‹ Les martyrs (volume 4)Chapitre 40 sur 59 · FÉVRIER · texte numérisé non relu

FÉVRIER

Grégoire Vidal, docteur en théologie, successivement curé de Sainte-Croix-Vallée-Française, curé de Florac et archiprêtre des Cévennes, devint, en 1692, curé-prieur de Mialet, à une lieue de Saint-Jean-du-Gard.

On a retrouvé récemment et publié une douzaine de lettres fort intéressantes qu'il écrivit ou fit écrire à cette époque pour le comte de Peyre ^.

Dès le mois d'octobre 1702, on le pressait de se mettre à l'abri. Il l'avoue lui-même dans ce passage de sa première lettre :

1. Les Camisards en action, leUrcs du prieur de Miellet (Mialetj leur contemporain, publiées par H. Affre. Rodez, 1890.

Quelques victimes des Camisards 55

« Mes paroissiens me demandent en grâce de me retirer, afin qu'étant à couvert de la fureur de ces malheureux, ils puissent être au repos, et me marquent que je suis obligé de le faire en conscience. Je ne sais à quoi me déterminer. Cependant, quoi qu'il arrive, je ferai le service de ma paroisse les jours de dimanche et de fêtes, et les autres fonctions de mon ministère ^. »

Il se rend compte de l'imminence du danger, et il écrit quelques jours plus tard :

« Ces scélérats n'en veulent pas seulement aux adhérents de M. l'abbé du Chaila, mais encore à tous les prêtres qu'ils trouveront, cela est constant ; si bien que si le bon Dieu n'y remédie promptement et efficacement, tout est perdu ^. »

Une première fois, M. de Broglie ordonna au zélé prieur de s'éloigner de Mialet, « sachant, écrit-il luimême, le danger évident où il était de mourir par les mains de ces malheureux. Le prieur ayant négligé de le faire, et ne voulant point du tout quitter sa paroisse, M. de Broglie, qui en eut connaissance deux jours après, ordonna au curé de Saint-Jean... de lui écrire de sa part de partir en diligence et sans perdre un moment ; ce que le prieur ne fit pourtant que le lendemain, jour de dimanche, après avoir fait toutes les fonctions de sa charge '^ »

Un peu plus tard, un ami écrit à sa place :

(( Les ecclésiastiques ont abandonné leurs paroisses ; presque toutes sont sans service. On n'a pas encore pu obliger M. le prieur de Mialet à faire de même, quoiqu'il y ait plus dedanger pour lui quepour les autres. Il continue toujours d'aller faire régulièrement le service

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