‹ Les Martyrs de la Libre PenseeChapitre 21 sur 44 · C'est ainsi qu'il l'appelle : Nicoiaus meus · texte numérisé non relu

C'est ainsi qu'il l'appelle : Nicoiaus meus

2. La loi voulait que tout prisonnier fût interrogé dans les ^ngt-quatre heures. Cette sage loi de la Genève du seizième siècle a bien besoin d'être rappelée à certains peuples du dixneuvième.

3. Art. V. « Item, questant destenu prisonnier en la ville de Vienne, quant il vit qu'on ne le vouloit recevoir à grAce de se desdire, il trouva le moyen deschapper de la. prison. »

ce que remarque M. Rilliet de Candollc lui-même, qu'après les griefs théologiques venaient les grief h personnels (ce sont ses propres expressions)*. L'article 39 était ainsi conçu : « Item qu'en la personne de M. Calvin, ministre de la paroUe de Dieu en ceste Église de Genève, il a diffamé par livre imprimé la doctrine qui se prescbe, prononçant toutes les injures et blasphèmes qu'il est possible d'inventer. » Servet répondit que M. Calvin l'avait lui-même injurié dans beaucoup de ses livres, et qu'il n'avait fait que lui rendre la pareille. Vous verrez tout à l'heure qu'en fait d'injures Calvin n'avait rien à reprocher à personne, et c'est ce qu'attestent d'ailleurs tous ses écrits.

L'interrogatoire terminé, l'accusateur de Servel, Nicolas de La Fontaine, demanda à réfuter les dénégations de l'accusé, en produisant les passages de ses livres qui appuyaient l'accusation. Il présenta alors deux écrits, dont l'un était la Restitution du christianisme^ imprimée à Vienne, et l'autre un manuscrit que Servet reconnut pour être de sa main, ajoutant qu'il l'avait envoyé à M. Calvin, il y avait environ six ans, pour en avoir son jugement.

Pendant que le seigneur lieutenant transmettait au Conseil le sommaire de l'interrogatoire, con-

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