‹ Les martyrs (volume 2)Chapitre 54 sur 117 · EusÈBE, /fisf . eccl., IV · texte numérisé non relu

EusÈBE, /fisf . eccl., IV

3. Epist. ad Diognetem, 5 (édit. Funk, t. I, p. 318, où ce texte est. rapproché de Justin, Apol. i, 31, dont il serait contemporain, Prolegowena, p. en, ligne 4-5).

4. lit] ^ouXo|Ji£Vou<; xatà 'Pio|jia(a)v aufijjiaxew. Eusèbe, Chron. ad aan. 17 Adriani.

Préface lxxxiii

l'évêque, le premier incirconcis qui se soit assis sur la chaire épiscopale de saint Jacques, s'appelait Marc *. Cette minuscule conséquence d'un grand événement fut à peine remarquée, cependant elle acheva de briser le dernier lien qui rattachait un petit groupe de fidèles aux coutumes juives et aux plus lointains débuts de l'Église chrétienne.

Ce n'était pas seulement en Judée, mais dans tout l'empire que s'accusait la rupture entre chrétiens et Juifs.

Polycarpe, évêque de Smyrne, ayant été arrêté la veille au soir par Vofficiam, fut amené dans la ville le lendemain 23 février de l'an 155, jour du grand Sabbat.

On le conduisit devant le proconsul qui l'interrogea ; mais il ne put en rien tirer ; alors il envoya le héraut au milieu du stade crier par trois fois : « Polycarpe s'est avoué chrétien. » Aussitôt, dit la lettre des chrétiens de Smyrne 2, la foule des païens et des Juifs, très nombreux à Smyrne, hurla : « Le voilà, le docteur de l'Asie, le père des chrétiens, le destructeur de nos dieux, celui qui enseigne à ne pas sacrifier, à ne pas adorer ^ ». « En moins de temps qu'on n'en met à le dire, continue la lettre, la foule se répandit dans les boutiques et les bains pour y chercher du bois ou des fagots; les Juifs montraient à cette besogne, selon leur habitude, un zèle tout particulier *. » Quand le vieil évêque fut mort, les chrétiens s'apprêtaient à recueillir ses cendres; a cependant,

1. EusÈBE, Rist. eccL, iv, 6. Cf. Orose, Adv. Paganos, vu, 13.

Page 1