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5. E. Cosquin, La légende des saints Barlaam et Josaphat, dans la Revue des Questions historiques, octobre 1880 ; Kuha, Barlaam und
Préface txiA
leur vie est une adaptation de la légende de Bouddha et qu'ils n'ont jamais appartenu de près ni de loin au christianisme. Pense-t-on que les âmes seront plus désorientées par la disparition de ce couple intrus que par son maintien au martyrologe ? Il faudrait mal connaître le vif sentiment de loyauté qui inspire un grand nombre de chrétiens pour penser ainsi.
L'auteur constate ensuite que les leçons du bréviaire empruntées à l'Ecriture sainte pourraient bien solliciter des remaniements et qu'on serait amené logiquement à « marquer le caractère légendaire et parénétique de certains récits ' ». Voilà une étrange confusion. S'il s'agit d'Ecriture sainte, c'est-à-dire de textes inspirés, il est manifeste que la question historique y est commandée par la question théologique, et la revision du bréviaire ne veut atteindre que les récits historiques, elle laisse à d'autres études les questions bibliques et d'inspiration. Sous prétexte d'élargir le débat, il ne faut pas en sortir. Il reste acquis que ce qui n est pas vrai est faux, ce qu'on sait faux et qu'on présente comme vrai sans aucun avertissement est mensonge ; nous persistons à croire que l'Eglise n'est pas radicalement inhabile à dire la vérité sur la vie de ceux de ses enfants qui l'ont glorifiée. Il nous resterait à passer en revue plusieurs fantaisies assez plaisantes. En voici une. « Le bréviaire, nous dit-on, est une cathédrale ^. » Jamais de la vie, pas plus qu'une cathédrale n'est un bréviaire. Un bréviaire est un livre de format variable et contenant les formules euchologiques choisies et approuvées par l'Eglise pour la sanctification des clercs — puisque les fidèles n'en font plus guère usage — à qui elle en impose la récitation journalière. Une cathédrale n'est rien de tout cela, et nous ne voyons pas qu'on puisse comparer sérieusement aux paroles tirées de tous les Livres saints, aux homélies des saints Pères, aux fastes des apôtres, des martyrs, des confes-
Josaphat, dans Abhandl. der Kais. Bager. Akademie. I Cl. t. XX, 1893, p. 1-88. G. Paris, Poèmes et légendes du mogeti âge, p. 181-215 ; Ana» lecta boUandiana, t. XXII, p. 131.