‹ Les martyrs de la Révolution dans le diocèse de SéezChapitre 10 sur 29 · M. JEAN-RENÉ COLLET · texte numérisé non relu

M. JEAN-RENÉ COLLET

ê fut comme la lettre d'adieu du vénérable serviteur II i-Christ à sa digne sœur. Epuisé de privations, il fut atleiot du typhus, qui régnait dans les prisons de Rambouillet. Son frère, de Durcet, en ayant eu connaissance, partit aussitôt pour lui donner lui-même' tous les secours qui étaient en son pouvoir. Il portait avec lui un lit complet, du linge ~Bàea remèdes. Mais, quand il arriva à Rambouillet, il apprit 6 douleur que son frère n'était plus de ce monde. 11 était t dans les plus parfaits sentiments de résignation- à la ' Tolonté de Dieu, et sa dernière prière avait été pour les fidèles de sa paroisse. C'est le 24 août 1794 qu'il passa de cette vallée de larmes aux joies éternelles de la maison de Dieu.

Le 13 septembre, M. Jean-René Collet, chapelain des Bénédictines d'Esmes, succomba à son tour au fléau qui décimait les confesseurs de la foi. Il était né dans la paroisse des Ventes de Bourse, en 1727. Appelé par Dieu à travailler au salut des âmes, il répondit avec une sainte ardeur à cette sublime vocation, fut nommé curé de Trémont, près Séez, et installé le jour de Pâques 17o7. Sa vertu dominante fut la cbarité. II était si charitable envers les pauvres de sa paroisse qu'il les nourrissait de ses propres deniers dans les années de disette. Cependant il nous apprend lui-même dans les Notes qu'il a laissées sur les registres de sa paroisse qu'il ne fut pas toujours payé de reconnaissance par les habitants de Trémont. Ami de la justice bien plus que de ses intérêts temporels, il soutint conjointement avec le chapitre cathédral de Séez un procès, pendant cinq ou six ans, contre les religieux de l'abbaye de Saint-Martin, au sujet d'une pièce de terre dépendante de la cure de Trémont. Les religieux avaient été induits en erreur par un de leurs fermiers ; ils furent condamnés à payer les frais qui se montaient à la de huit cents livres, et à laisser le curé et le chapi-

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tre jouir de la pièce de terre. Enfln il eut à défendre les droits de sa cure contre le chapitre lui-même, qui prétendait que la cure de Trémoni lui appartenait, et que par conséquent le curé n'était que le \icaire du chapitre. M. Collet en appela au jugement de l'archevêque de Rouen, qui confirma le curé de Trêmont dans tous ses droits.

Malgré les petits combats qu'il eut à soutenir, il trouva le moyen de rendre de grands services à son église. C'est lui qui fit bâtir ei meubler à ses frais la sacristie, telle qu'elle est encore aujourd'hui, qui fit lambrisser à neuf l'église d'un bout à l'autre, paver le chœur et le sanctuaire, ériger la contre-table, construire l'autel en son entier, et réparer les trois tableaux qui décorent le sanctuaire., 11 fit taire encore six stalles, une chaire, un confessionnal, quatre croisées dans le chœur et une dans la nef, le tout à ses frais et sans aucune épargne. Les cloches furent aussi refondues à ses frais et augmentées de quarante-huit livres. Il fournit encore à son église toute l'ancienne liturgie sagienne, excepté un Emortuale, qui fut payé par M. l'abbé de Sllnt- Aignan, théologal. Enfin il lit remettre co état tous les bâtiments de la cure et réparer tous les ornements de l'église. Pour lui aider à payer ces derniers travaux, quelques personnes de sa paroisse lui donnèrent une somme peu considérable (1).

M. Collet disait la messe tous les vendredis pour les bienfaiteurs de son église, tantvivants que trépassés, et il désirait que son successeur en fît autant. Son zèle pour le salut de son troupeau le portait à prêcher assidûment la parole de Dieu, à visiter fréquemment les pauvres et les malades de sa paroisse, enfin à ne rien épargner pour ramener au bercail la brebis égarée. Ce bon pasteur continua d'administrer la paroisse de Trémont jusqu'en 1788, époque où

[1) Noies laissées par M. Collet.

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