Const. Apost., u
Préface ix
fidèles respectifs, sur la conduite à tenir à l'égard des temples et des idoles. Voici, en résumé, les dispositions du traité Aboda Zara * : « On ne pouvait regarder les statues des faux dieux que lorsqu'elles étaient tombées à terre. Les annuler, les rendre impropres à être adorées par leurs dévots était une joie, un triomphe. On le faisait en les déshonorant par une mutilation, même légère, en leur brisant un doigt, l'extrémité du nez ou de l'oreille, car ces images devaient être intactes comme les victimes qu'on leur offrait. Les stèles païennes s'annulaient par la .simple rupture d'un angle ; quant aux autels, quelques docteurs estimaient qu'il les fallait ébrécher pierre par pierre. Il était pourtant des statues, des bases dont on ne pouvait détruire le caractère impie : celles devant lesquelles un Juif avait fait acte d'adoration. On racontait qu'un homme chargé de briser toutes les idoles d'un bain public, en avait laissé une seule intacte parce qu'un Israélite avait, croyait-on, brûlé de l'encens devant elle. Les piédestaux pendant les temps de persécutions religieuses ne pouvaient pas non plus être annulés, quelque Juif ayant dû être contraint d'y accomplir un acte d'adoration ; il était, par suite, défendu de faire usage des débris qui pourraient en provenir. Une même interdiction irappait tout ce qui avait servi au culte des idoles : les coupes, les instruments de musique dont on avait joué devant elles. » Les chrétiens professaient des principes absolument opposés. « Si un chrétien, dit un canon du concile d'Illiberis, tenu vers 300^, si un chrétien
1 . E . Le Blant, Journal des Savants, cahier de mai 1890 (tirage à part, p. 8).