L'Ouvreleul, t. II, p
Louis-Hector de Villars, maréchal de France, vint prendre sa place le 21 avril. Le roi lui avait écrit : « Des guerres plus considérables à conduire vous conviendraient mieux ; mais vous me rendrez un service bien important, si vous pouvez arrêter une révolte qui peut devenir très dangereuse, surtout dans une conjoncture où, faisant la guerre à toute 1 Europe, il est aussi embarrassant d en avoir une dans le cœur du royaume. ))
Villai's fut bien accueilli, s'il faut en juger par ce passage du manuscrit de Valette : « Il s'était avancé sans faveur, il avait servi sans obliger, et il était estimé sans être aimé. Ses travaux furent ses intrigues ; ses services, ses protecteurs ; ses victoires, ses prières ; il ignorait le métier de courtisan, mais il possédait celui de la guerre. Il faisait mal sa cour, mais il se battait bien K »
« Je pris peu de jours, raconte-t-il dans ses Mémoires, pour me préparer à mon départ, et pendant ce court intervalle, je tâchai de me former une idée de l'état des choses autant qu'il se pouvait, d'après les relations contradictoires qui venaient de ce pays.
« Ce que je démêlai plus clairement, c'est qu'on emploj-ait contre les coupables les supplices les plus cruels, et je jugeai que c'était peut-être cette rigueur inflexible qui les portait aux actions barbares qu'on leur reprochait.
n Je me proposai d'essajer une autre conduite, et, en prenant «ongé du roi, je lui dis :
« Si Votre Majesté me le permet, j'agirai par des manières « toutes différentes de celles que l'on emploie, et je tâcherai de « terminer par la douceur des malheurs où la sévérité me paraît « non seulement inutile, mais contraire. ))
«Il me répondit : « Je m'en rapporte à vous, et croyez bien « que je préfère la conservation de mes peuples à leur perte que « je crois certaine, si cette malheureuse révolte continue ■'. »
Lorsque de Villars arrivé à Nîmes, le 21 avril, rendit visite à Fléchier, celui-ci put lui dire, comme il allait l'écrire quelques