placé sur un fauteuil, la jambe droite étendue sur une chaise. Sur l'ordre de leur chef, les officiers se reculèrent au fond de la chambre.

— « Berlin, » fit Putois.

Van Goël s'avança et répondit :

— « Paris-Cologne»... Die Mac ht steht...

— Uber deux Geseiz, continua l'Excellence... Monsieur, vous avez un pli à me remettre?

— Oui, mais à vous seul, riposta Van Goël, en jetant un coup d'œil sur Brû lot et le Bachelier, très raides dans leurs uniformes.

— C'est juste... Auparavant, permettez-moi de vous présenter ces messieurs.

Et indiquant, l'un après l'autre, les officiers:

— Le prince Berwistein, colonel au l'^'" uhlans... Le baron Bamberwig, capitaine-major au 17" cuirassiers de Sa Majesté.

Le Bachelier et Brûlot saluèrent ; Yan Goël s'inclina.

— Maintenant, messieurs, dit l'Excellence en s'adressant aux ofliciers. veuillez être assez aimables pour nous laisser seuls un instant, M. Van Goël et moi... M. Van Goël est chargé d'une mission secrète.

Le colonel et le capitaine-major se retirèrent.

Alors Van Goël tira de sa poche un pli cacheté qu'il remit à l'Excellence en disant :

reo LES MARTYRS DE LA VIE

— Votre Excellence voudra bien me signer un reçu...

— Certainement, et je vais...

Le petit Putois fit mine de se lever pour se rendre auprès de la table de sa chambre. Mais il se souvint à temps qu'il avait le pied foulé. Son visage se tordit dans une grimace :

— Pardon, monsieur, dit-il, il m'est impossible de bouger... Soyez assez bon pour me passer ce qu'il faut pour écrire.

Van Goël s'empressa de déférer à la demande de l'envoyé de Berlin.

— C'est à vous, monsieur, de dicter le texte du reçu...

— Rien n'est plus simple... Si votre Excellence veut bien écrire: « Reçu de M. Numitor Van Goël, d'Amsterdam, les documents qu'il devait me remettre, de la part de M. le baron Karl Gismarck, de Paris... »

— Et je signe... C'est tout ?

— Oui, Excellence.

— Voici le reçu...

— Merci... Je puis me retirer, Excellence? Putois haussa la voix pour répondre :

— Oui, monsieur l'abbé Fricard !...

Le prêtre démasqué se précipita sur Wildemer pour lui arracher les papiers; mais, déjà, les deux officiers allemands avaient fait irruption dans la chambre et quatre bras nerveux s'appesantissaient sur les épaules de Fricard.

L'abbé voulut crier.

L'ex-policier ordonna :

— Bâillonnez-le !... Colonel, voici un bâillon de voyage... Avec cet objet sur

la bouche, on respire, mais on ne parle pas...

Le Bachelier saisit le bâillon qu'il adapta comme un masque au visage du faux Van Goël.

Brûlot liait les mains de l'abbé, à l'aide d'une corde, un nouveau modèle encore de l'invention de Putois,

L'homme était désormais incapable de se défendre. Joseph Putois ouvrit la grande caisse et s'adressant poliment à Fricard :

— Mon cher vicaire, donnez-vous la peine d'entrer... Non?... Eh bien ! emballez-le, messieurs, puisqu'il ne veut pas s'emballer lui-même !...

Le Rempart-du-Limousin et son camarade ne se le firent pas dire deux fois. Ils empoignèrent l'homme et le couchèrent dans la malle dont Putois ferma le cadenas à double tour.

Cela fait, l'ex-policier colla sur le couvercle un papier où se lisait cette adresse :

A Monsieur le baron Karl Gismarck

En son hôtel, 18, rue Saint-Dominique.

Franck., Pauis.

LES MAnTYRS \)K i.A VI !•

C'est trop fort !... s'écria-t-il, il y a quelqu'an là-dedans.

Liv. 96

fS

Joseph Putois tendit la clef au Bachelier :

— Colonel, vous mettrez cette clef à la poste : vous l'adresserez au destinataire de la malle.

— Oh! elle est bonne, et je vous jure, patron, que je la savoure!... disait l'ancien lauréat des concours.

— Je la gobe ! continuait le Rempart.

— Alors, Excellence, demanda le Bachelier, cet ami qui est dans la boîte s'en va à Paris, tout seul, par le chemin de fer?

— Non, colonel... Vous et le capitaine-major, vous accompagnez, tous les deux, le colis...

Et, Putois ajouta en parlant à l'oreille des copains :

— Allons, vite, reprenez vos vêtements ordinaires et allez chercher un camion et des commissionnaires.

Brûlot essaya de soulever la caisse :

— Il ne remue pas, le Hollandais !... C'est un ange, que je te dis !...

— Voyons... voyons... faisait Putois, vous partez dans une demi-heure... A votre arrivée à Paris, vous expédiez le colis au baron Gismarck...

Le Bachelier se grattait la tête :

— Et la douane, patron?

— Sapristi!... J'ai trouvé! Vous direz que la caisse contient un animal féroce destiné au Jardin des Plantes de Paris.

— On voudra peut-être vérifier?

— Attendez. Vous allez voir !

L'ex-policier écrivit une nouvelle adresse qu'il colla au-dessous de la première indication.

— Lisez? Les douaniers n'insisteront pas, je vous l'assure... Vous déchirerez la seconde étiquette, avant de faire l'envoi au destinataire... mais, lisez donc!,..

Le Bachelier lut:

E7i cas d'absence, remettre à Monsieur Pasteur, Laboratoire de r Ecole normale supérieure, rue d'Ulm, Paris. — CHIEN ATTEINT DE LA RAGE.

Cette fois, les deux copains se tordaient, ivres de joie. Putois regarda l'heure à la pendule d'origine française :

— Vous avez juste le temps... Vite le camion ! des hommes!... Et s'approchant de la malle :

— Au revoir, mon cher abbé, mes amitiés au baron Gismarck ! Puis, il entraîna le Bachelier et Brûlot dans un coin de la chambre :

— Quant à vous, mes gaillards, je vous attends, après-demain soir, chez moi, 47, rue de l'IIomme-Armé !... Soyez humains ! Votre compagnon de route restera dix- huit heures sans manger; il n'en mourra pas... Un plus long séjour dans la

malle lui serait certainement préjudiciable. Donc, envoyez immédiatement le colis à son adresse, dès que vous arriverez à la gare du Nord, Vous serez seuls dans un compartiment réservé... Toi, Bachelier, fais de temps en temps quelques citations latines, pour égayer le voyage !

Une heure plus tard, le train rapide emportait vers Paris la grande caisse escortée par le Bachelier et Brûlot qui, à cause de la nature de l'animal transporté, obtinrent immédiatement le wagon spécial retenu et payé d'avance jpar Joseph Putois.

Dès que ses employés eurent quitté la chambre, l'ex-policier prit connaissance du pli cacheté. Il en pleura, le vaillant petit homme ; l'enveloppe renfermait le tableau de la mobilisation de l'armée française.

Longtemps, Putois contempla ces documents.

— Vrai, j'ai gagné ma journée! La Patrie était peut-être perdue à tout jamais. Mon petit Gismarck, jeté tiens ! Partons !...

Une voiture passait à grand bruit sur la place. Putois regarda. C'était un landau à quatre chevaux dans lequel un officier général allemand, mollement étendu fumait un cigare.

— Si c'était le vrai Wildemer !... pensa l'ex-policier avec terreur. La voiture s'arrêtait à la porte de l'hôtel de la Couronne.

— C'est lui!...

Alors, un éclair traversa l'esprit de Pu loi s :

— Il faut que la lettre parvienne à Wildemer... Jouons le Van Goël...En avant le Hollandais ! . . .

Use remit à la table et il écrivit une lettre qu'il plaça dans l'enveloppe à la

place qu'avaient occupé les documents français. Il cacheta avec soin. Puis, après

avoir choisi dans son immense garde-robe un costume à peu près semblable à

celui que portait l'abbé Fricard, il se dirigea vers la porte :

. — Diable! Et les plans que j'oubliais de placer en lieu sur... Si ic les <rar-

' dais ?... Non... On peut me fouiller...

[1 chercha un endroit propice et il- finit par cacher les docuiueuts derrii'ie la l glace de la cheminée qu'il avait détachée pour la remettre ensuite dans sa posi- \ tion habituelle.

\ La voiture de l'abbé attendait toujours à la porte de l'hôtel du Roi-Cuillaume. • Putois y monta, donnant au cocher Tordre de le conduire à lliMel de la Couloime. 11 gravit Tescaiier. Mais, là, une difficulté surgit. L'ex-policier ignorait absolument oîi se trouvait l'appartement de Van Goël.

A tout hasard, il ouvrit une porte vitrée. Cette porte d )nDait sur un grand salon.

Le baron de Wildemer attendait, assis sur un fauteuil.

7Gi LES MARTYRS DE LA VIE

— « Berlin », fit J'officiei* en se levant.

— « Paris-Cologne », répondit vivement P atols... D ie Machi stehts...

— Ueber dem Gesetz, ajouta le baron Wildemer.

— Yoici le pli, Excellence, dit l'ex-policier en s'inclinant...

— Je vais vous remeltre le reçu, monsieur. Joseph Putois prit connaissance du reçu, en murmurant :

— Si le Bachelier était ici, il dirait : elle est bien bonne! Le baron de Wildemer décachetait la lettre.

— Vous ne pouvez lire ce pli^ Excellence, s'écria Putois terrifié,

— Si!...

— La lettre est adressée à l'Empereur...

— J'ai reçu les ordres de Sa Majesté..,

Le petit l'utois s'approchait de la fenêtre, prêt à sauter. Mais, pendant ce temps, l'Excellence avait lu :

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