‹ Les martyrs de GorcumChapitre 2 sur 26 · André Wouters, curé d'Heinort · texte numérisé non relu

André Wouters, curé d'Heinort

Une des preuves les plus éclatantes dont Dieu s'est servi pour prouver la vérité de notre sainte religion, c'est l'héroïsme des martyrs qui perdent la vie au milieu des plus cruels tourments, pour conserver leur foi. Ce miracle de la nature souffrante et victorieuse de ses épreuves, avait été prédit par Jésus-Christ lui-même à ses apôtres et à ceux qui devaient professer sa doctrine dans la suite des siècles, en ces termes : « Je vous envoie, comme des brebis au milieu des loups... Ils vous feront comparaître dans leurs assemblées, ils vous feront fouetter dans leurs synagogues, et vous serez persécutés à cause de moi (1), et plusieurs d'entre vous seront mis à mort (2). Cette prophétie qui s'est accomplie si ostensiblement dans les trois premiers siècles du christianisme, n'a pas cessé d'avoir son effet.

Un ennemi de la Religion, Scaliger (3), exphque, sans s'en douter, l'influence de l'exemple des saints martyrs,

(1) Mat th., X, 16 etseq.

(.2) Luc, XXI, 16.

(3) Animad. in Chron. Euseb.

quand il parle ainsi : « La lecture des actes des martyrs, fait une telle impression sur les âmes pieuses qu'elles ne quittent jamais le livre qu'à regret. Chacun peut s'en convaincre par sa propre expérience. Pour moi, j'en fais ici l'aveu, il n'y a rien dans toute l'histoire ecclésiastique dont je sois aussi touché ; quand je lis ces actes, je ne me possède plus. »

Autrefois, le spectacle de la patience des confesseurs de la Foi dans les supplices, ne manquait pas d'amener les païens à des réflexions capables de leur faire quitter leurs superstitions. La simple curiosité de savoir quelle était cette religion qui donnait le courage de supporter également la perte des biens et de la vie, contribuait à augmenter le nombre des néophytes. Et de nos jours encore, dans la Chine, le Japon et la Corée, le sang des martyrs n'est-il pas encore une nouvelle semence de chrétiens ?

« Comme c'est le dessein du Fils de Dieu, dit Bossuet, de n'avoir dans sa compagnie que des esprits courageux, il ne leur propose aussi que de grands objets et de glorieuses espérances ; il ne leur parle que victoires : partout il ne leur promet que des couronnes, et toujours il les entretient de fortes pensées. Entre tous les fidèles de Jésus- Christ, ceux qui se sont le plus remplis de ces sentiments, ce sont les bienheureux martyrs que nous pouvons appeler

les vrais conquérants et les vrais triomphateurs de l'Eglise (1). :» Tels ont été les martyrs de Gorcum, comme le prouvera l'histoire de leur vie et de leur mort.

Outre Estius, on pourra consulter utilement les ouvrages suivants :

Jeta Sanclorum. Tom. II Julii, p. 736 et seq.

Hist. Univers, de l'Eglise par Alzog. Tom. III, p. 162 et suiv (2^ édit.)

Documents inédits, Papiers d'Etat du Cardinal de Granvelle, publiés sous la direction de M. Charles de Weiss. Tom. V.

De Martelaars van Gorcum, door cenen pries ter. Mechelen, 1866. (petite brochure.)

Stradx Romani, S. J. Hist., Belgicse duae décades. Tom. II, p. 240 et suiv.

(4) Panégyrique de saint Victor.

premu^re: partie.

les martyrs de gorcum considérés chacun en^ particulier.

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