Verlag van het magistraet van Gent, p
2. Lettre de Marguerite de Parme à l'archevêque de Cambray, août 1566. Arch. de Bruxelles.
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les milices bourgeoises seront surprises ou épouvantées, fixent avec Louis de Nassau la date du mouvement qui montrera ce dont les Gueux sont capables. Nassau tenait un dépôt des dépouilles des églises et des monastères afin d'alimenter de nouveaux pillages ; néanmoins il emprunta par l'entremise de son secrétaire dix mille livres destinées au paiement de ses travailleurs * . Les bandes sont réunies aux environs de Poperinghe, de Cassel et de Merville où va les rejoindre Jean de Longue val, porteur des ordres attendus 2, La date fixée est enfin résolue ; c'est le jour de l'Assomption de la Vierge que la dévastation commencera. Ce fut ce qu'on appela \e Beeldstorm.
HORRIBLES CRUAUTES DES HUGUENOTS DE FRANCE PENDANT LES ANNÉES 1562-1566.
Ce chapitre est tiré d'un ouvrage célèbre intitulé Theatrum crudelitatum hereticorum nostri temporis, par R. Verstegan, in-4°, Antverpiae, 1587 ; editio altéra emendatior, Antverpiae, 1604, Théâtre des cruautez des hereticques de nostre temps traduit du latin en français, in-4°, Anvers, 1588; 2^ édition, 1607, Théâtre des cruautés des hérétiques au seizième siècle, in-4o, Lille, 1883, réédition infidèle du livre de Verstegan, dans lequel on a supprimé tout ce qui concerne les outrages inspirés par la fureur erotique des protestants,
La ville d'Engoulême, pressée par les huguenotz, leur fut enfin rendue par composition, mais à condition promise et jurée que les catholicques, tant ecclesiasticques qu'autres, y pourroient demeurer seurement, sans estre recherchez ni inquiétez . Toutesfois les hereticques ou-
1. Confession de Jean de Renesse, dans les Mémoires de la Société historique d'Utrecht, 1858.
2. Lettre du seigneur d'Helfant, 18 août 1566. Arch. de Bruxelles.
blieux ou plutôt mépriseurs du serment qu'ilz avoient faict et accord solemnellement juré, sitôt qu'ilz furent entrez en la ville, ils commencèrent à choisir quelques catholiques et les emprisonner. Entre lesquels fut frère Michel Grellet, de l'ordre de Saint-François, et gardien du couvent de son ordre en ladite ville, qui fut appréhendé, et dès le lendemain pendu et étranglé à un arbre, en la présence de Gaspar de Coligny, lors admirai de France. Mais ce povre patient, souffrant très constamment la mort, advertit cet admirai, chef des rebelles, de sa propre ruine ; puis ce martyr étant jette pour être étranglé, toute cette fellonne trouppe s'écria par trois fois : Vive l'évangile.
Frère Jean Viroleau, lecteur dudit couvent, fut par eux cruellement occis, luy ayant premièrement couppé les parties honteuses.
Frère Jean Avril, aagé de quatre-vingts ans, eut par eux la tête fendue d'une hallebarde, et puis son corps jette dans un retraict.
Frère Pierre Bonneau, docteur en théologie, après avoir été par eux détenu huit moys prisonnier en grande misère, fut pendu à un arbre, près les murailles de la ville.
En la maison d'un bourgeois de la même ville, nommé Papin, ils enfermèrent trente personnes catholicques qu'ils firent mourir, mais par trois diverses espèces de cruels tormentz qu'ils inventèrent.
En premier lieu ils en attachèrent une partie deux à deux, lesquels ils laissèrent languir, sans leur donner aucune chose pour vivre, afin que l'extrémité de la faim les contraignît se manger l'un l'autre, et ainsi moururent de faim avec extrême langueur.
En après, ils en étendirent d'autres sur des cordes fort bandées, pour les scier et fendre par le milieu et les firent mourir en ce plus que barbare torment.
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Finalement, ils en lièrent d'autres à des poutres de bois, et par derrière en allumèrent des petits feux, afin que, par long torment, peu à peu ils fussent ardés et consommez par le feu.
Les huguenots qui étoient en garnison en la ville de Montbrun visitoient souvent une honnête et vertueuse damoiselle en sa maison à Marendat, près ladite ville. Elle, qui ne manquoit de civilité, les y recevoit et traictoit avec autant qu'elle pouvoit de courtoisie, pour les entretenir, afin qu'elle et ses subjects ne fussent par eux molestez.
Mais ces barbares dépouillez de toute humanité, un jour ayant souppé avec ladicte demoiselle, la prindrent et contraignirent monter en une chambre où, ayant allumé du feu, y mirent des poêles de fer, desquelles, toutes rouges de feu, en brûlèrent les plantes des pieds de leur bonne hôtesse ; puis tournant les poinctes desdites poêles contr» les jambes d'icelle, lui arrachèrent la peau par aiguillettes. La laissans ainsi tormentée, pillèrent sa maison et se retirèrent.
Maistre Jean Arnauld , lieutenant général du Roy pour la justice à Engoulême, fut de ceux qui furent arrêtez après la prise de la ville. Ce bon juge, après avoir été fort mutilé et souffert beaucoup de misères, fut finalement étranglé cruellement par eux à sa propre maison.
Ils prindrent la veufve du feu lieutenant criminel en ladite ville d'Engoulême, aagée de soixante ans, femme vénérable, et, l'ayant attachée par les cheveux, la traînèrent inhumainement le long des rues.
En la paroisse de Chasseneuil, près Engoulême, ils prindrent un prêtre nommé maître Loys Fayard, homme selon le rapport et témoignage des habitans du lieu de bonne vie et vertueux exemple ; ils lui mirent les mains dans une chaudière pleine d'huile toute bouillante, et à
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plusieurs foys, si souvent et longuement qu'enfin sa chair cuite et séparée des os tomba ; et^ non contens de cetorment luy versèrent de cette même huille bouillante dans la bouche, et eux voyants que ce martyr n'étoit encores mort, le harquebusèrent.
Ils prindrent un autre prestre nommé maître Colin Guillebant, vicaire de Saint- Auzanni, lequel, après lui avoir coupé les parties honteuses, ils enfermèrent dedans un coffre tout percé de trous de tairière ; puis versèrent sur ce povre enfermé telle quantité d'huille toute bouillante qu'ils le feirent mourir en ce torment.
En la parroissede Rivières, ils en prindrent encores un autre, auquel tout vif ils arrachèrent la langue par dessoubs le menton, puis le tuèrent. Semblablement à un autre, nommé M. Jean Bachellon de Laville, ils écorchèrent les pieds avec des fers chauds, puis luy coupèrent la gorge.
Maître Simon Sicot, vicaire de Saint-Hilaire de Moutier, homme vertueux, aagé de soixante ans, étant trahi par quelqu'un auquel il se fioit, fut mené prisonnier à Engoulême et mis à rançon excessive ; laquelle ayant payée avec grande difficulté, le mirent, comme il pensoit, en liberté pour s'en retourner. Mais ce povre homme sorty par la Porte Saint-Pierre, ces déloyaux envoyèrent après luy l'un d'entre eux, comme un bourreau, qui l'acconsuyvit sur le chemin et le prit ; puis, luy ayant crevé les yeux, il lui tira la langue par dessoubz le menton.
Maistre Guillaume de Bricailles, et un autre prestre avec luy furent pris par ces inhumains, puis penduz en une cave par chacun un pied ; et, pour les continuer en plus long torment, ils leur baillèrent quelques foys à manger, jusques à ce que l'un fut expiré ; puis tuèrent l'autre.
Ils prindrent un autre prestre de la parroisse de Beau-
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lieu, nommé maistre Pierre, lequel ils enterrèrent tout vif jusques à la tête.
Maistre Arnauld Durandeau, vicaire de Fléac, aagé de quatre-vingts ans, fut par eux égorgé, puis jette dans la rivière.
Un cordelier, aussi de même aage, après plusieurs reproches et injures a luy faictes, fut précipité vif des murailles de la ville.
Maistre Octavian Ronier, vicaire de Saint-Cybardd'Eaux, tomba entre les mains de tyrans sans mercy ; auquel luy ayant fait endurer une infinité de maux et villenies, ils attachèrent des fers de cheval aux pieds, puis le attachèrent à un arbre et le harquebuserent.
Maître François Raboteau, vicaire de la parroisse de Foucquebrune, fut aussy pris et attaché devant les bœufs pour tirer la charrue, où il fut si cruellement picqué et fouetté que finalement il mourut en ce torment.
Hz en harquebuserent un grand nombre ; entre lesquels, par le commandement du capitaine Piles, furent Philippe du Mont, chirurgien, et Nicolas Guinée, drappier, attachez à un arbre, où, confessans constamment Jésus-Christ nostre Seigneur, selon l'in*^ .ruction saincte qu'ils en avoient reçue par son Eglise catholicque, ilz moururent tirez d'harquebuses. Tellement qu'en ce diocèse d'Engoulême, en moins de deux ans, furent martyrisez pour la foy chrétienne, tant de l'un que de l'autre sexe, tant prestres, gentilshommes, damoisclles que d'autres qualitez, plus de cent et vingt personnes.
En la ville de Houdan, au diocèse de Chartres, les hérétiques, ayans pris un prestre, le menèrent dans une église, où ilz le contraignirent de célébrer la messe en leur présence pour s'en mocquer. Tandis que ce bon homme continuait cette saincte action, ils le frappoyent par le visaige de coups de poing armez de gantelletz et lui donnoient des coups de poignard par autres parties du corps.
Cespendant ce patient, ayant le visaige tout meurtri et le corps tout sanglant, continua l'action jusques à la communion ; lors luy arrachèrent des mains le précieux corps de nostre Seigneur et le calice où étoit le sang prétieux, et, ayans jette le tout par terre, le foulèrent aux pieds. Puis attachèrent ce bon prestre au crucifix et le harquebusèrent, tellement que luy qui sacrifioit au Dieu souverain selon son ordonnance, luy fut même sacrifié hostie plaisante en témoignage de fidélité.
Au village deFloran, près Saincte-Menehould, les compaignies du capitaine Bethune, ayans pris un prestre, luy firent souffrir beaucoup d'injures et vilennies ; il fut cruellement fouetté, puis le chirurgien des compaignies luy couppa les parties honteuses et le firent ainsi mourir. Et ce villain bourreau se venta que c'étoitle dix-septième qu'il avoit accoutré de cette façon.
A Cléry, après avoir ruiné le dedans de l'église et pillé ce qu'il y avoit de précieux, tant reliques qu'autres choses servantes au service de Dieu, ils rompirent aussi la sépulture du Roy de France, Loys onziesme de ce nom, brullerent les os d'icelluy, comme voulants effacer sa mémoire. Mais ils n'ont épargné ailleurs les ancêtres du Roy de Navarre, leur chef, tant ils sont remplis d'inhumanité, ni semblablement la sépulture du conte Jean de Engoulême, lequel fut de très bonne et saincte vie.
En un villaige dit Pat, distant six ou sept lieues d'Orléans, vingt et cinq catholicques, poursuiviz de ces forcenez, se sauvèrent dans l'église, n'ayans autre lieu de retraite. En ce nombre il y avoit quelques enfans contraincts par la flambe qui les gaignoit et la fumée qui les étouffoit, se jetterent en bas au-dehors, et, tombez entre les mains de ces tigres, furent par eux jettez dans le feu où ils finirent leurs jours.
Ils lièrent plusieurs prestres avec les licols de leurs chevaux et les traînèrent après eux.
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A Sainct-Macaire, en Gascoigne, ils ouvroient les ventres des prestres et peu a peu enrolloient les entrailles d'iceux entour de battons.
Au même lieu ils enterrèrent plusieurs prestres tous vifs, et à coupz d'épées taillèrent en pièces les petits enfans des catholiques.
En la ville de Mans, ils prindrent un prestre fort aagé, luy coupperent les parties honteuses, les feirent rôtir sur le gril, puis le contraignirent les manger ; et, pour voir comme il les digeroit, luy ouvrirent l'estomach luy vivant et luy firent ainsi finir ses jours.
Du temps que François du Cassé étoit lieutenant pour le Roy de la Navarre en la ville de Bazas, en Gascoigne, deux de ses soldats, ayans forcé une femme veuve, la tirèrent couchée sur le doz et luy emplirent la partie honteuse de poudre à canon, y mirent le feu, ce qui lui fit crever le ventre et épandre ses entrailles dehors, et rendit en ce torment son innocent esprit à Dieu.
Le seigneur de Saincte-Colombe, le capitaine Gohas et un grand nombre d'autres gentilshommes, s'étaient renduz par composition au comte de Montgommeri, qui les tenoit siégez, demeurèrent neuf mois ses prisonniers. Au bout de ce temps, qu'ils pensoyent sortir a condition de leurs rançons, ce comte leur fit un soupper, où il les festoya, comme il disoit, en amy ; mais au partir de là, fit cacher gens en leurs chambres, lesquels de nuict les tuèrent tous, contre la foy publique jurée, les ayans receuz et de si long-temps gardés prisonniers.
En la ville de Montbrison, le baron des Adrets fit précipiter plusieurs catholicques du haut d'une tour fort haute en bas, et, de peur qu'ils n'échappassent, ses soldats, par son commandement, les recevoient en bas sur la poincte de leurs picques.
L'impudence et la barbarie d'un huguenot fut telle qu'il se fit une chaîne d'oreilles de prestres laquelle il
portoit à son col publiquement et s'en glorifioit devant les chefs de l'armée.
Ils couppèrent le nez, les oreilles et crevèrent les yeux à plusieurs prestres ministrants à Dieu.
Ils fendirent un prestre par le ventre touf vif, en tirèrent les entrailles, y mirent de l'avoine et en firent une mangeoire pour leurs chevaux.
Les hérétiques de la ville de Nismes, en Languedocq, daguèrent de sang-froid un grand nombre de catholicques, et demy-morts les jettèrent dans le puis de l'évesché, lequel est fort large et profond, et par deux fois l'en emplirent.
Jacques Sore, corsaire notable et remarqué pou r ses cruautez entre tous les pyrates, etoit, comme il disoit, admirai de Navarre soubz l'authorité de Jeanne d'Albret, nommée royne de ce royaume. Cetuy, voguant vers les isles de Madère et Canarie, découvrit quelque vaisseau portugais tirant vers l'Amérique, lequel il poursuivit, l'accoursuivit et aborda ; là dedans il trouva quarante religieux de la société du nom de Jésus, lesquels s'en alloient prêcher l'évangille et planter la foy chré tienne entre ces payens de la terre brésilienne. Luy, écumant d'altération de ce sang innocent, meurtrit et fit meurtrir parles siens cette saincte compaignie, et les fit tous jetter dans la mer, les uns demy morts de coups de dague, les autres ayans les bras couppez, les autres après leur avoir fendu le ventre et arraché le cœur. Entre toutte cette heureuse trouppe, il y eut le père Ignace, qui en étoit le chef; lequel après avoir receu beaucoup d'injures et traits de la cruauté de ces barbares inhumains, fut jette en la mer, tenant entre ses bras une image de la Vierge Marie, mère de nostre Sauveur, laquelle il tint si ferme qu'on ne luy peut faire lascher, et rendit ainsi, avec ses compagnons, son heureux esprit à Dieu, couvert des ondes, avez plusieurs sacrez joyaux et sainctes reliques qu'ils portoient avec eux.
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En l'an de nostre Seigneur 1567, au monastère des Chartreux appelé Bourgfontaine, situé au diocèse de Sécession, troys moynes prestres et deux frères laiz furent tuez par les hérétiques, qui avec violence entrèrent ledict monastère pour le piller, dont les noms icy s'en suyvent :
Le vénérable père dom Jean Motot, un des procurateurs, qui, d'un coup d'harquebuse, a rendu son esprit à Dieu.
Le vénérable père dom Jean Meguen fut tué d'un coup d'harquebuse.
Le vénérable père dom Jean Avril, qui, passant dans l'église jusques à le grand autel, navré d'un coup d'harquebuse termina sa vie.
Frère Benoist Levesque, lai, dispensier dudict monastère, estant près le chœur faisant sa prière penitenciale, fut tué.
Frère Tibault, aussi lai, pour le zèle de Nostre Seigneur fut tué dans la sale.
Ces et les autres religieux prestres et laiz catholicques susdicts, n'estans pas gens qui manient des armes, mais qui, d'une patience très constante, ont souffert le martire, sont bien peu au regard de tous ceux qui par telles voyes de cruautez ont esté mis à mort en la plus grande partie des provinces, villes et autres lieux de France, sans parler de ceux qui, par horribles trahisons des adversaires, ont esté meurdris ; entre lesquels je ne puis passer soubs silence la mort de feu très noble, loyal, vaillant et victorieux prince François de Lorraine, duc de Guise, la mort duquel, inventée à l'école de Beze, fut perpétrée par le malheureux traistre et huguenot Jean Poltrot.
Telzet semblables exemples pourront estre assez souffisants pour admoneter les saiges, en cognoissant l'arbre par ses fruits, d'éviter le même mal, et aux iniques donner remors de conscience, s'il y a quelque espoir de repentance.