‹ Les martyrs de la foi en Canada [microforme]Chapitre 7 sur 9 · RES · texte numérisé non relu

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Si le fils d’Albion foule votre poussière, Oh ! Ne tressaillez pas sous votre froide pierre,

Car les temps sont changes.

Il respecte à présent vos noms et votre gloire : La main qui vous frappait donne à votre mewoire L'abri des naufragés.

Dormez dans vos tombeaux muets et solitaires ;

Les tils ont medité sur les os de leurs pères D'immortels souvenirs.

Vous êtes des héros : l'histoire le proclame :

Mais les anges du Ciel, dans leurs spheres de flamme, Vous appellent : « Martyrs. »

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Là VIERGE DE DIEU.

La Lyre.

Jous1 C’esi au fleuve des ombres Que va le fleuve des vivants.

Le sage, s’il a des jours sombres, Les laisse aux dieux, les jetic aux vents.

La Hurpe.

Soutiens ton frère qui chancelle, Pleure si tu le vois soufirir :

Veille avec soin, prie avec zèle, Vis en songeant qu'il faut mourir.

Vicror Huco.

Odes et Ballades.

L'Esprit du Siècle.

À quoi rêves, jeune fille ?

Est-ce aux tulkètres papillons

Dont le voi se bance et vacille

A travers les finêlas buissons ?

Les fleurs ses sont moins belles Que or t arent de leurs ailes Qui fende lement l'azur ;

La poussière leurs membranes Egule les feux diephanes

De l'aurore dams le ciel pur,

L'Esprit du Ciel.

A quoi rêves, jeune vierge ?

Est-ce aux cv sements du saint lieu ?

Est-ce aus Hlamches lueurs du cierge Qui se comme devant Dieu ?

L'humble læmpe du sanctuaire

Est prétér e à la lumière

Des astres brillant dans le Ciel ;

Les fleurs aux corolles légères

Ne valent gr: dans leurs parterres La petite fewr de l'autel.

L'Esprit du Siècle.

A quoi rêves, jeune fille ?

Est-ce aux 2eglbyrs mystérieux Qui soulevemi de ta mantille Les plis souples et gracieux ?

Leurs soufes wmondés d'armes Murmurent de doux idiômes

Qui vibrent amoureusement ; Comme la harpe Eolienne

| Sa mélodie aërienne

Linplit l'âme d'enivrement,

| L'Esprit du Ciel.

# l A quoi rêves-tu, jeune vierge ?

Est-ce aux hymnes religieux

| De l'Eglise où le prêtre asperge

‘f Le front des assistants pieux ?

1 Est-ce à ces bruits que l'on écoute Quand l'orgue sous la vaste voûte Redit son hymne souverain ?

La brise est moins harmonieuse Î | Que cette voix majestueuse | Qui vibre dans le temple saint,

L'Espril du Siècle.

À quoi rèves-tu, jeune fille ?

Est-ce au grand fleuve qui bruit ?

il Là, l'esquif du pêcheur oscille

| Sous la vague altière qui fuit.

Là, le choc vigoureux des rames Brise les bouillonnantes lames

Qui se soumettent à regret. "2 Peut-être, pêcheur qui ruisselle, È Porte-t-il en son cœur fidèle % Un feu qu'il nourrit en secret. 4

L'Espril du Ciel.

A quoi rêves-tu, jeune vierge ?

Serait-ce à la course du temps, ss Fleuve implacable qui submerge l Les âges les plus éclatants ?

L'homme est sur un esquif qui sombre A travers les écueils sans nombre

Où l’emportent les flots profonds.

Ton tour viendra bientôt peut-être ; La mort qu'il te faudra connaitre Brisera tes illusions,

L'Esprit du Sièc'e.

J'aime à voir sur ton front tout brillant de jeunesse Errer cet air pensif qui voile la tristesse

Et ce regard troublé qui m'annonce l'amour.

Ton jeune âge a besoin d'intimes confidences :

Je viens, aplanissant la route où tu t’avances,

Te montrer le vrai jour.

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Regarde autour de toi ! Que vois-tu ? des montagnes, Des cascades, des lacs, de nombreuses cumpagnes, Et partout des forêts, formidables déserts.

Que de fois l'Indien, alors qu'il les traverse, Jette à leur vaste dôme où ie zéphyr se berce

De lugubres concerts.

Que vois-tu ? D'humbles toits, des ébauches de villes,

Un peuple jeune encore au sein des bois stériles

Essayant d’implanter son précoce pouvoir.

Il faut ici subir d'éternelles alarmes,

Et le guerrier qui meurt pour l'honneur de ses armes N'a rempli qu’un devoir.

Je t'aime trop, à fleur que menace l'orage, Pour exposer tes jours à la fureur sauvage De ces hommes pour qui la vengeance est le droit, Si tu savais combien ces Iroquois feroces Infligent aux captifs de tortures atroces, Tu tremblerais d'effroi !

J'ai des palais brillants aux porches héraldiques,

J'ai des salons dorés, des perles maguitiques

Et des robes de soie aux riches falbulas ;

Veux-tu quitter ces bois et ces vastes savannes,

Veux-tu fuir le séjour de ces pauvres cabanes Pour me euivre là-bas ?

Là, tu n'entendras point le bruit du casse-tête,

Ou les tristes soupirs du mourant qui s'apprête

À dormir solitaire au fond de son tombeau.

Je laverai tes pieds dans des bains de porphyre,

Et je te donnerai dans mon superbe empire Mon trône le plus beau.

L'Esprit du Ciel.

J'aime à voir sur ton front tout brillant de jeunesse S'epanouir ton âme ouverte à la sagesse, Kt ton cœur virginal qui s’élance vers Dieu.

Ton jeune âge a besoin d’un conseïller intime ; Pour toi-même je viens élever sur l’abime

Une borne de feu.

Dis-moi ! N'aimes-tu pas ces monts et ces vallées,

Ce fleuve et ces forêts couvertes de feuillées,

Qui du maitre éternel révèlent la grandeur ?

N'aimes-tu pas aussi ta modeste chaumière

Quand ta mère essuyant les pleurs de ta paupière Te presse sur son cœur ?

Tu tremblas quelquefois d'une vague épouvante En entendant vibrer la voix retentissante

Tr

De ces coureurs des bois qui répandent le sang ;

Mais n’as-tu pas aussi sous les vastes ombrages

Entendu des oiseaux les splendides ramages, Orchestre éblouissant ?

A quoi bon ces châteaux, ces lambris, ces dorures, Ces stériles trésors, ces brillantes tenturos, Qui du riche seigneur ont attesté l’orgueil ? Je préfère le toit de ta joyeuse enfance Où la bonté naïve et la pure innocence Ont un si doux accueil.

Je ne veux point t'offrir des biens aléatoires Ni jeter sur tzs pas des ombres illusoires Que poursuivraient en vain tes incessants désirs. Ici je te réserve un bonheur moins factice, Et je te ferai fuir l'haleine corruptrice Des profanes plaisirs.

Viens enfermer tes jours loin des vains bruits du monde Dans un asile saint où la paix surabonde ; L'épreuve t'y fera gagner l'éternité.

Tu n'y berceras point un amour chimérique, Ft l'on verra briller la fleur si magnifique De ta virginité.

Pur”

Ces deux voix alternaient dans son âme pensive ;

Elle prêta longtemps une oreille attentive

Aux conseils si divers des deux brillants Esprits :

Elle voyait flotter des visions légères

Que suivaient tour-à-tour vers deux routes contraires Ses regards indécis.

Plus tard, la jeune fille, holocauste propice,

Allait s'ensevelir dans un modeste hospice

Pour y mieux soulager les humaines douleurs,

Elle entend@it encor la voix des deux génies

Qui venaient lui verser durant ses insomnies Leurs philtres enchanteurs :

L'Esprit du Siècle.

Pourquoi d’un voile noir c.1brager ton visage ? Déchire cet habit que méprise le Sage

Et qu’à l’esclave seul on devrait imposer.

Tu rives de pleiu gré tes chaines inutiles ; Sais-tu si de tes mains tremblantes et débiles Tu pourras les briser.

Tout a sa mission dans la vaste nature :

Les hôtes des forêts poursuivent leur pâture,

e sang ; Le Grand-Fleuve s'en va dans les mers s'engloutir,

brages La brise vient souffler sur les moissons fécondes,

ges, L'aigle vole au soleil, le courlis sur les ondes, L'homme vers le plaisir.

ss dorures, Hi faut jouir! Oh viens au sein de nos demeures

6, Goûter l'enivrement de nos rapides heures,

il ? Qui s'écoulent toujours comme des flots dorés.

Viens boire le bonheur dans de riches amphores, Viens voir s'épanouir de plus douces aurores Dans les airs empourpres.

Ces ombres de bonheur croulent cemme un fantôme ; Mais la vertu pour l'âme est un sueve arôme, Est un phare qui luit.

res L'Esprit du Ciel. | | FT ñ ie firlè î 1 ! 0 i 10!

is désirs. Sois lidèle à ton Dieu! Marche pleine de joie | e Dans l'austère sentier où sa grâce t'envoie ; É Apporte à ton Seigneur un cœur pur et pieux. Mais il faut secouer la poussière du monde Pour marcher sûrement dans la route profonde . H ni r (: e ruits du monde Qui se termine aux Cieux.

“ La belle mission que ton Dieu te destine que Est de sécher les pleurs de la pauvre orpheline, ‘ He De soulager l’infirme à son triste grabat, Et d'apporter du pain aux enfants de la veuve. Le sais-tu bien, ma sœur ? La vie est une épreuve, La vie est un combat !

antive : Tu n'es point ici-bas, dans l’humaine carrière, à ? Pour t’enivrer de bruits, de parfums, de lumière, : Et de tous ces plaisirs que l’homme en vain poursuit. Esprits : El de tous P I mme en vain poui | |

es contraires

L'Espril du Siècle.

ce,

aa Quel plaisir as-tu donc d'entendre dans ton cloitre

ileurs, Ces lugubres sanglots qui ne font que s’accroitre |

nee Quand le vent de la mort déchaine sa fureur ?

HAN Appliquer la charpie au front des invalides, | Laver du mendiant les blessures livides, |

Est-ce là le bonheur ?

? Au sein de ton réduit miile dangers t’entourent. | sage Sortis de leurs déserts des ennemis accourent

| Pour renverser ces toits qui seront vos tombeaux. | La guerre d’un côté se dresse formidable, | De lautre la famine et la peste implacable f Promènent leurs fléaux. |

Se peut-il que ton âge, à l’aube de la vie, Refuse de quitter cette sombre patrie

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Pour fuir vers des climats plus riants et plus doux ?

Alions. si tu le veux, aux plages d'Arinorique ;

Les amants t'y suivront pres du château gothique De leurs regards jaloux.

| Tu verras chaque jour des choses merveilleuses, | Tu verras le théâtre et les tables joyeuses, Les riches monuments et les grandes cités.

| Et puus, si tu te plais à l'aire des voyages, | Nous irons visiter, vers de lointains rivages, | Des pays enchantes,

Nous irons écouter dans les Indes prospères Le chant voluplueux des jeunes Bayadères Qui dansent sur les bords du Gange, antique roi. | Les Sylphides de l'air parfumeront ta route, Et leurs hymnes légers, qu'en rêvant on écoute, Résonneront pour toi.

| ‘ . ve Î L'Esprit du Ciel.

Quand la mort vient toucher la tète du coupable, Comme il pälit devant le spectre inexorable

| Qui doit bientôt l'etreindre entre ses doigts osseux ! | Comme ses veux hagards roulent dans leur orbite! Comme son front brülant que le remords agite

| Devient morne et hideux !

N'as-tu pas vu finir l’existence du Juste ?

Quel sourire imposant ! Quelle figure auguste!

Quelle majeste grave et sereine à la fois!

On dirait qu'il respire une extase divine,

Et sa main qui s'étend sur sa calme poitrine Presse encore une Croix.

j La mort pour le méchant c'est un spectre livide ; La mort pour le Chrétien c'est un reveil splendides, Réveil eblouissant et providentiel.

| Lequel prefères-tu, des voluptés mondaines il Qui donnent le remords, ou des vertus sereines Qui procurent le Ciel ?

t Au sombre agonisant accorde une prière, Verse à celui qui souffre un baume salutaire, Répand ta charité sur tous les malheureux.

C'est là ta mission, à vierge, sois-en digne : Je ** reserve encore un bonheur plus insigne || oius mystérieux.

| w à t'instruit, cette voix qui t'inspire,

| 1: à , deviné? C'est l’'Ange du martyre ;

&: - D Re TS = à

Ne

C'est moi qui t'ai poussée aux parvis du saint lieu:

Je veux dans les splendeurs des sphères cternelles |

Te transporter un jour sur mes brülantes ailes | Jusqu'au trône de Dieu, |

La vierge méditait ces paroles de l'ange. ]

Un ineffable amour, un bonheur sans mélange | Semblait illuminer la blancheur de son front.

Elle multiplia ses labeurs secourables, |

Calmant par ses discours et ses soins charitables |

Le pauvre moribond. |

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ppp — … __ —— —— — ————

Un jour, quand le typhus moissonnait ses victimes, || Comme elle promenait ses dévouernents sublimes Dans la salle où voyage un souffle empoisonné, Elle tomba mourante, et deux brillants génies Vinrent frapper durant ses pâles agonies | Son regard étonne : | À

L'Esprit du Siècle.

| | Comme ton front blèmit ! Comme ta joue est pâle ! | Comme ta lèvre tremble et fait entendre un räle | Qui sourd et convulsif s'échappe avec effort ! | On chante, on aime, on rit daus mon empire vaste; Toi, tu vois s'approcher, à pénible contraste ! | L'inexorable mort, | |

Si tu m'avais suivi, jeune âme infortunée, Tu ne serais pas là comme la fleur fanée Qui n'a pu supporter les feux brülants du jour ; Tes membres seraient pleins de jeunesse et de vie, Et tu boirais encor la divine ambroisie

Que t'ofirirait l'amour.

L'Esprit du Ciel.

Tu souffres ! Le poison t'agite et te secoue Comme ce frêle esquif dont l’abime se joue Et que les vents glacés emportent sur l'écueil. Tu vas bientôt quitter ce sejour de souflrance : | Ma sœur, as-tu du Ciel l'immortelle espérance ? As-tu peur du cercueil ? |

Ah! Ces jours de l'épreuve approchent de leur terme ; | Jusqu'au temps du départ sois courageuse et ferme : | | | Le Seigneur a béni ton abnégation. ‘4 | Toi qui vas délaisser ta prison de poussière 4 | Ne vois-tu pas déjà briller dans la lumière | | Le temple de Sion ?

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| L'Esprit du Siècle.

La cloche du couvent jette ses glas funèbres Dans les airs où s'élève au milieu des ténèbres Le sanglot prolongé des forêts et des vents.

A ce bruit chacun courbe un genoux sur la terre Et recite pensif une courte prière

Pour les agonisants.

| Mais d'où vient qu'aux accents de la cloche qui tinte | Tout mon Ôtre est saisi de vertige et de crainte ? D'où vient qu'à chaque glas je tremble et je frémis ? O mort ! O mort terrible ! O fantôme pertide !

O faucheur qui moissonne avec ta faulx livide

| Ceux qui sont mes amis !

En tout temps tu m'as fait tressaillir d'épouvante, Et tu brisas souvent ma couronne brillante, | Mes châteaux d'éemeraude et mon sceptre de feu. | Lorsque j'entends la cloche et que je vois ta face, Je demande au penseur que ton sourire glace ;

« Existe-t-il un Dieu ?:

L'Espril du Ciel.

Où tes humbles labeurs, tes vertus ignorées Auront leur recompense auprès de l'Eternel.

Déserte des vivants la pesante atmosphère,

| Ô toi qui cultivais en passant sur la terre

| Les amours de l’autel,

| Jeune âme, envole-toi vers les hauteurs sacrées

Laiise ton corps sans vie à ce globe de fange ;

Prends ton essor rapide avec tes ailes d'ange

Vers les sommets brillants de l’immortalite.

Viens franchir avec moi les céiestes portiques,

Viens mêler aux refrains des hymnes séraphiques Tes chants de volupté.

Fran mnrm om mommmmanm Re RE

Ta ARLES

Comme deux blanches nefs sur la mer azurée Tendent les plis mouvants de leur aile empourprée Que les vents de l’ouest poussent vers d’autres cieux, Elançons-uous ainsi vers l'Eternel Empire ;

Là je déposerai les palmes du Martyre

Sur ton front radieux.

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