‹ Les martyrs de la Révolution dans le diocèse de SéezChapitre 17 sur 29 · M. RENÉ-JACQUES MARY · texte numérisé non relu

M. RENÉ-JACQUES MARY

« — J*ai entendu quelques personnes qui m'en ont requis, et qui ont les mêmes sentiments religieux que moi.

« — Qui a amené chez Hubert les personnes que vous avez entendues en confession et que vous avez fait communier? Comme vous étiez secrètement dans cette maison, il a bien fallu que quelqu'un amenât ces sectaires, et ce quelqu'un était Hubert, n'est-ce pas ?

ce — Je vous assure que Hubert n'y était pour rien.

« Ce fait », ajoute Joseph Provost dans son procès-verbal, « nous avons cessé d'interroger ledit Mary, qui a déclaré que ses réponses contiennent vérité, qu'il y persiste et a signé avec nous, l'accusateur public et le greffier ; et de suite l'avons fait reconduire en ladite maison de justice.

« Signé : Mary, — F.-J. Provost, Gouyard et AudoUent ».

La crainte des Vendéens qui menaçaient Alençon, ayant interrompu la procédure commencée contre ce vénérable religieux, il fut conduit à Chartres, le 25 octobre 1793, et, trois semaines après, transféré à Rambouillet. Rappelé à Alençon à la fin du mois de mars 1794, il fut (le 3 avril) condamné avec M. Besniard à la déportation sur les côtes d'Afrique et à la confiscation de tous ses biens meubles et immeubles (1). Il partit le lendemain pour Rochefort, où l'attendaient tous les genres de souffrances que l'homme peut éprouver sur la terre. Dieu daigna fortifier son fidèle serviteur au milieu de ses maux, et quoiqu'il se donnât bien de garde de s'épargner en secourant ses frères, il survécut quelque temps aux confesseurs de la foi, morts sur les pontons de Rochefort. Mais en sortant du vaisseau pestilentiel, théâtre de ses souffrances, il emporta le germe d'une maladie, qui le conduisit au tombeau peu de jours après

(1) Le même jour, M. Jacques Thibault, curé de Sainte-Marguerile-de-Carrouges, ayant fait attester son état maladif par deux officiers de santé, fut condamné à la réclusion et à la confiscation dé ses biens; Pierre Hubert fut condamné à être renfermé jusi|u'à la paix, comme suspect d'incivisme.

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son débarquement. On croit qu*il mourut dans la yille de Saintes, au mois de février 1795 (1).

Du haut du ciel où régnent maintenant les confesseurs de la foi, dont nous venons de rapporter les actes, ils nous tendent les bras comme à des frères bien-aimés, ils nous appellent à marcher sur leurs traces par la patience, ils nous animent à combattre vaillamment contre les ennemis de notre salut, afin d'acquérir, comme eux, la gloire éternelle. « Soyez », nous disent-ils, « de vrais zélateurs de la loi de Dieu, et donnez, s'il le faut, votre vie pour la foi de vos pères. Souvenez-vous des œuvres qu'ont faites vos ancêtres, dans les siècles passés, et vous recevrez une grande gloire et un nom éternel. Ne craignez point les menaces d*un homme pécheur, parce que toute sa gloire n'est que souillure et corruption. 11 s'élève aujourd'hui et il disparaît demain. 11 rentre dans sa poussière,ettous ses desseins s'évanouissent. Armez-vous donc de courage, ô enfants de Dieu, combattez vaillamment pour la défense de la loi, parce que c'est par elle qu'on va à la gloire ».

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