Ibid., t. I, p
cxz Le» Martgrs
h'ordo de la Vallicellane nous apprend que sous le pontificat du pape Hadrien (772-79n) les Actes des martyrs passèrent de l'église où se célébrait le culte du martyr dans l'office que l'on Taisait à Saint-Pierre en l'honneur de ce même martyr : Passioneg sanctorum vel gesta ipsorum usque Adriani tempora tantummodo ibi legebantur ubi ecclesia ipsius sancti vel titulus erat : ipsc vero a tempore suo rennuere jussit et in ecclesia sancti Pet ri legendas esse constituit *. Cette innovation marquait l'introduction définitive et envahissante du sanctoral comme partie intégrante de l'office canonial romain à l'époque où l'engouement des évêques franks et l'immixtion de Pépin et de Charlemagne substituaient aux vénérables rites des Eglises gallicanes les rites romains, non moins respectables assurément, mais auxquels on n'avait pas peut-être de bien solides raisons de sacrifier des usages éprouvés depuis cinq siècles, agréés pailes papes, aimés parle peuple, et qui avaient suffi à la conversion des barbares, à la sanctification des fidèles et à l'élévation de la Gaule au premier rang parmi les nations chrétiennes. La place faite à l'office sanctoral fut d'abord assez écourtée ; loin de se substituera l'office dominical ou férial, il s'y ajoutait, c'est-à-dire qu'on exécutait l'office du temps et ensuite l'office du saint, de même qu'aujourd'hui nous ajouterions l'office des morts à l'office du jour ^. Ce régime dura peu de temps ; l'office des saints se fondit vite dans le grand office quotidien, à l'époque d'Araalaire l'opération était achevée, h'ordo de la Vallicellane distingue dès lors deux degrés dans les fêtes des saints : les fêtes mineures et les fêtes majeures. Celles-ci étaient conçues
1. Cod. Vallicell. D. S. {x*-V siècle). Ce ms. publié par Tommasi, Opéra t. IV, p. 321-327, peut représenter une rédaction des dernières années du vin* siècle d'un ordo romain adapté aux coutumes d'une église cathédrale non encore identifiée. L ordo anonjme, publié par M. Gerbert, Monum. vet. liturg. alemanicae, in-i", Saint-Blasien, 1779, t. II, p. 181, et par Batiffol, loc. cit.. p. 339, devait être à l'usage des monastères basilicaux du vni' siècle ; on n'y parle que de sancti principales, ce qui implique au moins une autre catégorie, et revient à la musique de l'orcfo de la Vallicellane qui distingue Ie« fêtes majeures des fêtes mineures.
2. BATirroL, Hist. du bréuiaire romain, in-12, Paris, 1893, p. 121.
Préface cxxt
sur le plan des offices de Noël, de l'Epiphanie, de l'Ascension, avec leurs neuf psaumes, leurs neuf leçons et autant de répons '. Ces neuf leçons étaient empruntées aux actes du saint; mais une critique inégale avait présidé à leur choix. « L'office des saints Pierre et Paul, dit un érudit *, appartenait à la basilique de Saint-Pierre. Ici point de trace de textes légendaires : les leçons étaient empruntées aux Actes des apôtres et aux Pères les plus classiques, saint Augustin, saint Léon, saint Jérôme*. Les antiennes et les répons étaient des cantons scripturaires ou s'inspiraient de très près de l'Ecriture. Au choix sévère du texte de cette littérature liturgique, on reconnaît l'école à qui nous devons le texte du responsoral du temps. Il n'y avait qu'un répons de l'office du 29 juin qui ne fût point biblique, et il est comme la marque même de la basilique Vaticane, pour laquelle il avait été composé : c'est le répons Qui regni claves, qui reproduisait le texte de l'inscription métrique gravée, par le pape Simplicius (468-483), au-dessus de l'entrée de la basilique *. Ce même répons avait pour verset un beau distique qui se lisait au vn* siècle dans la basilique de Saint-Pierre, in icona sancti Pétri.
«. L'office des saints apôtres Pierre et Paul était", avec l'office de saint Jean-Baptiste, un des rares offices sanctoraux qui fussent fidèles à l'austère tradition de l'office du temps. Les autres offices propres avaient sacrifié au goût de la légende et de la littérature légendaire. Les antiennes et les répons de l'office de saint André étaient empruntés à ces Acta Andreae que pourtant le catalogue gélasien des livres apocryphes avait rigourenseraent condamnés ; et l'on chantait, dès le viii» siècle, le réponis 0 bona criix, qui est, au demeurant, une admirable chose, sans plus reconnaître le gnosticisme que les théologiens y ont signalé de nos jours.
« Les Actes de saint Laurent avaient fourni le texte des antiennes et des répons de son office. De même pour sainte Cécile, pour