‹ Les martyrs de la Révolution dans le diocèse de SéezChapitre 14 sur 29 · LE P. MICHEL-JOSEPH DUJONQDOI · texte numérisé non relu

LE P. MICHEL-JOSEPH DUJONQDOI

brai, en 1746. Appelé par Dieu àla vie religieuse, il se rendit avec joie à l'Abbaye de la Trappe. 11 était maître des frères ixinvers, lorsqu^on vint lui proposer de prêter le serment de fidélité à la Constitution civile. Ce bon religieux se garda bien de scandaliser ses frères en adhérant au schisme. Il resta ferme dans la foi, et se disposa même à la signer de son sang, s'il en était besoin. Bientôt il fut cbassé de son monastère et obligé de dire adieu pour toujours à cette douce solitude pour rentrer au milieu d'un inonde agité par la révolution. Afin d'y mener, autant' que possible, la vie de communauté, il se retira près de Nancy avec Dom Brunel, prieur de son' monastère, et plusieurs autres religieux de la même Abbaye, Sa conduite édifiante ne tarda pas à le faire remarquer par les impies. Arrêté, pour ce motif, en 1793, il déclara, sans hésiter, devantle tribunal criminel, qu'il était prêtre et qu'il avait refusé tous les serments exigés par tes révolutionnaires. Il fut aussitôt condamné à la déportation. En entendant cette sentence , il rendit grâces à Dieu qui daignait l'associer aux souffrances de Jésus-Christ. Quelques jours après il partit pour Rochefort, où il fut embarqué sur le navire les Deux- Associés. Avec lui étaient Dom Brunel et plusieurs autres religieux de la Trappe, Rien n'était plus édifiant que de voir ces saints religieux se réunir pour prier et suivre, autant qu'il leur était possible, les exercices de leur règle. Quoique le Père Michel- Joseph fût brisé à toutes les rigueurs de la pénitence, il succomba aux traitements barbares infligés par les persécuteurs aux prêtres fidèles à Dieu. Jusqu'à la fin de son pénible sacrifice, cette sainte victime se montra pleine de patience et de résignation. Son-àme se détacha doucement de la terre, le 21 août 1794 (1).

àes maÏDS de Dum Xavier, le 14 août 1775, Signé ; F. Antoine Dujonquoî; - F. Théoilore, abbé de !s Trappe »,

(t) Murli/rs de la Fui, par M, l'abbé GuiUon ; — liste des prélres de l'Ome décèdes à Rochefnrt.

Lrviii; rr, (lUAfrmr, J\.

Ia! lundemnjii, 2<2 noùf, l'âme d'un autre martyr de ce diocëie, M. Jeun Bourdoo, prenait son vol vers le ciel. D élaîl né àSéez, en 1745. Appelé de lionne heureàlaTîereligieou, il entra chez les (Capucins, qui le reçurent avec joie àcauu (le ses talents et surtout de sa piété. Il fut élevé au sacerdoce, vers t77&, et habita quelques années dans la maisoD de llonfleur, près du célèbre sanctuaire de Notre-Dame-detîrAceti dont il eut la direction. Ses supérieurs l'envoyèreot cnouite, en qualité de (gardien, dans la maison de SottefiDe, près Rouen. Il y occupait une des charges les plus importanle« de «on Ordre, lorsque arriva la révolution. Son âme ctoit troj) noble pour se laisser gagner par les promesses des ennemis de l'Eglise: il déclara, le 26 août 1791, qu'il voulait rester dans son Ordre, et qu'avec la grâce de Dieu il y flnirait ses jours. Cependant, vers le temps de Pâques 1792, il se vit expulsé de son pauvre monastère, au nom de la liberté, " qu'on voulait, disait-on, rendre aux reli|;ieuiD, nlln de s'emparer de leurs biens.

Les peines portées, en 1792, contre les prêtres refraclaires, qui ne prenaient pas le chemin de l'exil, ne l'empêchèrent pas de rester ù Rouen, afln de procurer aux fidèles les secours de la Religion. Mais les agents des comités de surveillance ne se lassaient pus de poursuivre Les prêtres catholiques. Trahi par son zèle, le saint religieux fut découvert, le 10 avril 1793, et traduit presque aussitôt à la barre du citoyen Legendre, président du tribunal criminel de la Seine-inférieure.

<' Quels sont les noms, ciloyen, lui dit le maj^istral républicain?

u — Je m'appelle Jean Bourdon, en religion frère Prolais, lui répondit le Bainl prâtre.

" — Quel eul II! li<3ii li» ta d

cier el Rouen.

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