Ibid.. col
%xvi Les Martyrs
Bible que saint Cyprien puisait non seulement ses preuves, mais la suite même de son texte, et c'est par ce texte tout seul ainsi centonisé, sans aucun commentaire, qu'il argumentait. « En discutant avec les gentils, dira plus lard saint Augustin, je montre par ces textes l'accomplissement des prophéties. Mais, ajoute-t-il, le païen doute, craignant qu'ils n'aient été supposés par moimême. Or, celui-là qui les conserve, c'est notre ennemi, auquel les ont transmis ses pères. Ainsi, je prouve en même temps au juif que je connais les prophéties et leur accomplissement, et au païen que je ne les ai pas inventées*. »
Avant d'en venir aux prophéties elles-mêmes, on s'attachait aux prophètes et au traitement que Jésus avait reproché aux Juifs de leur avoir fait subira On leur prouvait en leur citant le témoignage d'Elie •* et celui d'Esdras * qu'ils les avaient mis à mort. Ce reproche reparaît dans la belle invective du vieux prêtre de Smyrne, Pionius, que les Juifs entouraient et dont ils réclamaient la mort. S'adressant aux fidèles, Pionius leur dit, en montrant les Juifs : « Ne soyez pas avec eux !... Nous n'avons pas, nous, tué les prophètes. Fuyez ceux qui ont trahi et crucifié le Seigneur 5. » Toute cette antique histoire d'Israël ne se prêtait que trop aux amers reproches ; les rechutes continuelles dans l'idolâtrie, l'incontinence, la cruauté du peuple élu attirant sur lui ces terribles