Epist. ad Diognetem^ v
dure peine pour les païens ; pour les chrétiens, le monde entier est leur demeure. Fussent-ils relégués dans quelque recoin caché et inabordable, s'ils communiquent avec Dieu, l'exil ne leur est rien. Le véritable serviteur de Dieu est un étranger dans sa propre cité *. »
Les chrétiens furent donc, eux aussi, des cosmopolites ? C'est à ce point que nous voulions en venir.
La patrie est le second terme d'une progression dont le premier est la famille et le troisième la société humaine tout entière, ou, si l'on le veut, elle est un des éléments d'une synthèse intermédiaire entre le moi solitaire et le moi développé et parfait. S'il fallait chercher dans l'histoire la notion véritable de la patrie, cela pourrait devenir embarrassant. En effet, l'idée de patrie a subi cette oscillation qui n'épargne aucune chose en ce monde. Récemment on a entrepris de la fixer dans une définition ; on n'y a pas réussi et, à la façon dont la question était posée, on n'y pouvait pas réussir ^.
On accordera cette vérité^ pensons-nous, que l'homme n'a pas sa fin en lui-même ; la recherche qu'il fait de cette fin hors de lui le prouve assez. S'il espère l'atteindre dans l'amour, c'est qu'il rêve d'y satisfaire au besoin qui l'emporte à étendre sa volonté en autrui et à redoubler