Act., vm
2. Ad.. XII, 1-4. — BxspiNG, Erklârung der Apostelgcschichte (1871), p. 204 ; W. Meyer, Krit.-exeg. Handbuch ûber die Apostelgesch., (GôUingen, 1835), p. 162.
3. Act., xin. — 4. Act., xiv, 5. — 5. Acf.,xiv, 18. — 6. Act., xvii, 5. 7. Act., XVII, 13. —8. Act.,\vm, 12. —9. Act.,xx, 3. — 10. Act., xxi, 27 8uiv.
Préface Ljcxvii
portera que ce dernier épisode : « Pendant [que Paul et ses quatre compagnons] accomplissaient les sept jours [de la purification], les Juifs d'Asie, ayant vu Paul dans le Temple, émurent tout le peuple et se saisirent de lui en criant : « Peuple d'Israël, au secours. Voici cet homme « qui décrie partout le peuple, et la Loi, et ce lieu ; et « qui a de plus amené des gentils dans le Temple et a « profané ce saint lieu. » Ils criaient ainsi parce qu'ils avaient vu dans la ville Trophime d'Ephèse avec Paul et qu'ils s'imaginaient que Paul l'avait fait entrer dans le Temple. Alors il s'excita une émotion dans toute la ville, et s étant fait un concours de peuple, on se saisit de Paul et on le traîna hors du Temple, dont les portes furent aussitôt fermées. Pendant qu'ils cherchaient le moyen de le tuer, le brilit vint au tribun de la cohorte que toute la ville était en trouble ; à l'heure même, il prit des soldats et des centeniers et courut à ceux qui battaient Paul ; ils cessèrent de le frapper lorsqu'ils virent le tribun avec ses soldats. Le tribun, s'approchant, le fit
prendre, et lorsqu'il fut près des degrés, les soldats
furent obligés de le porter, à cause de la violence du peuple, car une grande multitude suivait Paul en criant : « Il faut qu'il meure. » Il fallut faire fuir le prisonnier sous escorte afin qu'il échappât à une bande de quarante assassins qui avaient fait vœu de ne boire et de ne manger qu'ils n'eussent tué Paul.
Un autre membre du collège apostolique fut victime de la haine des Juifs, Jacques, premier évêque de Jérusalem, raa^'sacré à l'âge de quatre-vingt-seize ans *.
1. EcsÈBE, Hist. ceci., 1. II, c. XXIII : Cf. Ibid. IV, xxii. — Josèphb, Antiq. Jud. XX, ix, 1. — Epiphank, Haeres. i.xxvrn, 14. Sur toute cette
T.XXVIU Les MnrIijTS
Peu de temps après, un épisode tragique fit soudain distinguer les chrétiens des Juifs, et on a jugé sur de bonnes raisons que les Juifs n'avaient pas été étrangers à l'événement. Le 19 juillet de l'an 64, Rome prit feu ' ; ce fut un désastre inouï, l'incendie dura neuf jours ; le peuple campait sur le Champ de Mars lorsque le fléau, que tous croyaient conjuré, reparut sur le Pincio et envahit les baraquements provisoires où la plèbe s'était réfugiée ; cette fois la multitude quitta la ville et s'entassa comme elle put, où elle put : des quatorze régions de Rome, trois étaient consumées, sept étaient en train de s'écrouler, quatre seulement avaient été épargnées *. Le peuple exaspéré cherchait un coupable, une coïncidence étrange le lui indiqua. Le feu avait pris dans les boutiques du Grand Cirque, il avait épargné la région de la porte de Capène, où les Juifs habitaient ; le Trastevère, qu'ils remplissaient presque à eux seuls, était intact; dans leur rude bon sens, les Romains
question des persécutions des chrétiens par les Juifs, voj'ez Dôlun- GER dans Y Akademische Vortrcige. t. I, pp. 214-237 (Zeitschrift fl'tr Kathol. Théologie — Inusbruck, 1892). — G. Rôsel liiden und Christenverfolgungen bis in die ersten Jahrhunderte des Mittelalters (Munster, 1893, in-12), 88 pp.
1. Je m'abstiens de donner ici aucun détail, le succès inouï et tout récent du livre de Henrj'kSienkiewicz « QuoVadis» a autant qu il faut fait connaître l'événement qui s'j' trouve raconté avec un souci historique suffisant. Voir aussi Introduction historique et archéologique à Quo Vadis, par Or.vzio Maruccoi (Paris, 1901, in-12, p. 22-47 et 61-64). et surtout Ph. Fabia, L'adultère de Néron et de Poppée, daua Remiede Philologie, 1897, p. 12-22, él Comment Poppée devint impératrice, même revue, 1897, p. 221-239.
2 Tacite Annal., xv, 38-44, 52 ; Suétone, Nero, 31, 38, 39 ; Dion, Hist.. Lxn, 16-18; Pline, Hist. nat., xvii, 1 ; Jordan, Topographie der StadtRom in Alterthnm (Berlin, 1871) t. I, p. 487 491. Pour la question de l'incendie de Rome et la bibliographie, nous renvoyons à l'ôUVragê de M. Aristide Profumo, L'incmdio neronian».
Préface ^^'"^
accusèrentles Juifs. Or il y en avait beaucoup à Rome et quelques-uns très puissants. Néron était alors amoureux d une femme scélérate nommée Poppée *. C'était une prosélyte fort entourée, malgré sa conduite infâme, de ses nouveaux coreligionnaires qu'elle protégeait ouvertement 2; autour d'elle tournoyait un monde interlope d'esclaves juifs, d'acteurs, de mimes juifs, qui servait d'introducteur auprès de la favorite 3 et dont elle subissait, comme c'est le cas dans ces sortes de compagnies, les exigences menaçantes. Le crédit dePoppée était d'ailleurs sans limites. Néron ne commandait aucun meurtre, aucune exécution politique sans avoir consulté Tigellin et Poppée^ Est-il téméraire de penser que, devant la rumeur menaçante qui grondait, les Juifs aient fait appel à leur protectrice ? celle-ci avait d'autant plus de raison de les écouter que le peuple commençait à articuler un nom, celui de Néron. Il fallait aviser et promptement ; on détourna la colère du peuple sur les chrétiens. « Il est sûrement fâcheux pour les Juifs d'avoir eu leurs entrées secrètes chez Néron et Poppée au moment où l'empereur conçut contre les disciples de Jésus une odieuse pensée ^
1. JosÈPHE. Antiq. Jud., XX,vni, 11; Vita,3 ; esocrsêr.c yôp Tjv. Cf. Tacite, Annal , xvi, 8 ; Hist., v, 5. Poppée était femme d Othon qu'elle fit exiler, et elle obtint, après s'être donnée à Néron, la mon d Octavie, femme légitime de l'empereur.
2. JosÈPHE, /oc. cit.. XX. vin, 3, 11 ; xi, 1 ; Bell. Jud., IW, ix, 2.
3. En particulier le mime Alyturus. Cf. Josèphe. De vita sua, 3.