‹ Les martyrs (volume 2)Chapitre 83 sur 117 · HISTOIRE DE VARTAN ET DE LA GUERRE DES ARMÉNIENS · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE VARTAN ET DE LA GUERRE DES ARMÉNIENS

BCftiTS A Ui DEMANDE DB DAVID MAMIGONIBN.

J*ûi terminé l'ouvrage que tu m'as commandé d'écrire. Tu m'as ordonné de raconter les guerres des Arméniens, dans lesquelles le plus grand nombre combattit avec vaillance. Je les ai écri!.es en sept chapitres: le premier traite des époques; le deuxième, des faits accomplis par le prince de 1 Orient [Sezdedjerd II, roi de Perse] ; le troisième, de l'union du clergé ; le quatrième, de la défection de ceux qui se séparèrent de l'Eglise; le cinquième, de l'invasion des Orientaux ; le sixième, des prouesses des Arméniens dans les combats; le septième, (te la longue durée de cette lutte désastreuse.

Dans ces sept chapitres, j'ai disposé et consigné avec des détails circonstanciés Torigine, la marche et la fin des événements, pour que, par une lecture assidue, tu connaisses les actes d'héroïsme des braves et la faiblesse des lâches, non point tant pour satisfaire le désir d'une îime avide de s'instruire des choses terrestres, que pour méditer sur les vues de la céleste Providence qui, dans sa prescience, fait à chacun une égale compensation d'avantages et de revers, et se manifeste visiblement, pour faire comprendre rélerniîé.

Mais toi qui es profondément versé dans la connaissance des choses divines, pourquoi demandes-tu, plutôt que de te laisser demander et que tu pourrais donner

Le Martyre de Vartan et de ses compagnons 7

meilleur que tout ce que je puis donner moi-même ? Toutefois, et autant que nous pouvons le comprendre, et avec nous tous ceux qui se sont occupés de la science, c'est de ta part une preuve damour pour Dieu et non d'ambition pour les choses de ce monde, comme l'ont avancé quelques historiens illustres.

La concorde engendre le bien, et la discorde, le mal. Ainsi donc, considérant la charité de ta demande, nous ne nous sommes pas laissé rebuter par notre ignorance. Quoi qu'il en soit, il n'est pas douteux que la sainteté est un secours pour la faiblesse, de même que la prière en est un pour la science, et le saint amour pour le bien public.

Nous nous résignons volontiers à cet ordre que tu nous as imposé, pour la consolation des fidèles, pour le zèle de ceux qui espèrent et pour lencouragement des braves qui surent mourir en voyant devant eux Celui qui commande la victoire, qui ne se réjouit pas, comme un ennemi, de la défaite des autres, mais qui leur enseigne son invincible vertu. Quiconque le désire est admis par lui comme un brave champion, et, puisque le nom de cet héroïsme se multiplie, il a donné à chacun de nombreuses grâces ; nous savons que la plus grande est le saint amour qi-i règne dans un cœur sincère. Cette simplicité ressemble à la simplicité suprême, et, l'ayant découverte en toi, nous en avons oublié notre misère. Nous voici prenant avec toi notre essor, ainsi que les oiseaux qui planent au delà de la région orageuse, et, nourris de l'air céleste et incorruptible, nous acquérons la science, en vue du salut des êmes et de la gloire de l'Eglise toujours victorieuse. C'est ainsi que beaucoup de saints ministres remplissent leur ministère avec félicité, pour la gloire du Père de tous, en bénissant la sainte Trinité qui tressaille d'allégresse dans sa glorieuse essence.

Puisque nous avons reçu la tâche honorable que ta

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bienveillance nous a imposée, nous débutons par ce qui convient pour un commencement, bien qu'il nous soit pénible de raconter les malheurs de notre pays. C'est donc malgré nous et en pleurant que nous raconterons les malheurs sans nombre qui nous ont assaillis et que nous avons ressentis nous-méme.

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