‹ Les martyrs (volume 4)Chapitre 10 sur 59 · Valette, t. II, 1. IV · texte numérisé non relu

Valette, t. II, 1. IV

2. Mémoires de Villars, t. I, p. 139. {Collection Petilot, 2» série, t. LXIX.i

Les martyrs des Camisards 11

jours plus tard : « L'exercice de notre religion est presque aboli dans trois ou quatre diocèses. Plus de quatre mille catholiques ont été égorgés à la campagne... Près de deux cents églises brûlées ^. »

Animé d'intentions conciliantes, le maréchal fit agir le baron d'Aigaliers, gentilhomme protestant d'Uzès, assez modéré et assez adroit pour servir ses desseins.

Peu à peu l'idée de soumission honorable pénétra dans l'esprit des protestants armés. Cavalier donna l'exemple, et, après des négociations et des hésitations, Villars put réaliser son projet.

Ce ne fut pas, cependant, sans être obligé de temps à autre de réprimer sévèrement des actes de résistance violente et de cruauté. Les Camisards n'étaient pas assez disciplinés, assez soumis à Cavalier, pour se soumettre tous le même jour et sans regret ; d'ailleurs, il restait Roland.

Le 4 août 1704, celui-ci tomba mortellement frappé par une balle, au château de Castelnau, près de Brignon.

Si la révolte n'expira pas avec lui, on peut dire qu'à partir de ce jour, elle n'eut plus que les convulsions de l'agonie. Aussi le maréchal de Villars put-il dès lors être rappelé pour prendre le commandement de l'armée de la Moselle. Il fut remplacé par le duc de Berwick, fils naturel de Jacques II, naturalisé Français en 1703. Celui-ci ne parut à Montpellier que le 19 mars

Dans l'intervalle, le marquis de La Lande, lieutenant général, porta les derniers coups à la rébellion, et Berwick eut la tâche facile. Il parcourut le théâtre de la lutte fratricide qui venait à peine de prendre fin, déclarant sur son passage « qu'il ne venait ni comme persécuteur ni comme missionnaire, mais dans la résolution de rendre justice également à tout le monde, de protéger tous ceux qui se comporteraient en fidèles sujets du roi, et de punir avec la dernière rigueur ceux qui oseraient y contrevenir » ^.

1703. — Tandis que Berwick faisait entendre ces paroles

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