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peut plus le voir. La moindre imprudence rendrait notre fuite impossible, et alors, hélas Rs Mon Dieu, qu'est-ce encore que ceci ! Voilà quelqu’un qui monte. ï
Et, l'inquiétude au front, il se tourna vers la porte, où l’on frappait Joucement.
1 alla ouvrir lui-même.
— Qu'y a-til, Hedwige ? demanda:til.
— Monsieur, répondit Ja servante, Jean m’envoie vers vous pour vous dire qu'il vous prie de descendre immédiatement.
Et, baissant la voix, elle ajouta :
— Jean a trouvé quelque chose dans le parc, quelque chose de singulier qu'il veut vous montrer. 11 est dans le petit parloir.
Le vieillard descendit rapidement et entra dans la pièce indiquée.
— Vous avez trouvé quelque chose, Jean ? demanda:t-il.
— Oui, monsieur, au fond du parc, pas loin du banc de gazon. On doit l’avoir jeté pendant, la nuit par-dessus le mur, Car on y avait attaché une pierre, et l’on peut voir qu'elle a été exposée à la pluie. Voyez, monsieur, c’est un billet,
Il tendit à son maître un papier carré, plié en quatre.
— L’avez-vous lu ? demanda M. von Oberheim, très inquiet.
— Oui, monsieur, mais je n’y comprends rien.
5 AA À Su RE emigege
en a
& moins que cela ne vienne du jeune monsieur qui a voulu me corrompre,
— C’est bien, Jean : je vous remercie de votre fidélité. Retournez dans Le: parc et veillez avec soin. :
© Le valet se retira. è Dee Fr
Alors le vicillard déplia le papicr'et lut très lentement : ci
“* Vos chaînes vont, tomber, tout est, prét : de quelque côté que. vous me voyiez paraître inopinément, ne vous cffrayez pas. Reposez-vous sur moi en toute confiance. Mon respect est aussi grand que mon amour. Réjouissez-vous, demain vous serez libre ! ”’
M. von Obcrheim demeura un instant immobile, les yeux fixés sur le papier.
— “ Vos chaînes vont tomber... demain vous serez libre ! ?” répéta-t-il avec épouvante ? C'est, à en perdre la raison !
Et il remonta l'escalier à Couant tristement la tête.
pas Icnts, en se-
Il avait plu dans l'après-midi, et quelques nuages orageux s'étaient montrés à l'horizon. Vers minuit, le ciel resta ‘ärgé d'une sorte de brouillard humide qui voilait les étoiles et cou-
vrait L terre d'iine obséurité profonde.
On ne pouvait rien distinguer devant soi. Le domaine d'Ouden-Steen lui-même, avec ses tours massives et ses arbres girantesques, ne se détachait sur le ciel sombre que comme une monta- £gne noire.
Tout était tranquille : aucun souffle n’ag'tait le feuillage. Le cri mélancolique du hibou venait seul attester par intervalles que, même dans ce calme imposant dé la nature, des êtres veillaient ct s'agitaient Pour obüir à leurs ins tincts,
Une voiture de maître roulait en,ce moment Sur un chemin battu, dans le voisinage d’Ouden- Steen. Le cocher, comme s'il craignait de faire le moindre bruit, retenait ses chevaux impatients et les Contraignait à marcher au pas.
Il s'arrêta près d'un carrefour, descendit du siège, ouvtit la portitre et déploya le marchepied. |
Un homme descendit à son tour de la voitu.
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re, regarda autour de lui à la ronde, et tâcha, dans les ténèbres de reconnaître les lie Il dit en étouffant sa voix :
— Nous sommes en effet près du carrefour des
Wallons... Est-il bien certain, A ndré, que ma mère n’a rien entendu ?
ux.
la té onze heures et a voiture jusque sortir les chevaux
grille de la cour. Dès qu’il a é demie, j'ai traîné moi-même ] sur le chemin : puis j'ai fait l’un après l’autre, en ayant soin de les faire
Marcher sur le gazon et sur les plates-bandes, Personne n’a rien entendu.
— C’est bien, André. Je ne serai pas ingrat, et, si je réussis dans mon entreprise, vous aurez toute votre vie des preuves de ma bonté.
— Et madame la baronne ne
sera pas fâchée contre moi ?
— Je demeure responsable de tout... Maintenant, tournez les chevaux, et attendez mon retour. Laissez la voiture ouverte et le marche- Pied baissé. Tenez-vous prêt à fuir rapidement comme le vent. Les chevaux sont de Vaillantes bêtes, ils ne demandent Pas nieux. Etudiez d’avance la route à suivre,
— C’est inutile, monsieur le baron. Je
connais les chemins depuis man enfance,