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Histoires, livre IV, chap. v

pables, le sénat se divisa d'autant plus que Galba se montrait irrésolu, et Helvidius fut forcé d'abandonner la poursuite ; mais, quand l'occasion s'en présenta, il ne manqua point d'accabler Marcellus sous le poids de son infamie. Le Jour où l'empire fut décerné à Vespasien, le sénat ayant décidé que des députés seraient envoyés vers ce prince, Helvidius demanda que ces députés fussent nominalement élus par les magistrats sous la religion du serment ; mais Marcellus, qui craignait de n'être pas nommé par cette voie, demandait le vote dans l'urne. « Pourquoi, s'écria Helvidius, Marcellus redoute-t-il à ce point le jugement des magistrats, sinon parce qu'il est accablé par le souvenir de ses crimes? L'urne et le sort ne prononcent pas sur les crimes. » L'apostrophe était sanglante. Savez-vous quelle fut la réponse de Marcellus? Je veux la rapporter, parce qu'elle peint admirablement la bassesse de cette sorte d'hommes. Il répondit que ce n'était pas son discours, mais le jugement du sénat qui avait perdu Thraséas; que ces faux semblants de justice étaient les jeux de Néron; que l'amitié d'un pareil maître lui avait causé autant d'angoisse que l'exil aux proscrits; qu'il souhaitait des empereurs vertueux, mais qu'il les supporterait, quels qu'ils fussent; qu'il admirait, lui, simple membre de ce sénat qui avait accepté avec lui la servitude, la constance et le courage d'Helvidius Priscus, mais qu'il lui conseillait

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de ne pas affecter une trop grande indépendance à regard du nouveau prince. Un tel langage convenait à un tel homme; il ne faisait que le rendre plus méprisable encore. Pour Helvidius, il se montra sous le nouveau prince ce qu'il avait toujours été, ce qu'il fut toujours : l'adversaire de l'omnipotence impériale. Comme les préteurs de l'épargne, se plaignant de la misère de l'Etat, demandaient qu'on modérât les dépenses, et que le consul désigné, effrayé de la difficulté du remède, renvoyait l'affaire au prince, Helvidius émit l'avis de la faire régler par le sénat. Mais le sénat avait trop bien contracté l'habitude de la servilité poyr oser faire quelque chose par lui-même. Ce nouveau règne devait être fatal à Helvidius. Irrité de son opposition, Vespasien le fit mettre en prison, puis l'exila et enfin le fit tuer.

Sous le règne suivant, sous Domitien, ce Néron chauve, comme l'appelle Juvénal, ou, comme dit Tacite, ce monstre à la figure rouge et dont la rougeur, lui faisant un masque contre la honte, lui permettait de contempler le supplice de ses victimes et de compter leurs soupirs, Rusticus 'Arulénus, ce jeune homme que nous avons vu prêt à se dévouer pour tenter de sauver Thraséas, fut aussi mis à mort pour avoir loué ce grand homme. Un autre stoïcien^ Sénécion, paya également de sa vie l'éloge d'Helvidius. « On ne se contenta pas, dit Tacite *, de sévir

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