‹ Les martyrs de la Révolution dans le diocèse de SéezChapitre 8 sur 29 · VI II · texte numérisé non relu

VI II

Le 7 août 1794, M. Jaciiues Loiseau, curé d'Orgères, près Couptrain (Mayenne), reçut à son tour la couronne du martyre. Fidèle au devoir et à l'honneur ecclésiastique, il avait refusé le serment constitutionnel, en 1791. Gommela population de sa paroisse n'était pas considérable, l'assemblée

(1) Hebr., x, 35.

{Si Lettre de M. l'abbé Gei'vaise, aocien cmé de Nécy ; — Lettre de M. l'aljbé .aoretit, curé de Saint-Miii'tîn-de-CoadÉ (Cilvailosi.

oi2 LIVRE II, CHAPITRE m.

électorale ne désigna aucun prêtre pour le remplacer. M. Loiseau bénit le ciel de cette heureuse exception dont il profita pour travailler de toutes ses forces à la gloire de Dieu. Il continua d'exercer les fonctions ecclésiastiques à Orgères jusqu'au mois de juin 1792.

Voyant la vénération qu'on avait dans tout le pays pour ce pieux ecclésiastique, les partisans du désordre n'osèrent l'attaquer directement. Ils se vengèrent de sa charité, en persécutant les honnêtes gens de sa paroisse et ceux des localités voisines, qui abandonnaient les prêtres assermentés pour venir assister aux offices de M. Loiseau. Ils jetaient de la boue aux uns et promenaient les autres sur des ânes dans la posture chère aux amis de la révolution.

M. Loiseau avait un neveu, qui demeurait à peu de distance du presbytère. C'était à lui que les ennemis de la religion s'attaquaient de préférence. Un jour ils le conduisirent sur un âne jusqu'au bourg de Saint-Patrice. Un autre jour, une troupe nombreuse le saisit, malgré les larmes de ses enfants, et le conduisit dans le cimetière, comme pour attenter à sesjours. Après l'avoir accablé d'insultes, on l'entraîna dans une habitation voisine du presbytère. Durant toute la nuit, on le retint prisonnier dans cette maison, et l'on donna un charivari sous ses fenêtres afin d'affliger plus sensiblement le bon pasteur qui était encore retenu au presbytère par sa charité.

Quelque temps après, M. Loiseau fut obligé de quitter sa paroisse, parce que la persécution, devenue plus violente, l'empêchait de trouver un asile. Afin d'être moins éloigné de son troupeau, il se rendit à Alençon, où il se constitua prisonnier. La terreur, qui se répandit dans cette ville à l'approche de l'armée Vendéenne, détermina l'administration départementale à faire conduire les confesseurs de la foi à Chartres et à Rambouillet. Le régime affreux de ces •lifférentes prisons eut bientôt épuisé les forces de M. Loiseau. Vers la fin du mois de juillet 1794, il fut attaqué de la

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