‹ Les martyrs (volume 4)Chapitre 21 sur 59 · AOUT · texte numérisé non relu

AOUT

« Gaspard de Calvière, baron de Boissières et de Saint- Cosme, né à Nîmes en 1648, converti de la religion prétendue réformée, traversait le bois de Candiac, en allant de Vaubertà Boissières, lorsqu'il fut surpris par quatre camisards, qui se jetèrent sur lui et lui écrasèrent la tête à coups de pierre et achevèrent de l'assassiner avec un de ses pistolets ^ ».

A Saint-Saturnin de Bagars, entre Alais et Anduze, les camisards investirent la maison du sieur Jourdan qui avait autrefois tué le prophète Vivens (en 1692) 2.

1. La Baume, p. 52. — Le comte de Broglie écrivait trois jours après au ministre de la guerre :

« II est encore arrivé une cruelle aventure dans le diocèse de Nîmes. Un gentilhomme, nommé M. de Saint-Cosme, fort zélé pour le service du roi, ajant ses terres auprès de Saint-Gilles et de Calvisson, se voulut bien charger de l'inspection des paroisses qui sont depuis Beaucaire, Saint-Gilles et Aigues-Mortes, et comme à un lieu qui s'appelle Vauvert il s'était fait plusieurs assemblées, il avait une particulière attention à ce lieu-là.

« Il y était allé dîner avant-hier, et comme il s'en retournait chez lui dans sa chaise roulante, il fut attaqué par huit paysans sans armes dont quatre gagnèrent le devant de sa chaise et vinrent le saisir ; il avait des pistolets qu'ils prirent, lui en donnèrent un coup dans le corps et arec des pierres lui écrasèrent la tête. )) (De Broglie, Montpellier, le 15 août 1702. Dépôt de la guerre, v. 1614, p. 44.)

L'Ouvreleul, d'après le récit de M. Fauville, curé de Nages, qui rapportait lui-même la relation du laquais de M. de Saint-Cosme, écrit « qu'ils l'assommèrent d'abord avec tant de fureur qu ils écrasèrent sa tête entre deux grosses pierres et que, voj'ant encore palpiter son cœur, ils prirent dans sa chaise roulante lun de ses pistolets dont il lui tirèrent à la gorge un coup qui acheva de le tuer ». (L'Ouvreleul, t. I, p. 43.)

2. C'était en 1692, aux environs d'Alais. — Vivens avait reçu de l'Angleterre 8.000 livres pour foiTïnlcr la rébellion. Il s était rendu

Quelques victimes des Camisards 31

« Toutes les précautions qu'il put prendre pour se garantir, tandis qu'ils enfonçaient les portes, furent inutiles. On le trouva caché sous un lit. On commença par le désarmer et par piller la maison. Puis, en se moquant de lui, ces malheureux lui dirent qu'il croyait avoir fait mourir Vivens, mais qu'il se trompait, puisqu'il était ressuscité en leur personne... Cela fait, ils lui dirent de prier Dieu. Dès que Jourdan eut fait sa prière, un de ces scélérats prit deux pistolets, de quatre qu'il avait à la ceinture. Il lui en tira trois coups de suite au milieu du corps, quoique au premier coup il fût tombé par terre ; et comme ces malheureux se retiraient et que son meurtrier eut remarqué qu'il remuait encore et disait quelques paroles, il prit le quatrième pistolet qui lui restait et le lui tira dans la bouche. De là, ils allèrent enfoncer l'église qu'ils pillèrent et brûlèrent, en chantant pendant ce temps-là des psaumes \ »

6 OCTOBE 1702.

Gilles de la Pise, curé-prieur de Saint-Martin-de- Boubaux. Les camisards lui firent dire qu'il n'avait rien à craindre.

Il se rendit donc avec confiance dans sa maison, où il fit fête à Laporte et à sa troupe.

« Ensuite, raconte L'Ouvreleul, il les accompagna avec beaucoup de civilité ; mais lorsqu'il fut au milieu d'une petite cour, ils lui tirèrent quatre coups de fusil à

coupable de plusieurs meurtres. Il avait fallu le traquer comme une bête fauve. (V. Précis historique, p. 9 et 10.)

Page 1