LA VICTOIRE D UNE HORIZONTALE
Après avoir conduit Marie-Marguerite au couvent de Sainte-Marthe, la femme inconnue retourna à la gare de l'Ouest.
Ce même jour, dans la matinée, Karl Gismarck s'était rendu chez la Chatte- Éplucheuse où il savait rencontrer Arthur Fénières. La Chatte, comme elle l'avait fait une première fois, lors de l'entrevue de M'' Pilou et de son amant, — écouta, debout contre la porte de son salon, les explications détaillés que le Prussien donnait au jeune homme.
Arthur devait aller à Chatou pour être enfermé dans une chambre avec la fille du docteur Dilson. Pour prix de son crime, on rendait à Fénières les billets faux escomptés par l'usurier Meyer-AVorms.
Cettefois, l'horizontale garda le silence, résolue à sauver Marie-Marguerite et désireuse aussi d'anéantir les billets compromettants.
— A ce soir, mignonne, dit Artbur.
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Vous n'entreiTz jas avant de m'avoir rendu mes billet>.
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— Marguerite a quitté cette maison. Notre enfant est perdue ! J'ai donné l'ordre d'atteler. Nous partons.
Les deux hommes descendaient le perron de la villa pour monter en voiture, lorsque Marie-Marguerite apparut.
— Mon père ! s'écria-t-elle, en se serrant contre la poitrine du docteur.
— Explique-moi ta fuite. Dis-moi qui t'a sauvée.
— Une inconnue, puis elle ! fit la jeune fille, en désignant la femme en noir qui s'était arrêtée dans les ombres, succombant sous le poids de l'émotion.
— Elle!... Ta.
Se reprenant aussitôt :
— Merci, sœur Angélique.
— Je ne sais quel danger me menaçait. Mais je comprends que j'étais à jamais perdue.
Le docteur Dilson s'était approché de la religieuse, et il murmurait à son oreille :
— Blanche, vous êtes sa mère. Parlez, J3 vous en supplie.
— Vous m'avez promis le silence, mon frère !