‹ Les martyrs de la foi en Canada [microforme]Chapitre 6 sur 9 · EE ———__————— · texte numérisé non relu

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Aux plis de son drapeau flottant ; Le fer d'où jaillit la lumière Frappe dans l'horrible carrière La poitrine du combattant,

Les bataillons se précipitent

Sur les bataillons effarés ;

Les poudreux étendards s'agitent Sur les etendards déchirés,

Les fanlares retentissantes Mèlent leurs clameurs imposantes Aux cris belliqueux des cluirons ; Le glaive entrechoque le glaive, Et sur ceux que la mort achève [is volent brises en tronçons.

Ici tombe étendu sur l'herbe Un héroïque vétéran ;

De sa main osseuse et superbe Il comprime des flots de sang ; Car il voudrait prolonger mème La lutte de l'heure suprôme Pour voir le triomphe des siens :

Avec des yeux remplis de larmes 11 regarde en mourant ses armes Le pius précieux de ses biens.

Là, le jeune homme dans sa chute S'épuise en un suprême effort :

C'est en vain qu'il s'agite et lutte Contre l'étreinte de la mort :

Elle s'approche formidable Et de son ordre inexorable Lui jette les lugubres glas ; Mais semblable au joyeux convive Su joie éteinte se ravive

A ce sombre appel du trépas,

Scoutez ! Des refrains, des cris enthousiastes Apportent aux échos des solitudes vastes

Le concert des vainqueurs.

Les guerriers d’Albion en dépit de leur nombre Regagnent, en ror geañt leur épouvarte sombre,

Leurs foyers protecteurs.

Le Drapeau Blanc couvert de cendre et de poussière Promène avec orgueil sur l'arène guerrière

Ses plis victorieux.

L'hymne enflammé des cœurs vers le Dieu des batailles À remplacé le bruit du glaive et des mitrailles

Daus les rangs crageux :

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1 Gloire au Dieu de Clovis, au Lieu de Charlemagne ! De leurs fIls généreux sa puissance accompagne Les dignes rojetons ; [la suivi leurs nefs par delà l'Atlantique, li protège les droits de leur œuvre héroïque Par ses bienfaits foconds,

I leur a dit: « Marchez ! Combattez pour ma gloire ! | « Albion, Albion a perdu la mémoire

Du Dieu de ses aleux ! .

| «Sur la virginité de cette jeune terre | « Puisqu'elle veut semer son erreur délétère

« Par son glaive odioux ;

« Puisqu'elle veut étreind,a en sa serre perfide « Les dubris glorieux d'une raco intrépide | « Qui pratique ma loi; | « Levez-vous et brisez l'épée usurpatrice, | « Lovez-vous et brisez la serre subreptice |

« Qui ronge votre Foi, »

“ Nous nous sommes battus! Tls sont là sur la plaine | Coux dont l'ambition fiévreuse et souveraine | A menacé nos droits,

| Leurs frères survivants précipitent leur fuite ; | Qu'ils viennent, nous vaincrons leur audace illicite Par de nouveaux exploits, Il est beau de combattre au péril de sa vie ; Il est doux de verser son sang pour la patrie Qu'envahit loppresseur.

| L'avenir bercera l'immortelle mémoire De nos frères tombes pleins d'orgueil et de gloire | Sur le champ de l'honneur, »—

O généreux soldats de la Nouvelle-France,

Vous, les nobles héros dont l’insigne vaillance Ne sut jamais fuiblir ;

Vous, nos dignes aïeux, superbes sentinelles

Qui toujours à vos droits, à votre honneur fidèles, Regurdiez l'avenir :

Pourquoi de votre France abandonnant les plages,

Veniez-vous consumer dans ces forêts sauvages Vos labeurs surhumains ?

Pourquoi vous arrachant aux larmes maternelles

Veniez-vous échanger des terreurs éternelles {à

Pour vos jours si sereins ? (l Pourquoi toujours armés de la hache ou du glaive, Il Défrichiez-vous le sol où s'exerçait sans trève {}

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Votre forte vertu ?

Pourquoi rahOonCiPZeVOUS AUX plaisirs de la vie

Et sur le champ d'honneur où lu mort vous convit Avez-vous combattu /

C'est qu'une grande idee enflammait vos cou'agus L'est que vous aviez vu de terribles orages

Sur vous prendre leur vol, C'est que l'instinct puissant d'une âme genérensg N'excitait pas en vain Votre urdeur belliqueuse

A delendre le sol,

Oui! c'est que vous aviez l'amour de la patrie, Muis c'était bien aussi l'influence beme De lu Religion, C'est que vous aviez craint que des mains étrangères Ne posassent un jour des entraves sevores À son extension,

D'un côté vous luttiez contre le paganisme ;

Et c'était l'Indien au cœur plein d'égoisme Qui marchait contre vous ;

Superstitieux, ‘urbe, altier et sanguinaire,

Maiheur à qui :atait un affront teméraire A ses viwux Manitous,

De l'autre un ennemi jaloux et redoutable

Non content de lever une arme inexorable Sur de faibles colons,

Versait sur un sol vierge, où les Missionnaires

Avaient dejà seme des germes salutaires, Versait de noirs poisons,

Le Dieu de Henri Huit, despote fanatique, Le Dieu d'Elizabeth, prètresse tyrannique, Avait déjà cerné Dans ses replis de flamme une Ile toute entière, On voyait Albion suivre dans la poussière Un schisme nouveau né,

Le brandon flamboyant traversant l'Atlantique Menacait de jeter sur toute l'Amérique Le fléau destructeur. Déjà vous aviez vu s'élever l'incendie Du golfe du Mexique aux bords de l'Acadie, Qui pleure son malheur,

Et vous étiez là, seuls, moins puissants par le nombre, Cernés par l'Iroquois, qui vous poursuit dans l'ombre, Attaqués par l'Anglais, A demi délaissés par la Mére-Patrie ; Vous étiez là debout, d’une cause chérie Soutenant le succès.

Grand Dieu! Se pouvait-il que la Fou Catholique N'habiterait pas même un coin de l'Ansrique

| Sur ce grand Continent ?

|| Non! Maigre ses malheurs Ie Canadien tdele Etait là, toujours prêt à repandre pour elle

!| Le plus pur de son sang.

Dans de rudes combats, à valeureux amoÿtres, Vous avez repousse le joug de nouveaux maitres Hardis et courageux ; Vous avez su mourir pour deux sublimes causes, Et la muse transriet dans ses apotheuses Vos nos si radieux.

Dormez dans vos tombeaux muets et solitaires ! Les fils ont médité sur les os de leurs peres D'immortels souvenirs.

e flamme,

Dormez dans vos tombeaux ! Là s'abjmment les haïines ;

Là s'éteint pour toujours le bruit pesaut des chaines Des pauvres prisonniers.

Vous n'y connaissez plus ces misères humaines,

Ces combats, ces travaux, ces plaisirs et @es peines Où se heu:tent nos pieds.

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Pine

Vous avez oublié ces luttes formidables

Que se livraient jadis, dans des temps memorables, Deux peuples valeureux ;

Et vos enfants aussi, fidèles à leurs temples,

Ont oublié devant ces éloquents exemyl-s Un passé désastreux.

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