‹ Les martyrs (volume 2)Chapitre 38 sur 117 · Act., XV · texte numérisé non relu

Act., XV

2, / Cor., \n, 1 suiv. ; cf. Rom., xiv, passlm.

Préface lxi

d après la charité. Puisque ces petits esprits se scandalisent, ne leur en donnons pas l'occasion ; il ne faut pas seulement songer à soi, il faut aussi songer aux autres et ne pas être cause par les choses que l'on mange de la perte de celui pour qui Jésus-Christ a souffert la mort. Beaucoup plus tard, dans les dernières années du siècle apostolique, l'auteur de l'Apocalypse (93-96) disait à l'évèque de Thyatires : « J ai contre toi que tu laisses faire la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, et qui dogmatise, et qui induit mes serviteurs à forniquer et à manger des viandes sacrifiées aux idoles*. wLcs instructions de saint Paul avaient été entendues, et peu à peu son avis prévalut. L'abstinence des viandes fui énergiquement maintenue dans quelques petits groupes destinés à se réduire et disparaître, ebionim, nazaréens, encratites, qui achevaient de discréditer cette observance en la raclant à leurs conceptions plus ou moins hétérodoxes ; cependant il se trouve encore des Eglises à la fin du ii^ siècle dans lesquelles l'interdiction n'a pas été abolie. Parmi les martyrs de Lyon se voit une chrétienne nommée Biblis, qui pendant la torture répond au juge qui espérait tirer d'elle l'aveu des monstruosités imputées à la secte : « Comment voulez-vous que des gens à qui il n'est pas permis de manger le sang des bêtes mangent des enfants - ? » Mais c'était là un fait exceptionnel ; la maxime qui prévalait et agrandissait un peu plus la distance désormais infranchissable entre les deux rameaux sortis d'un tronc unique, c'était l'application générale et rigpu-

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