SUIT
4. Cod. Caainentis, 110. Cf. Bibliotbeca Casinensis, t. III, pp 1-22.
cxxiv Let Martyr»
meure inconnu pendant le xii* siècle à Abailard, à Jean Beleth, à Sicard de Crémone, et qui apparaît à Rome sous le pontificat du pape Innocent III, au début du xm" siècle (25 mai 1205), avec ce titre : ... « breviaria caeterosque libros, in quibus officium ecclesiasticum secnndum instituta sanctœ romance Ecclesiœ continentur * ». C'est à peu près le titre que vont porter les bréviaires depuis le xiii^ jusqu'au xvi" siècle : Breviarium de caméra ou Breviarium secundum usum romance curiœ. Ce furent ces livres, si bien appropriés à leur vie nomade, qu'adoptèrent les Frères Mineurs ^, en les corrigeant néanmoins à leur usage, et l'immense développement que prit l'ordre popularisa cette seconde édition du bréviaire d'Innocent III, tellement que Nicolas III (1277-1280) « fit supprimer dans les églises de Rome tous les antiphonaires et autres livres de l'ancien office, et ordonna que désormais les églises de Rome se ser\'issent des livres et bréviaires des Frères Mineurs ' ».
Ce qui nous intéresse exclusivement ici dans la composition de ce nouveaulivre d'office, c'est le traitement fait au lectiornaire. C'est une des parties qui se sont le plus ressenties de la réforme. Les leçons de l'Ecriture sainte ont été réduites à quelques lignes dont la brièveté laisse parfois à peine saisir le sens, les sermons et homélies ont été traités de la même manière, mais on a introduit de nouveaux auteurs, particulièrement Origène et le vénérable Bède ; quant aux légendes sanctorales, elles « ne sont plus que des résumés, sur le modèle des notices du martyrologe d'Adon ».
« Raoul de Tongres, bien justement, ne voit pas un progrès dans cette transformation du lectionnaire : il regrette les « sermones et homilias intégras, passionesque sanctorum... », dont se servaient autrefois les églises de Rome. Il regrette la liberté
de choisir le texte des leçons, « et hujusmodi in copiosa mul-
titudine », que l'ancien usage laissait à chaque chœur. Raoul de Tongres voudrait que l'Ecriture sainte constituât la lecture