Je ne cite ici que les mart3rr
'À. Cf. D Germain Morin, Les leçons apocryphes du Bréviaire romain, dans la Revue btnidictiM(l&9l), p. 270, «1 O. Scitbert Bavmkr. lot. ait., p. 623 aq.
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qui lui étaient soumis. II ne faut d'ailleurs tenir compte dans cette dernière tentative que des intentions, car tant de travail n'aboutit à aucun résultat positif. Le pape fut mécontent des conclusions de la congrégation, ce que voyant, il résolut de refaire lui-même la réforme du Bréviaire : « Nous nous sommes embarqués, dit-il au cardinal de Tencin, à nommer une congrégation, qui finalement nous a communiqué ses sentiments si confus, si embrouillés, si contradictoires , qu'il y a plus de travail à la corriger qu'à corriger le Bré\'iaire. Si Dieu pourtant nous donne vie et santé, nous ne manquerons pas de faire encore la nouvelle édition du Bréviaire corrigé * » ; et un mois plus tard : « Quant au Bréviaire romain, dit-il, nous avons repris la matière. Mais pour en venir à bout, il faudrait avoir plus de temps à y consacrer que nous n'en avons, étant au vrai non pas assiégé mais accablé de besogne - », La pensée ne devait plus quitter le grand pape. «Il nous reste, écrivait-il en 1755, deux tâches à accomplir : l'une relative aux sacrements, dont l'administration réclame, dans l'Eglise orientale, de nouvelles règles ou de nouveaux éclaircissements ; l'autre est une honnête correction du Bréviaire — l'altra è un onesta correzione del nostro Breoiario. — Nous ne récusons pas le travail, ayant déjà notre magasin rempli de matériaux — Noi non ricusiamo la fatica, avendogià il magazino pieno di materiali ^ » - Il y pensa jusqu'à ses derniers jours, préoccupé de l'accueil que feraient les critiques à son ouvrage, car, disait-il, le siècle est difficile à contenter — Il secolo présente e di contentatura difficile *. Cette lettre est du 16 avril 1758 et, le 4 mai, le pape était mort. La partie historique du Bréviaire ne devait plus désormais jusqu'à nos jours provoquer aucune tentative de f"éforme. Cependant
1. Benoît XIV à Tencin (7 août 1748). Corr. de Rome, t. 796, f.
2. Benoît XIV à Tencin (25 sept. 1748). Corr. de Rome, t. 796, f.
3. BENorr XIV à Peggi (13 août 1755) ; Khads, Briefe Benedicts XIV an den Canon Fr. Peggi in Bologna, in-8°, Freiburg, 1884, p. 115.
^ 4. Benoit XIV à Peggi (16 avril 1758) ; ibid., p. 134 Cf. les lettres à TxNCiN, des 26 avril 1743 et 3 mai 1743, dans Batifvol, op. eit^ |p. 319 sq.
cxxxvin Les Martyrs
de temps à autre une retouche de détail est venue témoigner de la persévérante sollicitude de l'Eglise de Rome pour la valeur rritiquc des récits qu'elle maintient à l'office canonique. Ainsi, on 1883, le pape Léon XIII corrigeait la légende de saint Silvestre (31 décembre), dont il retranchait le récit de l'apparition des apôtres saint Pierre et saint Paul et transformait en une maladie toute spirituelle la lèpre dont les anciens récits déclaraient atteint l'empereur Constantin '. Enfin, il n'y a que peu de temps était promulgué un décret pontifical aux termes duquel, sur la proposition de S. Em. le cardinal Ferrata, le pape Léon XIII instituait une commission historico-liturgique ayant pour mission d'étudier les questions historiques se rattachant à la liturgie et à l'hagiographie ^. La commission est ainsi composée : Me"" Duchesne, membre de l'Institut, président ; Mgr Wjlpert ; le R. P. Ehrlé, préfet de la bibliothèque Vaticane ; le R. P. Robeiii, Dom Umberto Benigni, le D"" Merq^ti. A cette commission seront adjoints des correspondants de diverses natjons. Ainsi qu'on le voit, la tradition se perpétue d'une correction progressive des livres liturgiques de l'Eglise, dans le but d'en écarter les affirmations historiques nettement contraires aux faits définitivement établis ou rejetés par la critique ^.
1. Cf. Analecta boUandiana, t. XIV, 1895, p. 351. Sur cette question voir le consciencieux ouvrage de A. Houtin, La controverse de VqpostnlicUé des Eglises de France au XIX* siècle, in-S», Paris, 1901, 2* édil., p. 31 sq.
2. Sacra rituum Congregatio, }>robante SSmo Dno nostro Leone Papa XIII, peculiarem commissionem historico-liturgicam constituit, ifuam constare voluil ex sex eximiis sacerdolibus RR. DD. Aloisio Duchesne, Josepho Wilpert, Francisco Ehrle, Josepho Roberti, Humherto Benigni et Joanne Mercati. Atqiie insuper, annuente eodem SSmo Dno nostro. Sacra eadem Congregatio sibi facultatem reserimvit seligendi in posteruin nonnuUos socios consulentes qui ad opus apti videantur. Contrariis non obstantibus quibuscumque . — Die 28 novembris 1902. — D. Card. Ferrata, Pro-Praef. ; D. Panici, Archiep. Laodicen., Secret. Cf. Ephemerides liturgicae, t. XVII, 1903, p. 18.
3. En présence de ces faits, on voit que l'on peut négliger les observations d hommes comme l'abbé Davin ou l'abbé Pillet (de Lille, depuis Mgr), qui ne paraissent pas se douter de ce mouvement.
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La nomination de cette nouvelle commission a provoqué, ainsi qu'on devait s'y attendre, plusieurs écrits dont les concl^sions paraissent assez discutables ^. L'un de ces écrits copstate les corrections introduites lors des revisions et des réformes successives du bréviaire, mais il paraît probable qu'il ne les approuve guère, puisque tant de corrections ne tendent guère, selon lui, qu'à démontrer péremptoirement « que l'Eglise ne peut nous donner pour vrais les récits du bréviaire ^ ». La conclusion peut sembler un peu générale. A ce compte, les errata indiqués dans Y Annuaire du bureau des longitudes ne serviraient qu'à prouver que les calculs qu'il contient sont inutilisables. Hâtons-nous d'ajouter que dans la pensée del'auteur sa remarque implique, non un grief, mais un éloge. « Les faits contenus dans le bréviaire, dit-il, peuvent être garantis par l'Eglise comme édifiants,... ils ne sont pas garantis comme vrais ' >-. Mais comment l'Eglise pourraitelle garantir comme édifiant ce qui n'existe pas ? Quel moj'en de s'édifier par un récit historique si les personnages et les événements de ce récit sont simplement imaginaires ? On pourra s'y instruire sur l'évolution de la littérature hagiographique, s'v li'VTer à des remarques érudites sur la formation et le développement des légendes, on ne pourra s'y édifier. Qu'on ne s'y trompe pas : à l'heure où l'Eglise introduisait ou maintenait dans la partie historique des livres liturgiques les récits dont elle garantissait alors la vertu d'édification, elle se croj-ait en mesure d'en garantir la véracité, et cette dernière considération apparaît évidente dans les revisions et réformes sur lesquelles nous sommes suffisamment renseignés. La formule ; « legilur ex veteribus annalibus : On lit cela dans de vieux auteurs », paraissait
1. Une dissertation a paru dans un périodique fort considéré, la Revue du Clergé français, t. XXXIll, 15 février 1903, p. 587-598, sous ce titre : Bréviaire et critique, et sous la signature Paul Lejay. II y a lieu de prévenir la confusion que l'on pourrait introduire entre cet auteur, qui est laïc (p. 587), et son homonyme, M. Paul Lejay, prêtre et professeur à l'Institut catholique de Paris, dont la critique ne s'est jamais accommodée des imaginations exposées dans la susdite dissertation et dont nous allons parler.