Id., ibid., p
cxzn Le» Martyr*
saint Sébastien, pour sainte Agnès, pour saints Jean et F'aul, et bien d'autres, sans oublier saint Martin. Plus heureuse, la vierge Marie avait trouvé à Sainte-Marie-Majeure une presque aussi sévère école que les Apôtres à Saint-Pierre. Les mauvais textes n'eussent pas manqué à des fêtes comme celles de la Vierge : les cantilénistes romains voulurent ne demander qu'à la sainte Ecriture le thème des louanges de Marie.
« On ne s'étendra pas davantage sur le sanctoral romain de la fin du viii* siècle. Mais ce qui vient d'en être dit suffit à montrer comment, non seulement l'office sanctoral, accession tardive à l'office canonique des basiliques, n'avait pu s'y faire sa place qu'en restreignant et en mutilant ce vieil office, mais encore comment il avait consacré l'introduction dans le style liturgique d'éléments littéraires sensiblement moins purs. »
L'office romain ne subit pas de modifications sensibles jusqu'à la fin du XII* siècle'. Vers cette époque (1161-1165), un charmant écrivain, Jean Beleth, écrivit un traité liturgique qu'il intitula le Rationale, et qu'il data de Paris: apud nostram Luletiam. Il nous y apprend que les clercs de son temps étaient fort paresseux : « Hélas ! dit-il, la raison d'être du culte divin est à ce point perdue de vue, que les écoliers se lèvent aujourd'hui de meilleure heure que les ministres de l'Eglise, et que les passereaux chantent plus tôt que les piètres, tant la cliaiité s'est refroidie dans le cœuj- des hommes. » La consétiuence de ce relâchement fut qu'on abrégea l'office ; diverses parties étaient déjà tombées petit à petit ; la réforme proposée au xi»" siècle, que l'opposition de Grégoire Vil avait rendue impossible, s'était soldée par de nouvelles coupuresdanslelectionnaire dans lequel on pouvait tailler à discrétion. « Que l'on compare les honiiliaires du ix" siècle, par exemple l'homiliaire de Paul Diacre, aux homiliaires du xi^ et du xii» siècle, et l'on verrala différence de longueur des leçons indiquées à deux siècles de distance pour une même fête. Dom S. Bœumer, dont on apprécie ici particulièrement les contributions à l'histoire du Bréviaire pour l'ampleur des recherches
1. P. Batiffol, loc. cit., p. 142. Cf. D. Sumbekt BiGUMUR, Geschichtê des Breviers (Freiburg, 1895, in-S"), p. 305 suiv.
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qu'elles représentent, dom Baeumer a fait sur ce point particulier d'intéressantes observations '. Il a étudié une riche série de manuscrits des ixe, x», xie, xiie siècles, manuscrits provenant d'Allemagne, de Suisse, de Belgique, de France, lectionnaire». homiliaires, passionnaires ; et il a relevé partout les renvois, œuvres de mains tardives et pour la plupart du xii» siècle, qui ont pour but de déplacer Vexplicit de la leçon et de la rendre plus courte. Ce fut un des points de la réforme de Cluny, au xi« siècle, d'essayer de rétablir les longues leçons tombées dé sormais en désuétude : de faire, par exemple, de l'épître aux Romains la matière de six leçons, ou de lire toute la Genèse au chœur en une semaine. Il fallait que la leçon fût assez longue pour permettre au frère, qui, une lanterne à la main, allait s'assurer si personne ne dormait dans l'église, de faire tout le tour du chœur et des bas-côtés. Mais cette coutume de Cluny était tenue pour singulière et exagérée. La coutume contraire était générale, et Jean Beleth lui donne l'autorité d'une règle quand il dit qu'il faut abréger même les passions des martyrs ^. »
Une autre évolution liturgique était proche alors qui devait donner naissance au Bréviaire de la Cour romaine. Le plus ancien témoin que nous ayons de cette réforme est un manuscrit du Mont-Cassin de l'année 1L)99 ' copié pour l'usage deTabbaye, comme en témoigne le calendrier. Ce beau volume ne contient pas le texte de l'office propre du temps et de l'office propre dea saints, mais nous trouverons précisément ces lacunes comblées dans un manuscrit contemporain de celui-ci, également copié au Mont-Cassin *, à la fin du xi= siècle, et qui renferme les leçons scripturaires, les leçons patristiques et les leçons hagiologiques de l'office du temps el de l'office des saints. Il n'est pas aisé d'établir les points capitaux de l'histoire de ce bréviaire qui de-
1. D. S. BjEUMER, Beitrcige zur Geschichte des Brevien, dans Der Katholik (de Mayence, 1890), t. II, p. 406408.