Epi*t. ad Çarolam magnum ; P. L., t. XCVIII, col
cxiT Les Martyr*
un jeûne, mais rien n'indique l'usage d'une vigile avec l'office et les lectures propres à la fête du martyr *. A Rome, on célébrait avec solennité au rv^ siècle la fête de saint Hippolyte, et Prudence, qui l'a longuement décrite, ne parle en aucune manière de la ^^gile ^. On pourrait donc être tenté de croire que la proscription des Actes des martyrs parmi les lectures liturgiques, à Rome, ne visait que la solennité^de la messe, si un écrivain du ve siècle, l'auteur du De haeresi praedesiinatorum, ne nous parlait de la célébration des vigiles des martyrs ; il rapporte en efifet que la basilique des saints Processus et Martinien, située au 2^ mille de la voie Aurélienne, fut retirée à le secte des TertuUianistes qui y avaient installé lem* culte (392-394) et désormais, ajoute l'anonyme, la célébration des vigiles des martyrs put y être reprise : Martyrum suorum Deus excubias catholicœ fest'wilati restituit ^. Cette installation date au plus tard du pontificat d'Innocent ï". Un autre texte tout romain, ne laisse plus de doute sur la célébration de la vigile des fêtes des martyrs. Nous lisons dans la vie latine de sainte Mélanie que ses parents s'opposèrent à ce qu'elle allât assister à la vigile en l'honneur de saint Laurent dans la basilique de ce saint *. Nous avons une preuve directe de l'introduction des passiones martyrum dans les lectures de l'office de nuit, mais ce n'est guère avant le viii' siècle, ce qui s'accorde assez avec les paroles du pape Hadrien que nous avons citées. « A la fin du manuscrit Parisinus 3836, du vni^ siècle, en écriture minuscule, on trouve un Ordo canonis decantandi in ecclesia sancti Pétri, où, après
1 Passio S. Pionii, 2, dans Ruinxrt, Actasincera, in-i". Parisiis, 1689, p. 124. Cf. L. Duchesne, Origines du culte chrétien, in-S» Paris, 1898, p. 272 sq.