‹ Les martyrs (volume 3)Chapitre 23 sur 133 · Histoire de la persécution, p · texte numérisé non relu

Histoire de la persécution, p

Introduction

mois de sévices, on parvint à les arracher des mains des bourreaux. Aucun d'eux n'avait faibli *.

Avant de laisser ce sujet, il ne sera pas inutile d'en signaler un des aspects les plus négligés par ceux qui se sont occupés des documents que nous étudions. Ces paroles vibrantes, ces attitudes héroïques que nous pouvons noter chez les martyrs ne laissent pas de révéler différents degrés de la liberté morale, suivant que l'individu passe de la vie affective élémentaire à des états de conscience plus affmés. Au premier degré, la tendance à l'acte est impétueuse; nous en trouvons un exemple dans un petit martyr que le magistrat s'était fait apporter pendant qu'on fouettait sa mère. « C'était, disent les actes, un ravissant petit garçon à qui le sens de tout ce qui se faisait [l'interrogatoire] échappait. En ce moment, l'ordre fut donné d'étendre sa mère par terre et de la fouetter avec des nerfs de bœuf crus. L'enfant, que les bourreaux avaient arraché de force des bras de la martyre, pleurait, se débattait, lançait des coups de pied, faisait effort pour rejoindre sa mère qu'il regardait, les yeux tout voilés de larmes. Cependant on le porta au magistrat tandis que continuait la torture ; l'enfant redoublait ses cris, il semblait qu'on le torturât luimême. Le magistrat le prit dans ses bras, le caressa, le mit sur ses genoux, essaya de l'embrasser ; mais l'enfant ne détournait pas les yeux de dessus sa mère, se désolant déplus en plus. Repoussant le magistrat et rejetant sa petite tête en arrière, il essaya de lui égratigner la figure, puis, ainsi qu'il arrive aux petits delà tourterelle, il voulut imiter le cri de sa mère et répéter : « Je suis chrétien. »

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