Jean, xi
Lxxi! Les Martyrs
chargèrent d'amener sa mort et d'y préparer la conscience publique. Il fallait d'abord trouver des griefs qui donnassent lieu régulièrement à une mise en accusation. Ses paroles et sa conduite adroitement travesties s'y prêtaient facilement : mépris du sabbat, prédiction de la ruine du Temple, usurpation du titre de Fils de Dieu, fréquentation des publicains, indulgence pour l'adultère, réhabilitation de Tinconduite, dédain des illustrations et des saintetés officielles. Ce fut probablement vers la fin de la deuxième année de la vie publique de Jésus que l'on prononça contre lui l'excommunication, assez longtemps avant la guérison de l'aveugle-né {'^0 tisri [septembre] de Tan 33). A cette époque, en effet, le Sanhédrin avait prolaoncé l'exclusion de la Synagogue contre les adhérents de Jésus, et le miraculé fut expulsé séance tenante pour avoir témoigné de son attachement à son bienfaiteur'. Il ne s^agissait pas ici de l'excommunication mineure (Niddui) d'une durée de trente jours renouvelable deux ou trois fois, suivant la décision du tribunal, et qui n'allait pas jusqu'à entraîner l'exclusion du Temple'^ L'Evangile mentionne une époque à laquelle le Sauveur s'arrêtait sous le portique de Salomon •*, en dehors du parvis des gentils; il était dès lors séparé du reste des croyants. Un second degré d'excommunication {Cherem], qui entraînait une véritable expulsion de la vie publique*, interdiction de vendre ni acheter en dehors des nécessités de la vie, d'enseigner en public et d'assister aux prédications de la