‹ Les martyrs (volume 2)Chapitre 68 sur 117 · Sidoine Apoll., Epist. eyn · texte numérisé non relu

Sidoine Apoll., Epist. eyn

LES WARTYHS. — T. ÏV.

cxviii Les Martyrs

acieni dispersa mansuetam ce[ntuple]x decimatis fructus ad~ criscerit et hodie in prosperum subfragante [eafe/ijus [e]/[i5'er]entur singoli donec simul collegerentur elicti ex consu[etudine) s]eries licte passionis exple[c{uit) '

L'Eglise de Milan a conservé jusqu'à nos jours quelques vestiges de cet usage ^, et on y peut entendre le lecteur entonner à la messe, du haut de l'ambon auquel monteront successivement le chantre, le sous-diacre, le diacre enfin, une leçon qui n'est pas la leçon scripturaire attendue, mais la passion de quelque ancien martyr.

La liturgie mozarabe se rattachait particulièrement sur ce point à l'usage romain en excluant, quoique d'une façon moins absolue peut-être, les actes des martyrs des lectures de la messe. Il ne serait pas impossible que sur ce point et sur plusieurs autres les Eglises d'Espagne aient suivi plusieurs usages enchevêtrés tant bien que mal les uns dans les autres, comme une phrase de saint Braulion de Saragosse nous invite à le penser ; cependant, en règle généi'ale, les actes des saints n'étaient pas lus à l'autel '. C'est donc dans l'office canonial qu'il faut chercher à suivre les fortunes que coururent les Actes des martyrs.

Vers le milieu du viiie siècle, en 741, les anniversaires des martyrs étaient encore localisés à l'endroit où étaient déposées leurs reliques, locus depositionis, ou bien, à mesure que l'insécuiité des cimetières suburbains provoqua l'immigration de leurs corps dans l'intérieur de la ville *, on célébra ces anni-

1. Œuvres complètes de saint Avit, édit. U. Chevalier, in-8"", Lyon, 1900, p. 337.

2 Voyez une description en style romantique de cet usage dau» Paléographie musicale, in-4<>, Paris, 1897, t. V, p. 188.

3. Missale mixtum, édit. F. -A. Lobknzana (Romae, 1745^, p. 374, note. Cf. Braulio Caesaraugustanus, Vita S. Aemiliniii, dans Mabili,oN, Acla sanct. O. S. B., saec. i, t. I, p. 20.'), P. L., t. LXXX, col. 701, n» 2.

4. En 648, les corps des saints Prime et Félicien sont ramenés de Nomento ; en 682, ceux de Simplicius et Faustinus sont ramenés de Porto ; en 756, l'exode fut plus nombreux à la suite du siège par Astolpbe ; en 817, le 20 juillet, on ramena dans la ville 2300 corpt des catacombes ; c'étaient, paraît-il, tous corps de martyrs. De Rossi, Roma so»«rr., t. I. p. 721.

Préface aux

versaires dans les églises titulaires de ces martyrs, locus tituli. Nous ne savons guère en quoi consistaient les anniversaires des martyrs pendant la période qui précéda immédiatement le siège de 756 et la translation des corps les plus illustres dans l'intérieur de la ville. Le Liber Pontifîcalis nous apprend que sous Grégoire III (731-741) ces anniversaires se célébraient encore paides vigiles dans les catacombes : Disposait ut in cimiteriis circumquaque positis Romae in die nataliciorum eorum luminaria ad vigilias facienduni... deportentur *. S'il faut juger de la com position de ces vigiles par celle d'un office en l'honneur des saints dont on célébrait l'anniversaire chaque jour dans un orali)ire de la basilique de Saint-Pierre après le chant de vêpres devant l'autel de la confession, il faudra réduire ces vigiles à assez peu de chose, puisque l'office en question, réglé par le même pape Grégoire III, dont nous venons de parler, consistait dans le chant de trois psaumes suivis d'une leçon tirée de l'Evangile et d'une collecte eu l'honneur des saints dont ou célèbre en ce jour l'anniversaire ^. On ne voit dans tout cela aucune mention des actes sur lesquels semble peser le discrédit qui les avait frappés à Rome depuis des siècles. Mgr Duchesne estime tjue l'institution de Grégoire III ne s'est pas soutenue. Mgr Baliffol juge qu'elle s'est promptement étendue à toutes les basiliques urbaines. II y a ici un document quelconque qui nous fait défaut et qu'il semble périlleux de reconstruire ou plutôt de créer de toutes pièces en l'absence de tout élément historique. L'office composé par Grégoire III pour l'oratoire de Saint-Pierre ofifre-t-il quelque ressemblance avec ce qui se faisait aux vigiles des catacombes ? marque-t-il un acheminement vers un type plus compliqué que nous allons voir en usage dans le dernier quart du vni* siècle ? aucun texte ne nous permet de le dire. Ce qui est incontestable, c'est que l'ostracisme qui écartait des lectures liturgiques à Rome les Actes des maii:yrs avait pris fin à une époque que nous n'avons aucun moyen de préciser ; toutefois ces lectures étaient, semble-t-il, plutôt tolérées que permises.

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