‹ Les martyrs (volume 2)Chapitre 53 sur 117 · Renan, VAntechrist, p. 159-lfil · texte numérisé non relu

Renan, VAntechrist, p. 159-lfil

4. Acta 'Pétri et Paiili, 78 ; Pseudo-Marcellus ; Pseudo-Linus ; Pskuuo-Abdias, 1, 18 ; Hégjîsippe, III, 2 ; Grégoire dk Tours, Hist, *ccl., I, 24.

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ceux qu elle nous montre au nombre des victimes de la haine juive se trouve le deuxième évêque de Jérusalem, saint Siméon, qui, âgé de cent vingt ans, fut victime de mouvements dirigés par les Juifs et les hérétiques ébionites, esséens, elkasaïtes contre les chrétiens, dans diverses villes de Judée (117) *. Cette alliance des Juifs et des hérétiques nous explique un texte assez obscur dans lequel l'empereur Hadrien communique en ces termes à son beau-frère Servianus son jugement sur Alexandrie : « Cette Egypte que tu me vantais, mon cher Servianus, je l'ai trouvée légère, suspendue à un fil voltigeant à chaque souffle de la mode. Là, ceux qui adorent Sérapis sont en même temps chrétiens, et ceux qui se disent évêques du Christ sont dévots à Sérapis. Pas un président de synagogue juive, pas un samaritain, pas un prêtre chrétien qui ne cumule ses fonctions avec celles d'astrologue, de devin, de charlatan. Le patriarche [des Juifs] lui-même, quand il vient en Egypte, est forcé par les uns à adorer Sérapis, par les autres à adorer Christus'.» Il n'est pas douteux que le très dédaigneux empereur n'ait

1. Hégésippe, daus Eusèbe, Hist. eccl., III, 32. Cf. H. Dodwell, Dissertationes Cgprianicae ; Dissert, de paucitate niaityruni, c. xxi. — MosHEisi, De rébus Christianorum unte Coustaiitiniuii (Helmstadl, 1753 , p. 234 ; MosHELM, Kirchegensch .des .Veiie;i Testam. (Leipzig, 17G9),t. I, p. 336. — Hemgenrotheh, Handhncb der allgeni. Kirchengesch. (Freiburg, 1876), 1, p. 86. — Rosel, lue. cit., p. 53.

2. Vopisccs, Vita Firmi, Saturnini, Proculi el Boiiosi, § 8 Scriptores hist. Augustae, edd H. Jordan et Fr. Eyssenhardt. t. II, p. 207 . — E. Precschen, Xûrzere Texte zùr Geschichte de ralten Kirche und des Kanons Freiburg, 1893), p. 19. — Cf. Hadsrath, Neatestanientl. Zeitgeschichte, t. III, p. 354. — Weingarten, Z)er Ursprung des Mônchtums (1877), p. 43 suiv. — Mommsen, Rom. Geschichte, t. V.p.585 —Renan, L'Eglise chrétienne p. 188-190 — P. Allahu, Hist. des ptisecutions. t. 1, p. 237. — Batiffol, L'Églis* naissante, dans la Revue bibliaue, t. m (1894), p. 519.

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pris pour de véritables -chrétiens ces sectaires qui adoraient dans leur syncrétisme bizarre le Christ et Sérapis et chez lesquels le patriarche des Juifs, lors de ses voyages en Egypte, venait faire ses dévotions. Cette distinction que ne savait pas faire Hadrien allait être une fois de plus rendue évidente lors de la révolte de Bar Coziba, qui dura trois ans et fut également cruelle aux Romains et aux chrétiens à qui leur loyalisme envers l'empire était imputé à crime. Désormais ceux qui refusaient de reconnaître le caractère messianique de l'imposteur et de s'allier à lui n'étaient pas moins maltraités que ceux qui refusaient de renier et de blasphémer le nom de Jésus. Les uns et les autres étaient flagellés, torturés, mis à mort * ; peut-être, l'évêque de Jérusalem fut-il victime de ces violences *. Il se peut que nous ayons l'écho de ces événements dans une phrase de l'épître à Diognète : « Les Juifs, y est-il dit, font la guerre aux chrétiens comme aux étrangers, et pendant ce temps les gentils les persécutent '. » Quand la guerre fut finie, Rome se montra reconnaissante pour ceux qui ne lui avaient pas rendu le mal pour le mal *. Les membres de l'Eglise de Jérusalem furent dispersés en leur qualité de circoncis (car l'expulsion n'exceptait aucun Juif d'origine), mais à leur place il se forma dans la ville nouvelle, dans ^lia Capitolina, une église composée de païens convertis dont

1. S. Justin, Apol- 1, 31. Cf. Gratz, Gtsch.der Juden,t. IV, p. 150.<

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