‹ Les martyrs (volume 3)Chapitre 54 sur 133 · Hotman à Cecil, 13 avril 1562. Record Office · texte numérisé non relu

Hotman à Cecil, 13 avril 1562. Record Office

Gueux, Huguenots, Puritains 167

nation qu'il trahissait et soutenu par l'étranger hérétique ; il était deux fois criminel.

A Orléans, le prince de Condé est, pendant un temps, le roi du parti huguenot. Il traite la ville en terre conquise, bat monnaie avec l'or et l'argent des vases sacrés et des reliquaires, coule ses canons avec le métal des cloches ^Condé n'avait que deux à trois mille hommes et seize cents écus. Il envoie une circulaire aux 2150 églises pour réclamer leur secours, fait rappeler à Elisabeth ^ ses promesses, relance « ses bons amys, les syndiques et conseil 3 » de Genève, expédie des gens de tous côtés pour rassembler des hommes de guerre, obtenir des subsides ou, tout au moins, organiser le refus de l'impôt. Pendant ce temps « la Beauce, écrit Castelnau, avoit deux armées pour lui aider à faire la récolte », le pays s'épuisait, la difficulté de vivre devenait grande. Cependant les huguenots, « dans leur première ferveur religieuse, s'étaient soumis à la plus sévère discipline et à des habitudes d'une austérité inconnue dans les armées ; on n'entendait dans leurs rangs ni blasphèmes ni impiétés ; rien n'était pris sans être payé: au camp, pas de jeux, pas de femmes ; la prière matin et soir ; la vie était moins régulière dans les couvents. Et voici qu'entrés dans Beaugency *«par la brèche, les Provençaux se mettent à piller et à saccager ; les Gascons suivent leur exemple ; les Français renchérissent sur tous : aucun excès ne fut omis ; les habitants qui étaient de la religion [réformée] ne furent

1. Lettre de Nicollo Tornabuoni, 6 juillet 1562 ; Lettres de Chantonay, 6, 13, 14 juin 1562 ; Arch. nat. K, 1498. Mézeray, Mémoires, t. III, p 77.

Page 1