S. Ignace, Ad Magn., 8-10 ; ad Phil
t Les Martyrs
timent qui animait les Juifs contre les chrétiens en s'arrêtant au côté religieux ; il y avait chez les Juifs une sorte d'exaspération puérile et farouche à l'égard de tout ce qui n'était pas des leurs : hostile odiiim adversus alios, dit Tacite. L'esprit mesquin et fanatique caractéristique de la race se retrouve dans les prescriptions qui règlent les rapports entre Juifs et gentils. C'est ainsi qu'il est imprudent de se faire soigner par un médecin idolâtre, raser même par un barbier païen : en revanche, une Israélite ne doit pas coiffer une païenne, de peur de la rendre belle. D'ustensiles de cuisine ayant appartenu à des idolâtres on ne pouvait se servir sans les purifier dans l'eau ou le feu, de leurs couteaux sans les avoir repassés ou enfoncés trois fois en terre. Aux approches des fêtes mosaïques, tout commerce avec les païens était interdit aux Israélites : il est vrai, dit un rabbi, qu'ils pouvaient, même alors, demander de l'argent à un débiteur idolâtre, parce que cela lui serait déplaisant *. » Dans cet ordre d'idées on ne relève qu'un trait commun au judaïsme et au christianisme. Le Talmud permet de fréquenter les marchés païens, bien que consacrés aux idoles, si l'on espère y acheter quelque esclave qu'on pourra convertir: les Constitutions Apostoliques contiennent une disposition analogue '.
A mesure que le temps s'écoulait,Israël gagnait en violence tout ce que le christianisme gagnait en indulgente bonté ; nous en avons la preuve dans la discipline opposée que le Talmud et les conciles prescrivaient à leurs
1. P. Allard, dans La Science catholique, t. IV (1890), 15ocl. 1890. p. 727.