Jean, xi
Introduction
fait nouveau se produisait. L'individu envisageait ces récompenses et ces châtiments futurs et il en venait à renoncer à tout au monde afin de s'assurer la possession éternelle de la récompense infinie. Contre une semblable folie toutes les objections semblaient bonnes : « Aie pitié de ton âge ^ » ; « Aie pitié de ta jeunesse ^ » ; « Aïe pitié de ton enfant ^ » ; « de ta femme *» ; « Écoute, tu as bien des motifs d'aimer la vie. Vivre est bon, il est bon de respirer cet air lumineux ^. »
Mais ces fanatiques avaient réponse à tout. Ils parlaient d'un Dieu unique qui a un Fils, d'une résurrection, d'une seconde vie. C'était à n'y rien entendre ; aussi, dans une cause, le frère d'une chrétienne inculpée plaidera la folie ^ ; dans une autre occasion le président s'écriera : ce Je n'y comprendsplus rien du tout ' «.Parfois une controverse théologique s'improvise à l'audience ; entre Martianus et saint Acace ^, entre Probus et saint Pollion^, entre Culcianus et saint Philéas ^^ Il n'est pas rare qu'on y parle des biens futurs que les chrétiens espèrent, car cette préoccupation des récompenses et des châtiments d'outre-tombe s'infiltre de plus en plus dans toutes les classes de la société. Emilien, chevalier romain, se trouvait dans la prison de Lambèse lorsqu'il